LES RHAPSODES
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hdare appelle les Homérides, ou rhapsodes homériques, (iesdintres de vers épiques continus. Les termes dont il se sert se sont qu'une diérèse du mot rhapsode lui-même, et acmtiennent certainement la définition ^tctôîv iir«a>v âot$o(^ Iiis beaucoup entendent autrement ce passage. Suivant en, la rhapsodie était plus qu*une méthode de récitation : )ss rhapsodes étaient des couseurs de chants épiques; ils oQadiaient les uns aux autres, 4)ar des transitions de leur ^brique, les morceaux divers qu*ils débitaient dans la âàne séance. Je n*ai pas besoin de remarquer que c'était & une tâche souvent impossible, et presque toujours d'une iiânie difficulté, à moins que les rhapsodes ne se contentasiaai de transitions dans le genre de la finale des proèmes, fie fai citée tout à l'heure; et la suture, dans ce cas, ne serait guère digne de son nom.
fadmets un instant le travail de raccord attribué aux ifitapsodes; j'admets même, si l'on veut, que ces artistes fuient des hommes de génie. Ce qui sortait de leurs mains poarait n'être pas sans mérite; mais ce n'étaient, en somme, que des pastiches, dans toute la force du terme, de véritaiiies pièces de marqueterie. L'unité manquait à ces œuvres ; je dis cette pensée première qui est l'âme d'un poëme» et foi rayonne, plus ou moins aperçue, mais toujours vivante, josqne dans les épisodes, jusque dans les capricieux détails ^ semblent ne relever que de la fantaisie. En tout cas, ce fi'est point de morceaux rapiécés ainsi qu'ont été formés les poànes homériques : l'unité, daus l'/Ziode et dans VOdyssée^ ttt aussi visible que le jour.
Mais la rhapsodie n'était réellement que la récitation d'une suite de vers d'égale mesure, liés, ou, si l'on aime mieux,. coQSus les uns aux autres d'une façon uniforme. Aussi, ce Bom s'appliquail-il, non-seulement à la récitation des poé- ^ épiques, mais à tout ce qui était dans des conditions
*. ^méiemmes^ ode 111, vem I
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analogues de régularité. Tous les chants composés en vei^, hexamètres, tous les cbanU composés en ïambes, avaiei^ leur rhapsodie. Enfin le mot rhapsode était souvent rem ^ placé, dans l'usage, par celui de stiehode^ comme qui dira^] chanteur de vers simples, non combinés en systèmes, Q purs de tout alliage avec des vers d*autres mesures qu*eui .. Homère lui-même, à ce titre, était un stichode et a rhapsode; et Platon a pu dire qu'il courait le monde • rhapsodant ses vers. Ceux qui ont établi, dans Vlliadé (^ dans YOdysséé, la division en vingt-quatre parties, et qui otif donné le nom de rhapsodie^à chacune d'elles, ne songeaieil ' nullement à rappeler, par ce mot, un système particulier d; composition littéraire : ils n'ont vu que le mode de récita*^ tion, et ce cours continu des vers, qui coulent d*un bout i l'autre de chaque chant, de chaque poème, toujours sem-« blables, toujours conformes au même principe, comme h, flot tient au flot et le pousse devant lui.
Décadence de« rhapsode*.
Que si les anciens rhapsodes se piquaient encore de poé-; aie, cette passion plus ou moins heureuse ne troublait plus
fuère le cœur des rhapsodes du temps de Socrate et de laton. Le divorce alors est presque complet entre la Muse et les interprètes de ses œuvres. Lé rhapsode n^est qu'une sorte d'acteur, un histrion dans son genre. Ion d'Ëphèse est l'écho de la voix d'Homère, et un écho harmonieux ; mais il n'est pas autre chose. Socrate lui peint admirablement le peu qu'il est, au prix de ce qu'il se croit lui-même. « Ce talent, dit-il au rhapsode ^ que tu as de bien parler sur Homère, n'est point en toi un eSiet de l'art, comme je le disais à l'instant: c'est une force divine qui te transporte, semblable ^ celle de la pierre qu'Euripide a nommée magnétique, et que la plupart nomment héracléenne ■. Cette pierre, nonseulement attire les anneaux de fer, mais elle leur commu-
i. Platon, lortf chapitre ▼, page 663.
2. L'aimant, qui se trouvait prés de Magnésie et d*Hénielée, villoa ée Lydie.