‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 22 sur 137 · I. ilidVf, ebant XTIII, T«n is>, ast · texte numérisé non relu

I. ilidVf, ebant XTIII, T«n is>, ast

semblée des Grecs ; et, désormais tout entier à la tengeance, il ^^^ renonce à son inaction, et il dépose ses ressentiments contre ,.. le filsd*Atrée. Vulcain, à la prière de Thétis, lui a forgé des ,^ armes nouvelles. Ils'en couvre, et se précipite sur les Troyens. .^ Ce n'est point une bataille, c'est un carnage. Bientôt il ne .^^ reste debout, dans la plaine, qu'Hector, victime réservée ,, aux destins. Enfin Hector lui-même tombe sous la main Z d'Achille. Le vainqueur fait à Patrocle de magnifiques funérailles. Cependant le vieux Priam , conduit par un dieu, Z vient trouver Achille dans sa tente, pour rac|}eter le cadavre d'Hector. Achille n'est point insensible à la douleur ni aux prières du vieillard : Priam remporte à Troie les tristes dé- ^ pouilles de son fils, et les Troyens célèbrent, dans la douleur et dans les larmes, les obsèques de leur noble héros.

Ce simple récit doit suffire. J'auraispu l'étendrebien davan- ; tage; maisjen'ai pas eu la prétention de montrer tout ce qu'ily a d'admirable dans le plan et dans la compositionde Vlllade. J'ai .voulu simplement prouver que VIliade avait un plan, et que la composition de ce poème n'était point en désaccord avec les plus sévères prescriptions d'une raison même exigeante. L'unité de \ Iliade, la pensée qui vit d'un bout à Vautre, à laquelle se rattachent, plus ou moins étroitement, toutes les inventions qui remplissent le poème, c'est la colère d'Achille. Elle n'est pas dans tous les événements, j*en conviens; mais elle est dessous, comme parle Ottfried MûUer: supprimez cette idée, et tout le poème s'écroule , et tous les événements perdent leur signification. Les épisodes mêmes ne sont jamais, quoi qu'on en ait dit, des hors-d'œuvre : qu'on retranche , par exemple , les adieux d' Andromaque et d'Hector, l'épopée subsistera toujours, mais amaigrie, trop réduite, et déjà déformée. Les épisodes, d'ailleurs, ne.ressemblent nullement à de petites épopées ayant eu jadis une existence par elles-mêmes avant d'être enchâssées dans VIliade : ils ne forment jamais un tout complet; et, à chaque instant, presque à chaque vers, ils fourmillent d' allusions aux faits qu'on a dû lire avant d'arriver à ces prétendus poèmes. Sans les épisodes, VIliade serait encore VIliade: sans VIliade, les épisodes ne sont rien.

Ainsi Boos n*aYons pas même besoin de recourir h Thypo*

' thèse iiB^inée par T historien Grote. V Iliade est ce qu'elle

j doiiétre, ce qu*eUe a été de tout temps, et non pas une

IdùStiàe k laquelle on aurait ajouté plus tard une dizaine

^lorceaax empruntés à quelque autre épopée dont le siège

^ Troie était proprement le sujet. H. Grote compare V Iliade

in édifice bâti d* abord sur un plan resserré, et qui s*est

modipar des additions successives. Il n'admet, dans le

fia original , que le premier chant, le huitième , le onzième

Hles suivants, jusqu'au vingt-deuxième inclusivement, et,

ili rigueur, le vingt-troisième et le vingt-quatrième. On vient

^Toir si V Iliade est un Louvre ou un Fontainebleau, et si

fédifice suppose la main de plus d'un architecte.

Lt Harpe, qui ne mérite pas toujours d'être cité quand il écrit sur les anciens, a trouvé, au moins une fois, des accents dignes du sujet : c'est quand il parle de Vlliade^ et de hn incomparable qu'y déploie Homère.

■ Je voyais avec regret, je l'avoue, dit le critique, que les combats allaient recommencer après l'ambassade des Grecs; et je me disais qu'il était bien difficile que le poète fit autre chose que de se ressembler, en travaillant toujours sur un oéme fond. Mais, quand je le vis tout à coup devenir supérieur à lui-même, dans le onzième chant et dans les suivants ; s'élever d'un essor rapide à une hauteur qui semblait s'accroître sans cesse ; donner à son action une face nouvelle ; substituer à quelques combats particuliers le choc épouvantable de deux grandes masses, précipitées l'une sur l'autre par les héros qui les commandent et les dieux qui les animent; balancer longtemps avec un art inconcevable une vietiHre que les décrets de Jupiter ont promise à la valeur d*Hector ; alors la verve du poète me parut embrasée de tout le feu des deux armées : ce que j'avais lu jusque-là , et ce que je lisais, me rappelait l'idée d'un vaste incendie, qui , après afoir consumé quelques édifices, aurait paru s'éteindre faute d'aliment, et qui , ranimé par un vent terrible, aurait mis en un moment toute une ville en flammes. Je suivais, sans pouvoir respirer, le poète qui m'entraînait avec lui ; j'étais ^r le champ de bataille : je voyais les Grecs pressés entre

M GHAHtnfi !V.

les reiraàchêmentfi qu'iU avaient eonstruits et les yaisaeiux,qui étaient leur dernier asile ; les Troyens se précipitant et foule pour forcer cette barrière ; Sarpédon arrachant un des . créneaux de la muraille ; Hector lançant un rocher énorme , contre les portes qui la fermaient^ les faisant voler en éclats^ et demandant à grands cris une torche pour embraser les taisseaux ; presque tous les chefs de la Grèce, Àgamemnon^ Ulysse, Diomède, £urypyle, Machaon, blessés et hors de^ combat ; le seul Ajax , le dernier rempart des Grecs , les cou-^ vrant de sa valeur et de son bouclier, accablé de fatigue, trempé de sueur, poussé jusque sur son vaisseau, et repous* sant toujours Tennemi vainqueur ; enfin » la flamme s*élevant de la flotte embrasée , et , dans ce momeni , cette grande et imposante figure d* Achille, monté sur son navire, et regardant avec une joie tranquille et cruelle ce signal que Jupiter avait promis, et qu'attendait sa vengeance. Je m*arrétai, comme malgré moi , pour me livrer à la contemplation du vaste génie qui avait construit cette machine, et qui« dans rinstant où je le croyais épuisé « avait pu ainsi s* agrandir h' mes yeux : j'éprouvais une sorte de ravissement inexprimable; je crus avoir connu, pour la première fois, tout ce qu'était Homère; j'avais un plaisir secret et indicible à sentir que mon admiration était égale à son génie et à sa renommée ; que ce n'était pas en vain qUe trente siècles avaient consacré son nom; et c'était pour moi une double jouissance de trouver un homme si grand, et tous les autres si justes. »'

Horace, dans VArt poétique, après avoir cité un vers du^ début de je ne sais quelle épopée sur la guerre de Troie, cite en regard, et comme contraste, les deux premiers vers d0< VOdyssée, dont il loue vivement la netteté, la simplicité, le ton parfait, l'exquise convenance. Un peu plus loin , il ajoute : « Le poète , pour dire le retour de Diomède , ne remonte pas jusqu'à la mort de Méléagre , et il ne raconte point la guerre de Troie en commençant par les deux œufs de Léda. Toujours il se hâte , et tire au dénoûment. Il entraîne tout d'à-

BOHÉRt. St

M \t hetrar ati milieu mSme des Choses , supposant qu'on alieqaoi il s'agît. Ce qu'il désespËre de pouvoir faire re* krtcB j appliquant la main, il le laisse; et il met tant tvl dans ses fictions , Il entremêle si bien le rrai avec le faui ^jiioais, dKiis le poëroe, il n'y a discordance, du début aiiUeo, du milieu h la fin ' ! ■ Ce n'est donc point à Horac« fi^cOt fallu adressef cette question, qui est, en effet, paeélanent étrange : ■ L'Odyssie a-t-elle un plan ? esl-elle Timt d'un seul poète ? > Il est vrai qu'Horace n'avait pal Il la PnUgomtnes de Wolf . Et pourtant , en dépit de Wolf ï 4e «es Prolégomènes , VOdyuée ainsi que V Iliade , et beau* np plus encore que l'/Ilode , prouve un poSte , cotnme l'unîm prouve un Dieu.

Dus l'Iliade , lea parties se suivent simplement , selon Itrin chronologique , pendant le temps que dure l'action woniée. Ce n'est pas le poêle seul qui notis raconte le retour nJlTsse : c'est de la bouche du héros que noue apprenons h ricisfiittides qui ont Agité Sa vie depuis son départ da l'ile dtCilypso. Quand le poëme commence , il y a bien des aaricsdéjkque Troie est prise , et qu'Ulysse tâche en vain d'attisdre le rivage de Sa chère Ithaque, et de voir s'élever, «une dit le poète , là fumée de la (erre natale. Pénélope ne ntplus comment résister aux obsessions des prétendants, fii la somment de choisir enfin un époux. Telémaque, son ft , encouragé par Minerve , convoque l'assemblée du peuple, !l énonce, en face de» prétendants eus-lnémes, lea indinltës qui se commettent dans le palais d'Ulysse. Il part ' «saile pour Pylos et pour Lacédémone, où it va s'enquérir,' ■pris de Nestor et de Hénélas , si l'on n'a point entendu pirier de aon père. TélémaqUe, jusque-ih, n'avait guère été f'iQ enfant : il s'exerce désormais aux actions viriles; et tljise, 1 son retour, trouvera un fils digne de lui, et ca> fbk de lui prêter un utile secours , quand il fera sentir aut liAendants la pesanteur de son bras.

Cependant tllysM languit dans l'Ile d'Ogygie, eti le retient Ujpso , loin de «a patrie et du commerce des hommes. L«s

BM»M, jâr* po^*r—t vm Ul cl MtUili.

52 CHAPITRE lY.

dieux ont en&n pitié de son infortune : il quitte un sëjoui délesté, monté sur un radeau construit par ses propre) mains. Mais la haine de Neptune ne s*est point endormie le dieu se souvient d*un fils à venger. Le radeau est brisi par la tempête. Ulysse échappe pourtant au danger, e aborde, mourant de faim et de fatigue, sur le rivage de Til de Schérie , fortuné pays des Phéaciens. Âlcinoûs , roi de Tile reçoit dans son palais le naufragé suppliant; et Ulysse, ei retour d*une hospitalité empressée, conte aux Phéaciens se merveilleuses aventures. Il dit comment les vents orageu Font successivement poussé sur les côtes desCiconiens,che les Lotophages, et dans la contrée habitée par les Cyclopes comment Polyphème le retint captif dans son antre, lui ( ses compagons; il peint les sanguinaires festins du hidcu fils de Neptune, la vengeance éclatante de tant de meurtres et le stratagème qui sauva les captifs survivants. 11 trans porte ses auditeurs avec lui chez Ëole , le roi hospitaliei mais qui ne souffre pas qu*on abuse de ses dons et qu'o méprise ses conseils; chez les Lestrygons, géants anthro pophages; dans File où Tenchanteresse Circé change le hommes en bêtes ; dans la contrée des ténèbres, où le hérc avait évoqué les âmes des morts, avides de goûter le san du sacrifice. Il échappera la séduction du chant des Sirènes à la gueule béante de Scylla et de Charybde, et il encoui la colère du Soleil, dont ses compagnons ont égorgé le bœufs. C'est de File du Soleil que la tempête , après avoi brisé son navire, l'avait jeté sur les côtes d'Ogygie.

Les Phéaciens, charmés des récits d'Ulysse, le combler de présents, et lui donnent, pour retourner dans sa patrie, u de leurs vaisseaux , qui suivaient sans jamais dévier de leu route à travers les ondes. 11 dormait quand le navire touch le rivage d'Ithaque : les Phéaciens le déposent tout endorna sur sa terre natale, avec les trésors qui étaient son bien Éveillé, et quand il s'est assuré que les Phéaciens ne l'on point abandonné sur quelque rive inconnue, il se rend che le porcher Eumée , le plus fidèle de ses serviteurs , et il ap prend de lui tout ce qui s'est passé durant sa longue absence Cependant Télémaque était revenu de son voyage, et avai

échappé aax embûches que lui tendaient les poursuivants ^ de Pénâope pour le faire périr. Il vient lui-même chez y Eflmée, et il y trouve son père. Ulysse s'ouvre à Télémaqie; mais il exige de lui le secret le plus profond et sur sa présence et sur ses desseins.

Eomée introduit Ulysse dans la ville , et jusque dans le ^s où les prétendants dévorent son patrimoine. Nul ne resonoaille roi d*Ithaque, sous les haillons du mendiant , et ions les rides dont Minerve a sillonné son visage. Je me tope : un vieux chien, à demi mort sur un fumier, agita aqueae et baissa les oreilles, dès qu*il sentit s*approcher i^ maître qui Tavait élevé. La vieille Euryclée devine aussi riysse, mais à une marque tout extérieure. Ulysse lui impose, comme à Télémaque, un absolu silence. Pénélope s'avise, pour dernier expédient, de promettre fépouser celui des prétendants qui vaincra tous ses rivaux ^as le combat de Tare. Mais c'est Tare d*Ulysse qu'il faut tendre; et toutes les mains sont trop débiles pour en venir k bat. Le'mendiant demande k essaver, et il finit par l'obtenir, I urles instances de Télémaque. A tend Tare sans effort, et uteint le but ; puis , aidé de son fils , d'Eumée et d'un autre ^ileur fidèle , il fait payer aux prétendants et à leurs com- ^ices le prix de leur insolence et de leurs crimes. Ulysse , ffli a repris sa forme première et sa beauté , se fait reconuitre k Pénélope. Le lendemain , il quitte la ville , pour se soustraire à la fureur des parents de ceux dont il a tiré venaance , et pour visiter Laërte , son vieux père , dans sa mai-

imies champs. L'ennemi vient l'assaillir jusque dans celte retraite; mais, après une lutte de quelques instants, la paix » conclut entre les deux partis , grâce à l'intervention des dieax.

Vm^jmmée et rsllade Miit^UM roeoTre do même pmëim f

Cest un poète, et un poète de génie , qui a composé VIliade; t*est un poète aussi, et un poète non moins grand, qui a composé VOdyssée. Nul doute sur ce point. Mais le poète de l'O- ^ifttée et le poète deVIliade sont-ils le même poète? en d'autres

teriDeS, n'y a-t-il qu'un HottlëtCi ou en doil^n admetlit deux ? c'est \k une question depuis longtemps controversée, et Sur laquelle de bons esprits sont d'aviï différent. Dauf l'anliquité mëmË, il y a eu des critiques Qui pensaient que l'Iliade et VOdyssée n'étaient pas du tnéine auteur. On nommalt ces critiques chorizonta , c'est-il-dire séparateurs, i raison de la distinction de la séparation qu'ils prétendaieni établir entre les deux poèmes. Mais les motifs qu'ils alléguaient à l'appui de leur opinion t>arai3senl, en général, bien légers, et presque puérils. Je remarque que toua les choritontes étaient des grammairiens de la première école d'Alexandrie, de cette école oU l'on s'occupait infiniment plu( des mots que des idées , et de la versification que de la poésie. Je croirais pourtant leur faire injure Si je les jugeai! d'âptëa cô que rapportent d'eux les scoUastes d'Homère. Let choriiontes niaient, suivant ceux-ti, que le tnême auteui efit pu dire, dans un poëme, qtie Gassandre était la plu! belle des filles de Priam , et , dans l'autre , que c'était Laodicé. Ils trouvaient non moins étrange que la Crète eût eem villes dans VIliade, et seulement quatre-vingt-dix dant VOdifssée. Il n'est pas besoin , je pense , de discuter de pareils enfantillages.

Quelques modernes ont essayé, surtout dans ces derniers temps, de remettre en honneur l'Idée des choriuinteB , et de lui donner un caractère savant et systématique. Leurs argU* ments sont, en effet, quelque chose de plus sérieilx que ceux défi Alexandrins. Ils les tirent de l'examen approfondi des deux poèmes, et de cequ'ils nomment leur frappante diversité. Ainsi , i'Iliade est plus pathétique et plus simple ; VOdyssii est plus morale et plus complexe : dans l'une, c'est l'enthousiasme qui domine, et le mouvement d'un récit passionné y suffit à l'intérél; dans l'autre, la combinaison des parties supplée ï la rapidité de l'action : le poète y sonde plus profondément les replis du cœur humain, et d'une main plus sûre, et avec une conscience plus réfléchie. VHiaàe, épopée de guerres et de batailles, dut être, suivant les choriiontes nouveaux, composée dans des temps esses voisins de l'époque héroïque, dont elle respire l'esprit, et non loin des

fatfieAÉ.

ta

« qui nùéht été le tliéftire dé leurs expluits , el tJUt iont tels dîna lé po6tbfe avec tine fldélitë si tialve. VOdyssét lia lablequ d'une civilisation j)lus perfettioHn^e , et plus Bisise des arts qui procurent le bien-étré de la vie : c'est, lin des égards , tine ëpopée de marchands et d'eif ''^''^~ Wîde terres lointaines. Elle doit dater, par consëquent, lotle époque d'heureUse aclivitë ott les villes ioniennes nnèrent le ptemier essor b leur commerce, et firent leurs «Bières tentatives de navigation. Il n'est pas jiisqu'à liDgDe, qui, malgté l'uniformitë du dialecte épique, ùldes différences sensibles de l'un k l'autre poème: u naïve et plus rapprochée des formes éoliques dans ^ale; plus savatlte et déj& plus voisine de l'ionien dans

Telles sont les raisons principales pour lesquelles les cholonies d'aujoûrd'hub regardent YRiade et ï'Odyssée comme (Dire de deux po£les distincts, et qui n'ont vécu ni dans iméme temps , ni peut-être dans les mêmes lieux. Je les iidtleraent résumées d'après H. Guigniaut , le plus habile ies apologistes de la doctrine. Voici des objections auxndles ces arguments sont bien loin , ce me lemblti, d'avoir ifatmptoiretiient répondu.

U différence des deux sujets explique la différence de nctère qui éclate dans les deux poëmes ; el l'art plus Kanl, si l'on veut, dans YOdysséé que dans Ylliade, prouve niement que l'auteur de VOdyssée avait Ëlé fbrcé de tirer b reasources de son génie beaucoup plus que n'avait dâ lire Tauteur de l'/Iûitfe, pohir soutenir jusqu'au bout l'fltten- ■adu lecteur toujours ii prompte àdéraillir. Il est faut (rfaitement de dire que les sentiments des héros et des hénoes de Viliadc sont d'un ordre moins élevé, d'ufle pureté Kinsidéalequece que nous admirons dans VOdvJsée.Androt^e, à mon avis, ne le cède point à Pénélope ; et l'Hélène [ r/Zùide n'est pas indigne, tant s'en faut, de l'airtiable ■me qui reçoit Télémaque dans son palais. Les gaeniQt&

it pas toujours des saccageurs de villes et LOies. Les mortels plus pacifiques de VOdytus des modèles de vertu; et plus d'une fois

en eux , même chez les plus sages , des

sont pas très-civilisées, et des appétits rages. En définitive, c*est le môme homme âmes, mais vu sous deux aspects divers, là rière, ici dans sa vie sociale. L'étude moest, il est vrai, plus étendue dans VOdyssée, t, plus réfléchie peut-être. Mais il serait n fût pas ainsi , et qu'une épopée comme isi action , et que remplissent des récits de tous les enseignements qui abondent dans r domestique et de la paix. Qui empêche ^ \ ^ -^i

îttre, avec la tradition antique, que V Iliade - '"^^'l' , : -a

de l'âge viril du poëtc, et V Odyssée l'œuvre ^^^ '\' -.^ — >ft vieillesse, alors qu'il avait beaucoup vécu, ^— ^=^—^ , comme son héros , les villes de beaucoup ^ — ^ -^, \^

dié leur esprit; alors qu'il devait se plaire ns intérieures et aux histoires sans fin? >ermis d'affirmer que les hommes de VOdyS'les arts dont il n'y aurait pas trace dans les arts dont il est question dans les deux '■'■: - IT ^^-^ '^^ • perfectionnés dans l'un que dans l'autre? ;, par exemple, dans VIliade, la description im , ou celle du bouclier d'Achille; et dites s toute VOdyssèe, même les plus rares mer- , ou de Sparte, ou de Schérie, d'où il faille éveloppement plus complet de l'industrie i exécution plus habile ou plus brillante, avaient porté de Grèce en Asie l'innom- Q mandée par Agamemnon prouvent que la it pas chose nouvelle dès le temps de la ni par conséquent les explorations de terres lointaines, et que le poêle de V Iliade , en l'il ait vécu, a pu, si telle élait sa fantaisie, opée de marchands , comme on dit, et de ireux. Au dixième siècle avant notre ère,

cbantaît le poète de Ylliade , il y avait des centaines es déjà que ies Argonautes avaient accompli leur •eux voyage et conquis la toison d'or.

»nfrontation impartiale des deux poèmes, dans ce qui X arts de toute sorte, est donc la condamnation des nies, h'îliade et VOdyssée se complètent Tune l'autre,

se contredisent pas. Quant au caractère d'archaïsme dans VlliadCy c'est chose purement imaginaire. Il n'y aucune témérité à défier tous les philologues du d*établir la soi-disant diversité lexicologique sur aupB que des illusions et des systèmes préconçus. Les *éolisme ne sont pas moins sensibles dans VOdyssée s VIliade; et l'ionien futur germe éfzalement, si j'ose rler, dans l'un et l'autre poème. VIliade et VOdyssée^ autant que l'autre, sont écrites en achéen, dans le

intermédiaire entre la langue éolique et la langue

e style, les tours de phrase, l'ordre et le mouvement ëes! mais la versiGcation ! mais les formules consalaîs les épithètes traditionnelles ! C'est là ce que ces tes négligent de comparer dans les deux poèmes ; I le point où éclate le plus manifestement la ressemient vers pris au hasard dans l'un ne ressemblent is à cent vers pris dans l'autre, et pour la facture, et oumure, et pour le mouvement général, que ceux-ci nblen t à tous les vers qui les précèdent et les suivent. dit : « Le style est l'homme même. » Nous sommes ie dire ici : « Le même style c'est le même homme. » Ty a qu'un Homère. Le style ne s'enlève pas ; et, >us les efforts, on ne prend pas le tour d'esprit d'un m n'écrit qu'avec soi-même, mieux qu'aulrui ou l, aussi bien peut-être, mais toujours autrement, ite c'est une grande merveille que le même homme nposé VIliade soit aussi l'auteur de VOdyssée. Mais nène de ressemblance admis par les chorizontes est , inouï encore. Ennius, en sa qualité de pythagoriait imaginé que l'âme d'Homère avait passé dans • et Ton sait quel Homère c'était qu'Ennius. C'est

58 CHAPITR?: IV.

bien une autre métempsycose qu'il nous faudrait supposer, ;. pour donner raison h ces pythagorioiens nouveaux. D y a un prodige mille fois plus extraordinaire que Texistence d*un ^ Homère unique, c*est Texistence, successive ou uop, de deux ; Homère. :

L'illustre Ottfried Mûller, qiii rejette l'hypothèse des cho- ^^ rizontes, ep propose une autre bien plus inadmissible encore. Homère, suivant lui, aurait conçu le plan de VOdyssée; mais ' ce n'est pas Homère qui aurait exécuté ce plan : il aurait chargé un de ses disciples dévoués de donner à ses concep- ^ tiens la couleur et la vie. Je ne crois pas qu'aucune littérature présente un seul exemple d'où l'on puisse conclure même la ' simple possibilité d'un phénomène comme celui que suppose ' Mùller. Il suffit d'ailleurs de lire VOdyssée pour sentir que ' celui qui l'a conçue est aussi celui qui Ta faite. Le style du ' chantre d'Ulysse n'est pas un style d'école et de pratique; et l'ongle du lion, la divine empreinte du génie y est partout manifeste, et aussi évidente, sinon aussi brûlante^ que dans le style du chantre d'Âch^lle.

pule prolNible de Texl^f^BÇ^ d^Homère.

J'ai dit ailleurs que le poëte de Ylliade et de VOdyssée voyait les homn^es et les choses de l'^e héroïque dans un lointain favorable à la perspective, et qu'il s'imaginait vivre dans un monde dégénéré, eu égard aux merveilles et aux prouesses des anciens jours, l^ais si Homère n'est pas le contemporain des grands événements qu'il raconte, il a vécu toutefois dans un siècle où la mémoire en était fraîche encore et toute vivante : c'est un fait, je pense, qui n'a pas besoin de démonstration. «« J'estime, dit Hérodote*, qu'Homère et Hésiode ne vivaient que quatre cents ans avant moi. >» D'après cette opinion, Homère aurait été contemporain de Lycurgue, et serait postérieur de trois siècles à la prise de Troie. Je suis convaincu qu'il faut reporter sa date un peu plus haut que l'époque de Lycurgue, et peut-être jusque vers l'^n 1000

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