Méiaphjrsique y livre I, chap. a
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lA POi^SIK GRBCQUE AVAIVT HOVKRB.
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inmraits. — a.uthes jlxdis rbughiux. -^ aèdbs éfiqou. ^ ttt4-
nia. — FBiMlUS. — péMOPOCUS,
Kn des brmvea ont vécu avant Againemnofi; bien dei fKta ansfii ont chanté avant Homère. Il n'est pas impM*^ àUt dt retrouver quelques traced de cette poésie ; des nomé aioe ont somagé, portés par la renommée aur les ténèbreé
Les premiers poètes, en Grèce, ou, pour me servir du seul M connu d'Homère, les premiers chantres, les premiers lidkf furent des prêtres ; la première forme de la poésie Ait ^ a kjmne, un chant religieux, le ne dis pas qu'on n'eût ja-» ^ Bais chanté avant qu'il y eût des aèdes : lé chant et la mu-^ âfie sont contemporains de la parole même, et de l'etisteoee de l'homme en ce monde. Mais il ne s'agit ici que de ce ^ les anciens nommaient les oeuvres de la Muse ; il ne s'a^ gitque des chants inventés ou tout au moins façonnés par ks aèdes. Durant de longues années, aède et prêtre, c'est leai un ; plus tard, les aèdes eurent leur vie propre : c'étaient des artistes travaillant pour le peuple, des démuf^gès^ suivint la forte expression d'Homère. Us chantaient encore les ditoi, mais ils célébraient surtout les exploité des héros.
lie himmm.
Lés peuples du nord, dans leurs cUmats brumeux, ne connaissent guère le printemps que par sa date astronomiqoe et par les descriptions des poètes. En Grèce, le prin^* tempe est une réalité de chaque année. Mais aussi la saison ^Is terdure et des fleurs y fait place beaucoup trop vite k
10 CBIPITBE IL
celle doB chaleur* brftlanteB. La beaulû de la tumiè ricbes couleurs qui parent la terre comme le ciel, n'&te
11 la mélancolique tristesse dont on se sent pénétré k 1 de ces campagnes desséchées, de ces feuillages défor flétris, de ces fleurs pâles et mortes. Les Grecs re] taient la constellation de Sirius sous la figure d'un ch rieux : c'était l'emblème de l'énergie destructrice di d'été. Ils déploraient, dans des chants plainlifa, la d tion du printemps ; et le Imus était an de ces hym deuil. C'est là du moins ce que pensent certains cri Leur conjecture n'est pas improbable, k en juger pa ractère même de la légende du personnage chanté poètes sous le nom de Unus. Linus était, suivant les i beau jeune homme, de race divine, qui avait vécu pa bergers de l'Argolîde, et qui fut mis en pièces par des sauvages. Suivant les autres , Linus avait été un d< anciens aèdes de la Grèce ; ëIs d'Apollon et d'une i avait excellé dans son art; il avait vaincu Hercule su tbare, et il avait péri k la fleur de l'âge, mortellement par son rival. Il est possible que le fond de ces récits autre chose qu'une complainte sur la mort de la belle Quoiqu'il en soit, l'exclamation /f^^,Liniu.'retentissi vent dans la poésie des vieux siècles. Hésiode dit que aèdes et tous les citharisles gémissent dans les festins les choeurs de danse, et qu'Us appellent Linus au com ment et k la fin de leurs chants. C'est dire qu'ils s'é Al Aiv(, Hélas, Linus! Avec le temps, le mot linus ou qui n'était que la désignation particulière du chant c ou au souvenir du printemps, ou au souvenir du p{ gien, ou à celui du fils d'Uranie, s'étendit indistinc comme nom générique, k tous les chanta tristes. Dis i e'est-k-dire chante l'hymne lugubre, s'écrient à divei prises les vieillards d'Argos, dans cette magnifique tation qui est le premier chœur de VAgamemnon d'E
Le linus semble donc appartenir, au moins dans i ments premiers, aux époques les plus reculées de Li sation grecque et k l'antique religion de la nature, peut dire autant de tous les chants analogues : de ri<
«et
U POeSlE GRECQUE AVANT HOMËRE. il
jKramfltj qui ii*était que le linus lui-même sous un autre woD^ccda scéphruSf dont parle Pausanias, et du chant d'Aims, doDt nous pouvons encore saisir, dans Théocrite, le KBlxrfique caractère. Tous ces chants, où Ton pleurait traitiomeDement le trépas prématuré de quelque adolescent a&m des dieux, ne sont vraisemblablement que le même ^fhe avec des variantes, que la même pensée revêtue du «Ktome de pays ou de temps divers.
ri-
< Théds elle-même ne gémit plus ses lamentations mater-* ides, quand retentit : ié Péan ! ié Péan! > Ces paroles sont leCallimaque. Elles expriment, avec une heureuse vivacité, kseas qu'on attachait à l'exclamation si fréquemment répéta dans les hymnes en l'honneur d'Apollon. Ié Péan! était, |Mr excellence, le cri de la joie. Le passage est d'autant plus pédeux qu'en opposition à ce cri, le poète rappelle, dans le ^ Bot grec que j'ai traduit par lamentations (atXiva), les chants I dedeuil dont nous nous occupions tout à l'heure. Je n'hésite point à compter iê Péan! au même titre (\M'héUts^ Linus! ptrmi les débris ou plutôt les vestiges de la primitive poésie ' • des Grées. Péan (iraiâv, icatcov^ 7rati^o>v, suivant le dialecte), ' e'est le dieu qui guérit ou soulage; c'est le dieu de la lumière et de la vie, autrement dit Phœbus ((pwç^ pto^) ; c'est le loleQ bienfaisant. L'hymne en l'honneur de ce dieu se nommait péan, comme le dieu lui-même. C'était la coutume, en cette saison de l'année où les frimas disparaissent, où la nature se ranime aux feux du soleil, où partout recommence à drcoler la vie avec la lumière, de chanter des péans printaoiers, comme on les appelait, c'est-à-dire des hymnes d'actions de grâces au dieu qui guérissait la nature, engour- 1 die et comme morte durant les mois d'hiver. Voilà le vrai péan, le péan sous sa forme originelle et dans son rapport ) lîee les vieilles traditions mythologiques, celui dont le cri ï i'iéPéanf fut la base, et demeura toujours le refrain, l'in- I <iispensable accompagnement. Mais il faut faire aussi re-
péanS| qui n'avaient de religieux que leur nom* Dan poèmes d'Homère» tout chant d'allëgresae est dit péa non point seulement l'hymne adressé au dieu qui gi Ainsi le pëan qu'entonne Achille après sa victoire sur tor, et qu'il invite ses compagnons à chanter avec lui : « avons gagné une grande gloire ; nous avons tué le divin tor, à qui les Troyens» dans leur ville, adressaient prières comme à un dieu M » Par une extension d'idée moins aisée à concevoir chez une nation belliqueuse, le < de guerre reçut aussi le nom de péan : c'est un péan, vant Eschyle» que chantèrent les Grecs à Salamine, i d'engager le combat.
Ce n'est point par conjecture seulement que j'admi haute antiquité d'une autre sorte de chants, ceux pai quels on solennisaitles fêtes du mariage* Homère, déci les sujets représentés sur le bouclier d'Achille : «Dans des deux villes il y avait, dit-il, des noces et des festini nouvelles mariées sortaient de leur demeure, conduite la ville, à la lumière des flambeaux. Un bruyant hyr retentissait; de jeunes danseurs formaient des rond au milieu d'eux les fl&tes, les phorminx faisaient ent leurs sons. Les femmes s'émerveillaient, debout chacun vant sa porte*. « L'expression d'Homère, un bruyant hy retentissait^ se trouve textuellement reproduite dans un sage analogue de la description du bouclier d'Hercule, buée à Hésiode. Un chant caractérisé de la sorte ne p( être quelque chose de bien compliqué; et je ne crois pa: y ait une excessive témérité à dire que ce qui le com] principalement, c'étaient quelques exclamations répétée fin ; par exemple : ô hyménèe hymen i hymen 6 hymen encore : io hymen ! hyménée io ! io hymen hyminée ! Je ai pas de preuve, mais je suis sûr que Catulle, qui me