IlkuU, chant XX, vert
HTMNBS HOIffiBIÛOES. 415
Bii fils qui r^nera sur les Troyenâ; et sa postérité ne I éteindra jamais ^. » On conjecture même que ce chant a été composé pour flatter la yanité de quelqu'un de ces princes des contrées Toisines de Tlda, qui se prétendaient les deseendants d'Ënée, et dont les familles subsistaient encore fers répoque de la guerre du Péloponnèse. Mais nul ne pourrait fixer^ à deux siècles près, la date de Y Hymne à Yéwuâ. Ce moreeau, du reste» t&X assex court : c'est une narration rapide et coulante, ïnais qui se distingue plus par Fabsence étout défaut que par de grandes qualités.
De tous les hymnes homériques^ le plus prédieux, sans «mtredit, e*est YHynme à CérèSy retrouvé seulement au siècle dernier par le célèbre philologue Ruhnkehius. Cet hymne est tout à la fois et un monument historique d'une haute im^ porttnce, et un ouvrage fait de main de maître. Nul doute que le poète ne fût un initié des mystères d'Eleusis ; et nous 1 avons là, selon toute probabilité^ la plus ancienne de toutes ^ b productions connues de la muse attique. Légendes, rites, cérémonies, jusqu'au choix de certains noms et de certaines tournures de style, YHymne à Cérès a tous les traits d'un poème athénien. Ce n'est pourtant pas un de ces chants qu'on nommait télètes^ ou chants d'initiation. Le ton en est simple et populaire; c'est aux profanes que s'a* dresse Iç poète, mais dans un dessein religieux : il célèbre la gloire du sanctuaire d'Eleusis; il vante le bonheur des initiés, et dans cette vie et dans l'autre; il cherche évidemment à inspirer aux hommes le respect des sacrés mystères, et le désir d'y participer. L'Hymne- à Cérès n'est donc pas, eomme les autres hymnes, un morceau d'apparat, un simple jea d'esprit, un développement sur un thème mythologique : c'est quelque chose de plus Sérieux ; c'est de la religion, presque du culte, presque de la liturgie.
Voilà ce qui explique que le poète ait quelquefois été si
i.ifxmne à rénus, vers 4»7, 40tt.
ut CHAPITRE Yl. "^
heureusement tnspiré. Sa piélé lui fait atteindre au pathé- ^ tique, comme le patriotisme ionien élevait à la dignité et au '^ ton d'Homère l'auteur de VHymne à ApoUan Délien. Cette '^ Cérès dont il conte les tribulations, c'est une véritable mère. - - Pluton lui a ravi sa fille : elle, inconsolable de cette perte, elle cherche partout, jusqu'à ce qu'enfin elle apprend ce que ^ Proserpine est devenue. Les Ëleusiniens, qui avaient donné l'hospitalité à Gérés sans la connaître, lui élèvent un tem- 'pie, après qu'elle leur a manifesté sa présence. Cependant la Ç déesse fait sentir sa colère aux hommes, en refusant de leur ^^ accorder ses dons accoutumés. Mais Jupiter l'apaise, lui rend sa fille; et, en vertu d*un accommodement qui met d*ac^ cord tout le monde, Proserpine doit passer alternativement les deux tiers de Tannée avec sa mère, et l'autre tiers avec son époux. Cérès, revenue à la joie et au bonheur, enseigne aux Ëleusiniens, en retour de leur hospitalité, les cérémo- ^ nies sacrées de ses mystères. '
Une telle légende était assurément de nature à toucher une âme de croyant. Le poète soufifre delà douleur de Cérès. Voici en quels termes il peint l'entrée de la déesse, déguisée en vieille femme, dans le palais de Céléus : « Cérès, la déesse des saisons et des riches présents, ne veut point s'asseoir sur le siège brillant qu'on lui offre. Elle reste silencieuse, et tient ses beaux yeux baissés. Mais la sage lambé lui apporte un siège de bois, qu'elle recouvre d'une blanche peau de brebis. Cérès s'y assied, et de ses mains elle ramène son voile sur son visage. Longtemps elle resta sur le siège, tout entière à sa douleur, sans prononcer un mot, sans s'adresser à personne ni de la voix ni du geste : elle était là immobile, affligée, oubliant le manger et le boire, et consumée du désir de revoir sa fille*. » L'entrevue de la mère et da la fille, devant le temple d'Eleusis, était un tableau saisissant, tout plein de vivacité et de grâce; mais les traits en ont été en partie effacés par le temps. Sous les mots mutilés qui en restent, on voit pourtant resplendir encore quelque chose de l'antique beauté. Je n'ajoute rien; je me borne
i . iÊjnuu a Cirhy Yen 4 02 et suifAnti.
HTIINES HOMÉRIQUES. ~ POÈMES CYCLIQUES. il 7
à transcrire : « Mercure arrête le char devant le temple odonot de sacrifices, où habitait Cérès à la belle couronne. Dès qu'elle a vu sa fille, elle s* est élancée, comme une méoade à travers la montagne ombragée de forêts. Proserpine, à £00 tour. ... vers sa mère.... elle saute du charnelle court....
La mère mais.... Mon enfant! etc*.» Il est bien regrettable
foe YHymne à Cérès ne nous soit point parvenu complet. U y a d'autres lacunes encore, et de bien plus considérables, dans cet ouvrage, une des plus riches pièces du trésor poéti* que des anciens âges.
■Ijmiie à Baccliv*.
VHtfmne à Bacchus semble avoir été conçu primitivement sor des proportions non moins vastes que tous ceux dont je Tiens de parler. Hais il n'en reste qu'une faible portion, le récit de la captivité du dieu sur un navire monté par des pirates tyrrhéniens, et de la vengeance qu'il avait fait subir à ses ravisseurs. L'hymne se trouve ainsi réduit à la dimension d'un simple proème; mais il n'en a ni la forme ni le toQ : il est impossible d'y voir autre chose qu'un fragment d'une œuvre plus considérable. La perte d'ailleurs n'est pas de nature à nous laisser de bien vifs regrets, je ne dis pas sous le rapport mythologique, mais quant au style et à la poésie, si la pièce entière ne valait pas mieux que l'échantillon.
L'opinion vulgaire attribuait aussi à Homère la plupart des épopées qu'on nommait cycliques, parce qu'elles formaient, avec Y Iliade et VOdyssèe^ un grand cycle, c'est-à-dire un cercle composé d'une suite de poèmes qui tenaient les uns aux autres. Le cycle poétique commençait, suivant quelques-uns, à la naissance du monde, et finissait à la mort d'Ulysse. Mais on donnait plus parlicuUèrement le nom de poèmes cycliques aux épopées dont les événements