‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 29 sur 137 · Id., ehani XI, Yen 406 et niiTiinU · texte numérisé non relu

Id., ehani XI, Yen 406 et niiTiinU

iMc'^dans rœuTre qa'il faut aller chercher l'artiste. C'est bÊiVRiade et dans l'Odyssée qu'on le contemplera digne ksrespeets et de Tadmiration de Tunivers, et, après trois wk ins, comme parle un de nos poètes , encore jeune de iÙK et d'immortalité.

IITE nOBABLB DE I.*BXISTBNCB D*HisIODB. — VIB D*HÉSIODB. — JUOBlEIT SCR LA. POÉSIB D*BÉSIODE. ~ POÈMES DES ŒUVRES ET JOURS. — LA TEiOGOSlB. — AUTHENTICITÉ DES DEUX POÉSIES. — LES GRANDES à&M. " L£ BOUCLIER D*BERCULB. — OUVRAGES ATTRIBUÉS A HÉSIODE.

Bâte pr«IMiMe de rezlstesee d^éelode.

H^iode vivait, ainsi qu'Homère, dans un temps où la 7 Grèce était encore gouvernée par des rois : c'est ce que lui- ' aéme, en plus d'un passage, donne clairement à entendre, lais cette vague indication laisse un large champ aux conjtttores chronologiques; et, quoique Hésiode parle en pastant de la guerre de Troie comme d'un événement ancien , il reste toujours un espace de plusieurs siècles à travers lequel son existence flotte, pour ainsi dire, portée par les uns JBsque vers les confins de l'âge héroïque, ramenée par les latres jusque vers l'époque des Olympiades.

Plusieurs prétendent tirer de l'examen de ses ouvrages la preuve qu'il a vécu avant Homère. La langue d'Hésiode est marquée, disent-ils, d'un caractère particulier d'archaïsme; Fionien épique s'y trouve mêlé d'éolismes plus fréquents que ehez Homère, et les règles mêmes de la quantité ont subi, dans plus d'un vers d'Hésiode, l'influence de la prononciation éolienne. Mais il suffit, pour rendre raison de ces faits, de considérer qu'Hésiode était Ëolien , et qu'il. a chanté en Béotie, c'est-à-dire au centre même des contrées occupées par les populations éoliennes. La mythologie d'Hésiode, dont

on argumente aussi , se rapproche , il est frai , plus que ^ celle d*Hotnère, de Tantique rdigion de la nature. Mais Hé-:^ siode, qui compilait, dans sa Théogonie ^ une sorte décode ^ religieux , a dû recueillir de préférence les symboles les plus ^ clairs, les mythes qui servaient le mieux à son dessein thëo- . logique ; et c'est en remontant aux traditions les plus an- , ciennes , et en se rapprochant de la source populaire des in- . vantions religieuses, qu'il a retrouvé la plupart de ces dieux , qui ne sont pas connus d'Homère, ou que du moins Homère n*a pas mentionnés. Les conformités d'Hésiode avec Homère ne prouvent pas davantage qu'Hésiode ait rien emprunté au . poète ionien, et qu'il puisse être compté parmi ses successeurs ou ses disciples. Ce qu'ils ont de commun, le dialecte épique, les expressions proverbiales, les épithètes appliquées à quelques noms, certaines fins de vers, certaines, formules, enfin le mètre poétique, ils l'ont reçu l'un et l'autre des ^èdes. Hésiode ne doit rien à Homère; il a vécu avant Homère peut-être ; peut-être a-t-il vécu après lui : nul ne , saurait rien affirmer de positif à ce sujet. Je remarque seulement que la tradition la plus accréditée chez les anciens le faisait contemporain du chantre d'Achille.

▼le d*llé«lode.

C'est en Béotie, dans la petite ville d'Ascra, au pied de l'Hélicon , qu'Hésiode a vécu , et c'est là probablement qu'il était né. Son père, qui était de Cymé, dans l'Éolide d'Asie Mineure, avaitcouru les mers pour chercher fortune, et, après s'être enrichi dans ses entreprises , était venu se fixer à Ascra. Hésiode ne dit point que son père l'eût amené avec lui de Cymé: il semble même dire le contraire, quand il parle du seul voyage qu'il ait fait sur mer. c Jamais je n'ai traversé dans un vaisseau la vaste mer , sinon pour passer d'Aulis en Eubée.... Je me rendais à Chalcis, afin de disputer les prix du belliqueux Amphidamas. Ses fils magnanimes avaient proposé des prix pour plusieurs sortes de luttes. Là , j'eus la gloire de conquérir par mon chant un trépied à deux anses. Je le consacrai aux Muses héliconiennes, dans le lieu

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fk^pov U première fois, elles ra'avsisBl mis an posaessmi

iel'trtdes chants harmonieux'. »

Hésiode fait d'Ascra un triste tabieaa : c*était uii séjour,

sûnnt loi , détestable en hiv^, intolérable eu été, agréable

juQiis. U ne laissa pas de 8*y tenir, par habitude, peutéire pir nécessité , k cause des biens qu'il y possédait ; et je doute fR*il D*eùt pas aussi pour la bourgade natale un peu de cet mm qu'on porte toujours à son pays, en dépit des intempéries du climat , ou de l'humeur insociable des voisins qu'on ; trouve. Ainsi, le surnom d'Ascréen lui conviendrait encare, alors même qu'on admettrait qu'il était néàCymé, et fi'il avait fait sur mer, durant son enfance, un voyage plus ing que la traversée d'Aulis à Chalcis.

Hésiode semble nous dire en passant qu'il avai) un fils. U irait anssi un frère puîné , nomnaé Perses. Ce ne fut pas sans peine qu'ils parvinrent à s'entendre, Perses et lui, après la mort de leur père. < Terminons notre querelle, dit Hésiode à son frère , par d'équitables jugements, tels que pour notre bien les dicte Jupiter. Déjà nous avons partagé l'héritage,

I et ta voulais en ravir la plus forte part, en séduisant par tout moyen ces rois affamés de présents , qui se portent pour arbitres de notre procès. Les insensés! ils ne savent pas combien la moitié vaut mieux que le tout, et quel bonheur il j a à vivre de mauve et d'asphodèle*. » C'est pour ramener ce frère à de meilleurs sentiments , c'est pour lui faire com- {^rendre le prix de la justice et de la vertu , qu'Hésiode composa son poëme intitulé OEuvrts et Jowrs, Il est probable qu'en ce temps-là le poète n'était déjà plus un jeune h^mme, quoiqu'il eût perdu depuis peu son père.

Les OEfwres et Jours semblent en effet toute autre chose que le produit d'un enthousiasme de jeunesse. La réflexion y domine, aux dépens même quelque fois de l'inspiration; c*est an sage qui parle, un homme d'expérience et de grand sens, qui semble avoir beaucoup vécu , et qui connaît à Cond les hommes. La gravité des pensées, le ton presque sacerdotal du

I. Œuvres et Jours, Tcn 848 «t suiTonU. 8. /J., ter» 3S «l «nivinu.

n CHAPITRE Y.

Style , la façon un peu rude et paternelle tout à la fois dont Hésiode gourmande son frère, les désagréables vérités qu*il n*hésite point à adresser en face aux puissants et aux rois, suffiraient pour démontrer que ce poème est l'ouvrage d'un homme mûr et rassis, et en pleine possession de lui-même.

La Théogonie n'est guère moins que l'autre poème une œuvre de méditation profonde. Hésiode ne Ta pas composée non plus dans son jeune âge. On peut admettre toutefois que l'épopée théologique est antérieure à l'épopée morale; car le passage où Hésiode parle de son offrande aux Muses héliconiennes est comme une allusion au prélude de la Théogonie j où il raconte, sous une forme symbolique, les circonstances de sa vocation : s Commençons nos chants par les Muses^... Ce sont elles qui ont enseigné à Hésiode le bel art du chant , comme il paissait ses brebis sous l'Hélicon sacré. Ces déesses, les Muses de l'Olympe, les filles de Jupiter qui tient l'égide, m'adressèrent tout d'abord ces paroles : « Bergers qui parquez dans les campagnes, opprobre de la < race humaine, esclaves de votre ventre; nous savons dire « bien des mensonges qui ressemblent à la vérité ; mais « nous savons aussi , quand nous voulons , dire la vérité « pure. « Ainsi parlèrent les éloquentes filles du grand Jupiter. Et elles me donnèrent pour sceptre un magnifique rameau de vert laurier qu'elles venaient de cueillir; et elles soufflèrent en moi un chant divin, afin que je célébrasse et l'avenir et le passé ; et elles me commandèrent de chanter la race des bienheureux immortels, et de les prendre toujours elles-mêmes pour l'objet de mes premiers et de mes derniers chants S »

Les Béotiens du temps d'Hésiode étaient probablement un peu moins grossiers qu'il ne se plaît à le dire. La forte race qui était venue, après la guerre de Troie, des plaines de la Thessaliedans les contrées voisines de l'Hélicon , n'était dénuée ni d'intelligence, ni même d'aptitude littéraire. Le culte qu'elle rendait aux Muses atteste que les plaisirs sensuels ne tenaient pas seuls place dans sa vie. Elle dut avoir plus

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