Iliade, clumi XXIV, ien4i1 éi «linilti
HOkÈRE. «7
iwmWt à Achille. U le trouva devant leé navires aut et^ ïÔDités relevées, appréhendant en lui-même ce qui était déjk ^ uampli. 11 gémissait, et disait à son cœur magnanime : <H^asl pourquoi les Aehéena à la longue chevelure cou- (imt-îls effrayés à travers la plaine, fuyant de nouveau «ws les navires? Je crairis que les dieux n'aient accompli
• 1b malheurs que mon cœur redoute; car ma mère mfe «ronta jadis et me prédit que le plus brave des Myrmidons •ipilterait, moi Vivant encore, la lumière du soleil, sous >ies coups des Troyens. Ah ! sans doute, le vaillant fils de
• lénœtius est mort. Le malheureux ! je lui avais pourtant «bien recommandé de revenir vers les vaisseaux, après
• iToir repoussé le feu destructeur, et de ne pas lutter bra'-
• tement contre Hector. »
> Tandis qu*il roulait ces pensées dans son esprit et dffls son cœur , le fils du vénérable Nestor s'approche, ver*sut des larmes brûlatites , et lui annonce la douloureuse Boarelle :
« Hélas ! fils du belliqueux Pelée, tu vas apprendre un
• bien funeste événement, certes, et qui n'aurait point dû
• arriver. Patrocle est étendu sur la terre ; et l'on combat au-
• tour de son corps dépouillé : quant à ses armes, elles sont
• an pouvoir du vaillant Hector, m
■ Il dit, et un noir nuage de douleur enveloppe Achilb. Des deux mains il prend de la cendre : il la répand sur sa tête, il en souille son gracieux visage ; elle noircit de tous côtés sa tunique divine. Lui-même il était étendu sur la poussière, couvrant de son grand corps un grand espace ; et de ses propres mains il dévastait impitoyableinent sa chevelure. Les femmes qui le servaient, ces captives qiii étaient la part d'Achille et de Patrocle dans le butin, sont saisies d'un violent désespoir, et poussent de grands cris. Elles se précipitent hors des tentes, et environnent le belliqueux Achille : todtes elles se frappent la poitrine de leurs mains; toutes «Iles sentent leurs genoux se dérober sous elles. Antilochud, de son côté, gémissait, versait des larmes, et tenait les mains d'Achille. Celui-ci poussait des soupirs du fond de son cœur généreux , car il craignait qu'Hector ne tranchât avec le fer
j68 CHAPITRE IV.
la gorge du cadavre; et ses sanglots retentissaient avec ui bruit terrible ^ »
Caraetère d^lymie.
Le caractère d*UIysse n'offre pas le spectacle de ces tem pêtes intérieures : ce n*est plus la lutte des passions violente contre des instincts plus nobles, Téternel combat de Thomm et du héros. Ulysse, est en paix avec lui-même; mais de dieux courroucés lui ont déclaré la guerre : la lutte est entr eux et lui; ce qu*il lui faudra braver, c*est le danger sou tous les aspects, et c^est sur les puissances de la nature dé chaînées par les dieux que le héros remportera ses plus écla tantes victoires. Ulysse, dans 17h'a(/e, est déjà ce que nous l retrouvons dans \ Odyssée , Thomme sage entre tous , avisé fécond en ruses et en utiles conseils, le type enfin de Tacli vite intelligente, sinon de la vertu austère. Mais le malheu aiguisera encore ses facultés, et montrera dans toute soi énergie cette fermeté industrieuse qui ne se rebute et ne s* lasse jamais. Je ne dis pas qu*il ne jette jamais de plainte il se plaint, au contraire, et avec amertume, et plus d^uni fois il maudit en son cœur le jour où il est venu au monde mais Famour de la vie et Tespoir de retrouver les siens, raniment et retrempent sa patience et son courage. < Prene ses paroles, dit M. Saint-Marc Girardin, il est faible e abattu; prenez ses actions, il est ferme et indomptable. : Qu*on lise Tadmirable récit de la tempête qui jette Ulysse sui les côtes de File des Phéaciens : c*est là qu*Ulysse est tou entier, et que son caractère apparaît, tout à la fois faible e ferme, abattu et indomptable, selon qu'on a égard ou à se! discours ou à sa conduite. Je transcrirai un court passage dans une autre partie du poème, pour justifier cette assertioi du critique que je citais tout à Theure, qu'il n'y a rien d( commun entre la patience d'Ulysse et la résignation chrétienne. Quand Ulysse s'éveille sur le rivage où l'ont déposa les Phéaciens, il ne reconnaît pas sa patrie : « Il se lève...., i