De VExUtenee de DUu^ partie V*, chap. i
HOMËIIE. 45
depuis. Ce n*est pas ce raisonnement de Fënelon qui aurait d^ontré k Vico l'existence de Dieu, puisque Vico niaît précisément la personnalité d*Homère. Frédéric-Auguste Wo)f ea eût été touché bien moins encore. Les Grecs , suinnt lai, n'avaient appris que tard à former un ensemble poétique , à composer de vrais poèmes. Tout était hasard dans la naissance de Ylliade et de YOdyssée : elles s'étaient fermées successivement de la réunion de chants d'abord distincts, et qui étaient Toeuvre des membres divers d*une Déme famille d'aèdes; elles n'étaient devenues ce que nous les voyons que par le travail des siècles , et surtout par la eompilation faite au temps de Pisistrate. Lachmann, un des disciples de Wolf, a même essayé de déterminer le nombre des morceaux primitifs qui avaient servi à fabriquer VHiade. Il en a reconnu seize, ni plus ni moins ; et il propose, en vertu de sa découverte, une nouvelle division du poème en seize chants, pour faire droit aux seize Homères qui ont à y revendiquer leur part respective. Aujourd'hui, surtout en France, les Wolfiens purs sont assez rares; mais il ne manque pas de personnes, même dans notre pays , qui tiennent encore pour article de foi tel ou tel des paradoxes sur lesquels repose le système. Eh ! n'avons-nous pas vu le bonhomme Dugas-Montbel, un traducteur d'Homère, demander presque pardon à Dieu d'avoir pu croire d'abord qu'il y avait eu un véritable Homère? N'avons-nous pas entendu le célèbre érudil Fauriel, en pleine Sorbonne, enseigner et même exagérer le wolGanisme? Ne lisons-nous pas tous les jours , dans des Revues httéraires, même dans des dissertations savantes, qu'il n'y a plus guère que les pauvres d'esprit qui se Ggurent qu'un certain poète, nommé Homère, ait conçu et exécuté Ylliade et YOdyssée? Il reste, pour ainsi parler, des doutes dans l'air, à propos de la personne d'Homère et du caractère des poésies homériques. Il faut donc, avant tout, prouver qu'Homère n'est pas simplement un nom ; c'est-à-dire qu'il faut prouver que les épopées homériques sont des poèmes dans toute la force du terme, faits de main d'ouvrier, et composés, comme disait Fénelon , par uo effort du génie d'un grand poète. Les assembleurs de
46 cHA^itRË nr.
huages ont &i bien fait^ qu'il eftt indispensable, de notre temps, de démontrer ce qui était^ dans un autre siècle, Tëvidence même, ce qui ^rvait à démontrer Dieu. La tâche, heureusement pour moi, est des plus faciles. Il sufBt de faire le sommaire exact de V Iliade et de Y Odyssée ^ et de conter haïvement ces deux poëmes, comme des histoires merveil»* leuses dont on n'aui^ait retenu que les principaux traits. C'est ce que sentent tirès4)ien Wolf et les siens : aussi se Bont'-ils toujours abstenus de rappeler à notre mémoire, par un fidèle exposé, Tordre et la succession des parties dont les deux épopées se composent. Ils jugent la peinture, comme dit spirituellement M. Ernest Havet, sur une dépositioti de témoins, sur le vu de je ne sais quelles pièces procédurières , et ils refueent la confrontation du tableau lui-tkiémei
JLtliUyM tfè riii«4ie.
Vniàdie commence au moment où éclate la querelle entre Agamemnon et Achille. Irrité de l'enlèirement de Briséis, sa captive, Achille se retire sur ses vaisseaux^ et se condamne à une absolue inactibn; Il appelle, par Tintermédiaire de sa mère Thétis, la côlèré du maître des dieux sur Tarmée tout entière. Jupiter abuse Agamemnon par de fausses espérances, et le chef des confédérés livre le combat dux Troyens. Dès fee jour, l'absence d'Achille se fait sentir t les Grecs, auparavant yictorieux, etqui tetiaieni étroitement serrés leurs ennemis dans lee murs d'Ilion , en sont réduite à craindre pour leur camp et leurs navires. Une courte trêve est conclue : on donne la sépulture aux morts ; et les Grecs , afin de se garantir contre Une surprise, environnent leut* camp d'un mur et d'un fossé.
La trêve est expirée ; la lutie s'engage de nouveau. Les Troyens mettent leâ Grecs en fuite; Hector poursuit les fuyards jusqu'au fossé, oti il s'arrête enfin à la chute du jour. Découragés > frappés de terreur^ les Gt^cs ne voient plus de salut que dans Achille : ils dépêchent des députés pour apaiser le héros ; mais Achille deîhetire inexorable.
J BOKtBE. 47
1^ il km dn solail , le combat recommence. La Gré» 1m jflu brate* sont ble&aés , et quittent It méléc. Le BpMtaele |<itadéUGtre fait quelque impretsion sur l'âme d'AehlIle; j Mil il te borne k enTo^er Patrocle examiner de plus prèa
I KquiMpaBse. Cependant Hector franchit le fOBs4, Mcalade ! k RBpart, et les Grecs cberchent un refuge dam leurs na-*
lim. Ds rerienoent pourtant à l'ennemi ; et pendant iong^ kBpt la TÎctoira reste douteuEâ. Hais les Grecs sont une se- Mde fins TaincoB : c'est dans le camp mâme, e'esl sur les MTÎrM qu'ils sont réduiu L se défendre. Patrocle, saisi d'in^ dignation et de pitié, t^vient auprès d'Acbille : il supplie le Woi de secourir afi^n les Grecs, ou tout au moins de per^ Mtre que lui-mime il revête tes armw et conduite Im Ipmidona as combat. En ce moment, une lueur slnitlra Mita anx yeux : c'est le navire de Protéiilas qui br&le, nbrasd pat la main des ennemis. Achille n'est point en* w« apaistf : il persista dans son inaction ; mais il permet i Patrede de combattre k sa place. Patrocle revdt les armes d'iihille.sl Court à sa perte, mal protégé contre le eour* nmx d'une divinité puissante, par les conseils et par les ^res de son ami. Apollon le dépouille de ses armes; Eu- ^Dibe le blesse; Hector l'achève. La bataille se ranime avet Isnnr autour de son cadavre. Anlilochus va annoncer k Achille qoe Patrocle n'est plus , et que les Grecs ne peuvent pirrenir à repousser les Troyens hors des retranchemenu. Od imagine asaei la douleur d'Achille, sa rage, ses gëmissencnls , leê menacel terribles qu'il profère coutre le meurtrier. Il n'a plus ses annea ; il ne peut courir dims la mêlée.
II ion néanmoins ; mais il s'arrête près du fossé, soutenu par k* paroles d'Iris, et couvert de l'égide de Pallas. > Trois fois, dit le poète, le divin Achille pousse un grand cri par-dessus l« fossé, et trois fois les Troyens et leurs illustres alliés sont Inniblés d'épouvante '. ■ Enfin les Grecs respirent, et le corps de Patrocle est mis en lien de sûreté.
Tindis que les TrOyens tiennent conseil , durant la nuit, DOD loin des vaisseaux, Achille convoque , de son Mi , l'as-