‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 38 sur 137 · I . Hymne à ipoUoti Dclirn, vers < 40 el suivàuU. iiT · texte numérisé non relu

I . Hymne à ipoUoti Dclirn, vers < 40 el suivàuU. iiT

HYMNES HOMÉRIQUES. il3

et la raison principale qui avait décidé Apollon à choisir ce lieu de préférence à tout autre, c'est qu'on n'y entendait jamais le bruit des coursiers ni des chars. Il n'y a rien, dans tout rhymne, qui mérite d*étre particulièrement cité. Ce n'est pas que cette poésie soit sans mérite : le récit est TÎf et intéressant, la composition sage et bien ordonnée, et le style a cet éclat tempéré qui ne fait jamais défaut aux Sommes de quelque talent. Mais l'originalité est absente. Cest ce qu'on appelle un ouvrage estimable. Je me borne donc à en donner l'esquisse en quelques mots.

Apollon descend de l'Olympe, et cherche dans la Grèce me place pour s'y bâtir un temple. Une nymphe de Béotie, Telphuse, lui conseille de s'établir k Crissa, sur le flanc du ' Parnasse. C'était un piège qu'elle lui tendait malicieusement; car elle savait qu'un serpent terrible avait son repaire dans cette contrée, et que le dieu y courrait de grands dangers. Apollon suit le conseil de la nymphe : il bâtit son temple dans la solitaire vallée de Crissa; mais il tue le monstre; et, pour punir la perfidie deTelphuse, il faitdisparaiire la fontaine à laquelle la nymphe présidait, sous un éboulement de rochers. Apollon se transforme en dauphin, et guide vers Crissa un navire monté par des Cretois de Gnosse. Ces Cretois, à l'invitation du dieu, y fixent leur séjour, et deviennent les prêtres et les gardiens du nouveau sanctuaire.

Hymiie à mercure.

L'Hymne à Mercure n'a rien de cette gravité religieuse (|ui distingue les deux hymnes à Apollon. C'est une sorte de conte presque plaisant, écrit à la manière du récit des amours de Mars et Vénus dans VOdyssée. On voit, à l'enjoQeraent du poète, qu'il n'a nullement la prétention de faire le prêtre et l'hiérophante, et qu'il s'agit uniquement pour lai de vers et de poésie. Le Mercure qu'il chante est un aoaveau-né. Mais cet enfant merveilleux quitte son berceau, et s'en va dans la Piérie voler les bœufs d'Apollon. Il les conduit dans une grotte près de Pylos, en dérobant sa «arche par d'adroits stratagèmes; puis, comme un sactiù-

114 CHAPITRE VI. l

cateur coilsommé, il égorge et dépèce deux victîmes, et il % en fait un solennel hommage aux différents dieux. Il atait ^\ rencontré en son chemin une tortue : cette tortue, entre ses nt mains industrieuses , était détenue une lyre. H se sert de v^; Finstrutnent Nouveau pour apaiser Apollon, qui a deviné le v voleur de ses bœufs ; et les deux fils de Jupiter contractent ensemble une étroite intimité. L'hymne, bien qu'un peu long, est agréable à lire; l'esprit y pétille, mais discrètement. C'est de la poésie gracieuse, mais ce n'est guère plus que V Hymne à Apollon Pythim une œuvre de génie. Ces deux morceaux sont à peu près contemporains. La lyre dont il est question dans YHymne à Mercure est un instrument heptacorde. Or, on sait que c'est Terpandre qui compléta la lyre, en ajoutant trois cordes à l'antique luth des aèdes. VHymne à Mercure n'a donc pu être composé que depuis l'invention de Terpandre, c'est-à-dire vers la seconde moitié du septième siècle avant notre ère : or, VHymne à Apollon Pythien l'a été antérieurement h une guerre qui appartient k la première moitié du sixième.

Hyiuiie à 'l^énuM.

UHymtve à Venus contient le récit des amours de la déesse avec le Troyen Anchise. Vénus se montre à Anchîse Sur le mont Ida, sous la forme d'une jeune princesse phrygienne. Mais, à son départ, elle se fait connaître; elle annonce à Anchise qu'il naîtra d'eux un fils; mais elle lui défend de jamais révéler le secret de la mystérieuse naissance de cet enfant, à moins qu'il ne veuille lui-même encourir la vengeance de Jupiter. C'est k quelque homéride qu'il faut attri* buer VH^fmne à VènuSé Tout y a, pou^ ainsi dire, la senteur homérique : le sujet lui-^niême, le ton général du style, le soin que met le poète à né pas s'écarter de la tradition consacrée par Homère. Ainsi, Homère avait dit : « Enée régnera sur les Troyens, et les fils de ses fils, dans les siècles futurs *. » L'auteur de l'hymne dit à son tour : « Tu auras

Page 1