‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 36 sur 137 · BouclUr d'Hercule, fen i et suiTants · texte numérisé non relu

BouclUr d'Hercule, fen i et suiTants

ruMMir de Jupiter pour Alcmène, Tabsence et le retour , f Amphitryon, la naissance d'Hercule et de son frère. Ce ^ i*est là, évidemment, qu'une portion de la légende. Le récit des exploits d'Hereulc et la peinture des tourments endurés pir la mère d*ttn héros si rudement éprouvé avaient dû fourlùr une riche matière aux développements poétiques. L'exdimatioii d'Alcmène qui nous a été conservée : «0 mon fils, iipiter, Um père, t*a done fait naître pour être malheureux et krâfe entre tons ! » ce cri pathétique sorti du cœur d'une ■ère, prooTe du moins qu'Hésiode avait fait de la légende i \ ne sorte à^HéracUide^ mais d'où Alemène n'était point ab-

>^| Kilts.

lie Wmméiïm» é*Hereiile.

Dans les éditions d'Hésiode, immédiatement après le (rand morceau de cinquante-six vers, vient, sans transition UKuae, le récit du combat d'Hercule contre Cycnus, fils de lUrs, et contre le dieu Mars lui-même. Ce récit, à son tour, ic ^esteoupé par la description infiniment détaillée du bouclier (le portait le fils d'Akmène, et ne reprend qu'au bout de ^l quatre-vingts vers. L'ensemble incohérent formé de ces trms pièces diverses est le prétendu poëme qu'on nomme le Radier (ï Hercule. Il n'est pas vraisemblable que le récit du ombat soit un débris des Èées. Hésiode n'aurait pas donné n si vaste développement au moins renommé peut-être des 4oie travaux d'Hercule, et cela dans une épopée où la léfttde d'Alcmène et de son fils n'occupait elle-même qu'une pltee assez restreinte. Tout d'ailleurs y décèle une main qui l'est pas celle d'Hésiode. L'on y trouve tel vers des OEuvres a Jours presque textuellement transcrit, et un bon nombre I d'expressions et de formes hésiodéennes ; mais les mots, les I tournures d*Homère, et jusqu'à ses comparaisons, s'y ren- / tOQtreut à. chaque pas. Ce n*est, pourtant pas un centon, une I fièee sans originalité et sans valeur. Il y a du mouvement, I k rénerg^^ » ^® ^'y^^ ^^'est dénué ni de souplesse ni d'éclat. I^est Vauvr^^^ d'un homme de talent, et le reste, selon toute "tps^renc^^ de quelque hymne en l'honneur d'Hercule, ou àe

quelqu'une de ces Hèracléides qui avaient été composées par les poètes de l'âge posthomérique.

La description du bouclier est remarquable aussi par ses qualités poétiques. Il est certain, vu son ampleur, qu'elle n'a pas été faite pour le récit où elle est intercalée. Il est bien plus certain encore qu'elle n*est pas d'Hésiode. Celui qui a décrit le bouclier d'Hercule avait sous les yeux la description du bouclier d'Achille. On dirait même que, dans certaines parties, il a pris à tâche de rivaliser avec Homère. J'ai cité ailleurs, à propos du chant d'hyménée, la peinture d'un cortège nuptial, d'après le bouclier d'Achille. Une scène semblable est tracée dans la description du bouclier d'Hercule, et avec des circonstances analogues, et dans des termes quelquefois identiques. La description du bouclier d'Hercule ne peut provenir que de quelque grande épopée ; car les hymnes religieux, à cause de leur brièveté, ne souffraient point de pareils hors-d'œuvre. Ce serait perdre son temps que de chercher le nom du poète qui Ta composée, et le siècle où il a vécu : tout ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que ce poète n'est pas Hésiode, et qu'il n'a ni le ton, ni le style, ni même la langue de l'auteur de la Théogonie et des OEuvres et Jours.

Onwrt^e» attribué* à Héiiiode.

On attribuait à Hésiode, dans l'antiquité, une foule d'autres ouvrages, aujourd'hui perdus, et dont il ne reste guère que les titres : ainsi, par exemple, un poème didactique sur l'équitation, intitulé Leçons de Chiron; un autre poème didactique, sur VOrnithoinancie ou l'art de deviner les présages des oiseaux; la Mélampodie, épopée en l'honneur du fimeux roi-devin Mélampus d'Argos ; VÈgimim^ autre épopée en l'honneur d'un héros dorien de ce nom, ami et allié d'Hercule; des poèmes plus courts, ou plutôt des fragments épiques, tels que le Mariage de Céyx, VÉpithulame de Pelée et Thitis^ la. Descente c/e Thésée et de' Pirithoûs aux enferSj etc.

Le nom d'Hésiode était comme une sorte de centre poétique, autour duquel on avait groupé la plupart des produc-

HÉSIODE. i 09

tioQs de ce qu^on pourrait appeler Tëcole béotienne, toutes

eelles dont les auteurs avaient gardé l'anonyme, ou s'étaient

lokmtairemenl cachés sous le couvert du poète national des

toliens. Mais la croyance à l'authenticité de ces ouvrages

n'était pas universelle. Quelques-uns même poussaient le

scepticisme un peu loin ; et les Béotiens, au temps de Pausa-

Bi»s, taiaient de bâtardise non-seulement les poèmes que je

Tiens d'énumérer, mais les Éées^ mais la Théogonie même.

les OEuvres et Jours étaient , suivant eux , le seul poème

fi'H^iode eût laissé. Qu'importe qu'Hésiode ait été un peu

fias fécond ou un peu moins ? N'eût-il fait que les OEuvres

(t Jours, il mériterait encore d'avoir été classé, dans l'estime

te Grecs, au premier rang des poètes, et d'avoir eu son

Bom si souvent accolé à celui d'Homère.

HYMNES nOMÉniQUES ET POËlfES CYCLIQUES.

CAIACTÈBE DES HYMNES HOMÉRIQUES. — BTMIfE À APOLLOU DÉLIBN. — ÎTM2IE A APOLLON PYTHIEN. — HYMNE A MERCURE. — HYMNE A VENUS. — HYMNE A CÉRÈS. — HYMNE A BACCHUS. — LE CYCLE POélIQUB. — STAS15US. — ARCTINUS. — LESCHÈS. — AGIAS ET EUGAMON. — LA THÉlÛDE , l'HÉRACLÉIDE , ETC.

CarActère ûem HyMiies honéri^ves*

Les hymnes que nous possédons sous le nom d*Homère peuTentètre rangés parmi les plus anciens monuments de la poésie grecque. La plupart de ces hymnes, comme je l'ai remarqué déjà, ne sont autre chose que des préludes, des ou- Terlures, ou, selon l'expression grecque, des proèmes, qui Eervaienl d'introduction aux chants épiques récités par les rhapsodes. Nul doute que l'usage de commencer toute récitation iK>é tique par une invocation aux dieux ne date de la plus haute antiquité. Plus d'un proème homérique est donc contemporain, peu s'en faut, de VIliade et de l'Odyssée; ^l,

quelque récents qu'on suppose la plupart de ces hymnes, on ne les saurait faire descendre beaucoup en deçà de l'époque des Olympiades. Je ne parle ici que pour mémoire de ces productions assez insignifiantes. Mais il y a, dans la ooUeetion, autre chose que des proèmes : il y a des œuvres considérables et par l'étendue et par la valeur littéraire, et qui méritent de nous arrêter quelques instants. Ces grandes compositions, égales en longueur à des rhapsodies entières, suffisaient à remplir seules le temps que les auditeurs accordaient à chaque récitation. Elles sont chacune par ellesmêmes; elles forment chacune un tout complet. Ce ne sont pas des hymnes proprement dits, des litanies comme celles qu'on chantait devant l'autel des dieux : ce sont plutôt de petites épopées mythologiques. Les auteurs n'étaient pas, comme les rhapsodes des proèmes, des poêles de rencontre, dont tout l'effort aboutissait à une ou deux douzaines de vers, pillés d'ici et de là peut-être. C'étaient de vrais fils de la Muse ; c'étaient des hommes de la race de ceux qui forment le premier anneau de la chaîne dont parle Platon.

Hymne à Apollon Déllen.

Thucydide a pu, sans se faire tort auprès des gens de goût, croire à l'authenticité de l'Hymne à Apollon Délien,, et en citer, sous le nom d'Homère, d'assez longs passages. Cet hymne n'est pas trop indigne, par la pensée et par le style, de l'auteur de V Iliade et de V Odyssée. Je n'hésite pourtant pas à nier qu'Homère en soit l'auteur. On y fait paraître Homère, et l'on met l'hymne dans sa bouche; mais c'est par un artifice littéraire du genre de celui d'André Chénier dans sa fameuse élégie. Je l'affirme à cause surtout de l'allocution aux jeunes filles de Délos : « Souvenez-vous de moi dans l'avenir; et, si jamais, abordant en ces lieux, quelque étranger, quelque aventureux voyageur vous demande : « Jeunes filles, «» quel est le plus harmonieux des aèdes qui fréquentent « cette île, celui dont les chants vous charment davantage ? » répondez unanimement ces mots de bienveillance : « C'est H un homme aveugle, qui habite dans la montagneuse Chios;

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