I . Ihéoffoniê^ Y«ni I et suiTanU
te avant qu'Hésiode chantât les travaux des hommes énéalogîes des dieux. Le poète d*Ascra n'est point lomène isolé dans son histoire : les Œuvres et Jours hMçonie ne s'expliquent bien qu*en supposant une e chantres nationaux, précurseurs d*Hésiode, et qui légué, avec les secrets de Fart, quelques-unes de ces ins, de e^ inventions poétiques, si dififérentes de tout nous connaissons , et qui font un des caractères parrs de la poésie d'Hésiode. La victoire remportée par Ihalcîs sur quelque poète béotien, ou du moins éolien, t qu'il n'y avait pas, de son temps, cette pénurie kmes adonnés aux travaux d^ l'esprit, que ferait supla rude apostrophe des Muses.
I Béotiens ne furent pas les derniers parmi. les Grecs à e des honneurs publics à la mémoire d'Hésiode. Ils lui *ent une statue à Thespies et une autre sur l'Hélicon. sitait Orchomène pour admirer le tombeau d'Hésiode. s du poète avaient été transportés dans cette ville, sur njoncUon de l'oracle d'Apollon , dans un temps où les ^méniens étaient affligés d'une maladie contagieuse : ésence de ces restes vénérés devait, suivant le dieu, cesser le fléau. D'après la tradition*, Hésiode aurait été mé d'abord dans le canton de Naupacte. Hais on ne sait ins quel pays il mourut, ni à quel âge. U est probable parvint à une haute vieillesse; car l'expression de '.sse hésiodéenne était passée chez les Grecs en proverbe , désigner une longévité s'étendant au delà de l'ordinaire ire.
#«geMieBi mup la poésie d'Hésiode.
ffésiode s'élève rarement. Une grande place est occupée lui par desénumérations de noms. Pourtant il y a dans réceptes d'utiles sentences. Ses expressions ont de la sur, et son style n*est point à mépriser. On lui donne Irae dans le genre tempéré. » Tel est le jugement de tilien sur le poète d'Ascra. Sans doute Hésiode n'est m génie du premier ordre ; et ses modestes poèmes ne eut nullement d'être rangés sur la même ligne que
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YRiade et YOdyÊsée. ï\ n*a ni la fécondité d*Homère , ni sa paissance de création , ni cet art de coordonner un tout que nous avons admiré chez le poète ionien. Hésiode n'a laissé que quelques centaines de vers; il n*a peint ni nn Achille, ni un Ulysse , ni même un Ajax; ses poèmes sont composés avec une sorte de négligence, comme s*il avait beaucoup plus songé à entasser les vérités et les enseignements qu*à les faire valoir, et à enrichir le fond qu'à perfectionner la forme; enfin sa diction a souvent je ne sais quoi d*un peu triste et sévère, qui rappelle, pour ainsi dire, les brumes d*Ascra, et sa versification n*a ni Theureuse facilité ni Tharmonie variée de celle d*Homère. La lecture d*Hésiode exige une sorte d'effort : la pensée ne se révèle pas toujours du prenner coup, ni avec toute la clarté qu'exigerait notre esprit. Mais il y a, dans ses ouvrages , tel récit , comme celui de la guerre des Titans, comme la légende des âges du monde, qui ne pâlirait pas trop , comparé même aux plus brillantes créations de l'épopée homérique. Ses descriptions aussi sont faites de main de maître : la touche en est forte , et quelquefois gracieuse; le coloris en est inégal, mais la vigueur de l'expression y coÉnpeififse ce qui manque souvent du côté de la lumière et de l'éclat. Hésiode parle des phénomènes de la nature en homme qui a vécu aux champs , et dont l'âme n'est point restée froide au spectacle des oeuvres de DieQ. Mais Hésiode est avant tout un moraliste , un donneur de conseils. Il excelle à présenter sous une forme concise et piquante, sous une image riante ou terrible, les vérités de sens commun. Nul poète antique n'a laissé plus de proverbes dans la mémoire des hommes; et, bien longtemps avant Ésope, Hésiode a eu la gloire de créer l'apologue, ou du moins de donner la forme poétique à ces allégories morales qui sont de tous les temps et de tous les pays du monde.
W^^Êmtm érm IBwrrc« et Smutm.
Le poème des Œuvres et Jowr$ débute par un court prélude en l'honneur de Jupiter ; puis le poète entre comme il suit dans son sujet : « Il n'est pas une espèce seulement de
iftiités, mais il y en a deux sur la terre. L'une serait digne ee éloges du sage ; T autre au contraire est blâmable. Elles ADtanimées d*un esprit bien différent; car Tune excite la m% désastreuse et la discorde : la cruelle ! pas un mortel leh chérit, mais les déerets des immortels font subir, malliéqu'onen ait, Tascendant de la rivalité funeste. L'autre a ëttbiitée la première par la Nuit ténébreuse; et le fils de konie, qui habite dans l'air et s'assied sur un trône élevé, lifUça dans les racines de la terre, et voulut qu'elle fût pro* |itt aux hommes. C'est elle qui pousse au travail l'indolent lène. Car l'homme oisif, qui jette les yeux sur le riche, iti&|»resse à son tour de labourer, de planter, de bien gourer sa maison; et le voisin est jaloux d'un voisin qui tâche l'iniver à l'opulence. Or, cette rivalité est bonne aux mor- ^.Li le potier s'irrite contrôle potier, et Tartisan contre fartisan; et le mendiant porte envie au mendiant , et l'aède
Bétiode fait énergiquement sentir à son frère qu'en de- Wsdu travail et de la vertu, il n'y a pour l'homme que ■écamptes et calamités. H lui rappelle, d'après les traditions iDtiqoes, la dégénérescence successive de la race humaine l^s l'âge d'or, et comment la boite de Pandore averse sur b monde tous les maux dont les dieux l'avaient remplie. Il peint desombres couleurs ce qu'il appelle le cinquième âge , (et âge de fer où il lui faut vivre , avec le regret impuissant (l'on passé qui fut meilleur, et le pressentiment d'un avenir ^vaudra mieux aussi, mais qu'il ne terra pas. Il reproche aux rois leur violence, tout en recommandant aux faibles la patience et la résignation. « Voici ce que dit l'épervier au rossignol à la voix harmonieuse. 11 l'avait pris dans ses Krres, et l'emportait bien haut à travers les nues. Le rossignol, transpercé par les ongles recourbés de l'épervier, poussait de plaintifs gémissements. Mais l'autre lui dit avec doreté: « Mon ami, pourquoi crier? Tu es au pouvoir de « bien plus fort que toi; tu vas où je t'emmène, tout chanteur < que tu es ; je me ferai de toi, s'il me plaît, un repas, ou bien
*. Œuvres ei JourSy ▼«» 4 1 et BUÎTanU.
« je te lâcherai !... » Insensé celui qui veut lutter contre plty^^ puissant que soi ! il est privé de la victoire ; et la souffrant j s'ajoute pour lui à la honte S » .. ...
Hésiode ne se borne point à donner aux faibles les cos . seils de la prudence : il décrit à grands traits le bonhec ^ qui s'attache toujours à Taccomplissement du devoir, (.^, les malheurs que l'injustice entraine après elle. Il monti. , la providence des dieux dispensant à chacun , suivant se ^ mérites y les biens et les maux, s Souvent même, dit-il, un^^ ville tout entière est punie à cause d'un seul méchant , qu. manque à la vertu et machine de criminels projets. Du hau^^ du ciel , le fils de Saturne lance sur eux un double fléau , h J^ peste et la famine ; et les peuples périssent. Les femme ' n-'enfantent plus, et les familles vont décroissant par la vo.', lonté de Jupiter, maître de l'Olympe. Quelquefois aussi le ûb.^ de Saturne ou détruit leur vaste armée, ou renverse leun' murailles, ou se venge sur leurs navires, qu'il engloutit dam la mer '. » Le poète rappelle, à ceux qui se flatteraient de/ pouvoir échapper au châtiment, que trente mille génies, mi- ' nistres de Jupiter, ont les yeux ouverts sur les actions des hommes, et que la Justice est assise à côté du maître des dieux. Il faut donc pratiquer la vertu, et chercher, dans le travail seul , cette richesse où le méchant n'arrive pas tou- ', jours, et qui n'est entre ses mains que remords et misère.
Hésiode se complaît dans ces hautes régions de la pensée ; il s'arrête avec une sorte d'amour sur ces principes moraux , sans lesquels la vie humaine manque de règle , de aens même et de dignité; et c'est avec une puissante abondance d'images, une force de paroles sans cesse ravivée, qu'il tâche de faire impression sur l'âme de Perses. Ce n'est guère que vers le milieu du poème, qu'il commence à décrire les travaux auxquels il invite son frère à se livrer. Il parcourt ensuite à grands pas le cercle des occupations rurales. Cette partie du poème n'est pas indigne de la première. Hésiode ne s'en tient pas à d'arides préceptes ou à
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fedescriptioTis techniques : en face de la nature, il oublie pbsd^une fois les formules didactiques, pour retracer les taUeaoi sombres ou gracieux qui s*ofifrent à ses regards, lue se borne point à dire, par exemple, que Thomme labooeusaît accroître son bien, même durant l'hiver, ou qu'il ht, dès la belle saison , répéter k ses serviteurs que l'été le durera pas toujours : il peint les rudes hivers des monâgnes de la Béotie. « Précautionne-toi contre le mois léibn, contre ces jours mauvais, tous funestes aux bœufs, tentre ces tristes frimas qui s'étendent sur la campagne au loaffle de Borée, quand il s'élance à travers la Thrace, nourrice des chevaux, et qu'il soulève les flots de la vaste mer. U terre et les forêts mugissent. Déchaîné sur la terre féende, le vent renverse en foule, dans les gorges de la mon- HgDe, les chênes à la haute chevelure et les sapins énormes, m faisant crier, dans toute leur étendue, les immenses k^. Les bêtes sauvages frissonnent, et ramènent leur ^oeue-sous leur ventre, même celles dont la peau est le plus vdae : oui , malgré l'épaisseur des poils qui couvrent leur poitrine , le vent les pénètre de sa froidure. Il passe sans obstacle à travers le cuir du bœuf; il pénètre la chèvre aux bngues soies : quant aux brebis, leur toison annuelle les {irantit contre les assauts de Borée. Le froid courbe le neillard ; mais il ne pénètre point la peau délicate de la jinne fille, qui reste dans la maison auprès de sa mère.... Abrs les hôtes des bois, cornus et non cornus, fuient, éperdos et grinçant les dents, par vaux et broussailles. Tous ceux qui habitent des tanières profondes , des cavernes de rocher, ne songent qu'à se blottir dans leurs abris. Alors aussi les hommes ressemblent au mortel à trois pieds, dont k dos est brisé, dont la tête regarde le sol : ils se voûtent comme lui en marchant , pour éviter la blanche neige *. »
A propos des travaux de U moisson, Hésiode se souvient ^ l'été est une saison de joie et de bien-être, et il engage Perses à prendre sa part de ces plaisirs qu'on goûte à si peu de frais. « Quand le chardon fleurit , et que la cigale
!• OEmpra et Jours ^ Ten KOS ei fuivanU,
harmonieuse , posée sur un arbre , épanche sa douce voix ^ en agitant ses ailes, dans la saison du laborieux été, alors les chèvres sont très-grasses et le vin excellent... : cherche l'ombre d*un rocher, emporte le vin de Biblos,et le gâ- > teau de fromage^ et le lait des chèvres qui ne nourrissent ^ plus, et la chair d'une génisse qui broute le feuillage et n'a pas été mère encore, et celle des chevreaux premiers-nés. Savoure le vin noir, assis à l'ombre, repu à souhait, le visage tourné du côté du sëphyre au souffle puissant, et sur le ; bord d'une fontaine, aux flots intarissables, abondants et limpides ^ »
Après d'intéressants détails sur l'art de s'enrichir dans ; les entreprises du commerce maritime, sur le choix du navire, sur les saisons favorables à la navigation , Hésiode reprend le thème des prescriptions morales , mais non plus avec cette verve et cette riches^ de pensée qui distingue la première partie du poëme. Il se borne maintenant à tracer une sorte de code dQ la civilité et des bienséances. Que s'il touche en passant à quelque grand sujet, il est tout aussi bref que s'il s'agissait simplement de prémunir Perses contre le danger de se rogner les ongles durant le festin solennel des dieux, ou , suivant son expression , de séparer le sec du vert, en taillant avec un fer noir la tige aux cinq rameaux. La fin du poëme est peut-être plus technique, s'il est possible, et plus sèche encore. C'est une sorte de calendrier, où Hésiode a marqué, dans le mois lunaire, les jours favorables ou néfastes , par rapport surtout aux travaux de l'agriculture. Ce morceau n'a guère d'intérêt qu'à titre de renseignement sur les superstitions populaires du temps.
Le poëme se termine à peu près comme la femme dont parle Horace : belle tête, queue de poisson. Il faut bien avouer aussi que, dans l'ensemble, on n'aperçoit pas toujours très-bien la liaison des idées. Hésiode, uniquement préoccupé de l'unité morale, si je puis m'exprimer ainsi, a trop négligé cette autre unité qui naît d'une gradation savante et de transitions habilement ménagées. Il va, revient,