‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 52 sur 137 · Batrœhomjromackte, ?ert 478 et tairanU · texte numérisé non relu

Batrœhomjromackte, ?ert 478 et tairanU

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de r&e de Lesbos. Ils montraient à Ântissa un tombeau, renfermant, disaient-ils, ces précieuses reliques du chantre de Thrace; et c'était au culte dont elles étaient l'objet qu'ils attribuaient non - seulement les heureuses facultés dont étaient doués leurs musiciens et leurs poètes, mais même ks charmes incomparables du chant des rossignols qui nidiaient dans les bosquets de la contrée. Cette gracieuse légende avait son fondement, sans nul doute, dans les traditions domestiques de la nation. Les Éoliens de Lesbos étaient venus de l'ancienne Béotie, c'est-à-dire du pays des loses et des aèdes piériens ou thraces. En apportant dans kor nouveau séjour les rudiments de la poésie, ils y avaient apporté aussi le respect de ces noms sacrés qui étaient comme le symbole des premiers efforts du génie poétique et de ses premières merveilles. Il n'est donc pas surprenant qu'Us aient rendu' des honneurs particuliers à la mémoire d'Orphée , et qu'ils aient cru sentir revivre en eux-mêmes Fiaspiration de l'antique aède. Ce n'est toutefois qu'au septième siècle avant notre ère, vers le temps de Callinus et de Tyrtée, que Lesbos commença à faire admirer à la Grèce les c»iTres de la muse éolienne. C'est l'époque où vivait Terpandre , Lesbien d' Antissa , l'inventeur de la lyre à sept cordes , le fondateur du système musical des Grecs, le père de la poésie lyrique. Tout ce qu'on sait de la vie de ce muftiden fameux prouve que ses contemporains le tinrent en haute estime; et son renom ne fit que s'accroître après sa mort. Ses voyages dans la Grèce continentale ne furent que d^ triomphes. Il charma les Lacédémonien's par ses chants. Il l'emporta sur tous ses rivaux, dans les fêtes d'Apollon Camius, la première fois qu'y furent convoqués les aèdes. Dans les luttes musicales de Pytho , il fut quatre fois de suite couronné vainqueur. Il ne reste rien de ses poésies, sinon quelques vagues souvenirs épars çk et là dans les auteurs , quelques rares citations , deux vers entre autres où Terpandre lui-même se fait gloire d'avoir perfectionné le luth d'autrefois : « Pour nous, dédaignant le chant à quatre sons, nous ferons retentir des hymnefi nouveaux sur la phorminx à sept cordes. »

La musique ancienne affectait, comme la moderne, des caractères fort différents, selon la diversité des sentiments qu'il s'agissait de faire naître dans les ftmes. Les Grecs désignaient chacun de ces caractères par dés ^pressions distinctes, entre lesquelles trois surtout sont fameuses, à savoir celles de mode dorien , de mode phrygien et de mode lydien« Le mode dorien , le vrai style national , était le plus sérieux et le plus grave, et, comme dit Aristote, le plus calme et le plus viril. Le mode phrygien^ né dans le culte orgiastiquedesClorybantes, avait quelque chose de violent, de passionné et de criard , propre à l'expression de l'enthousiasme et même du délire. Quant au mode lydien , il avait les notes plus élevées que le dorien et le phrygien, et il allait mieux aux voix féminines ; plus doux et plus faiUe que les deux autres, il admettait aussi une plus grande varriété d'expression , tantôt triste et mélancolique, quelquefois joyeux et plaisant. Aristote, qui a donné, dans sa Politique^ de judicieinc préceptes sur l'emploi de la musique dans l'é* ducation , considère le mode lydien comme particulièrement propre à la cuhure de la première jeunesse* Il ^eat vraisembld^eque c'est par l'intermédiaire des musidens de Lesboe^ et particulièrement de Verpandre , que les modes en usage diez les Phrygiens et les Lydiens s'introduisirent dans la Grèce : du moins leur relation fixe et systématique avec le mode dorien, et les transpositions nécessaires pour les réduire à la iiotation grecque , ne purent être déterminées qu'au temps où la musique grecque , par l'invention de l'heptacorde, sortit de sa longue enfance , et devint pre|Mre à exprimer toutes les nuances du sentiment.

H OBM0 de TerpMMlre.

La forme rhy Mimique des compositions de Terpendre^tait d'une extrême simplicité. Quelquefois même il s'était hcamé à appUquer des récitatifs nouveaux à d'anciennes poésiss, à

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ceitaiBs passages des poèmes d'Homère. Il avait écrit des hymnes y dans le mètre épique , analogues à ceux que nous possédons, et dont Taccompagnement n'était aussi qu'un relatif plus ou moins animé. Mais il ne s'était pas borné à perfectionner la déclamation des aèdes et des rhapsodes. Les airs guerriers que chantaient les Lacédémoniens , ces Mraes qu*iis tenaient pour la plupart de Terpandre, dénient être autre chose que des chants épiques. Les noms Smihien et de trochalque^ sous lesquels sont mentionnés ietx de ces nomes , suffiraient à prouver que Terpandre l'était servi de quelques-uns des mètres inventés de son temps, n y a d'ailleurs un fragment de Terpandre uniquement spondaïque , et non moins grave par le ton du style que par la forme de la versification : « Jupiter, principe de Mes choses , toi qui gouvernes tout; Jupiter, je f adresse ee commencement de mes hymnes. >» Quelques-uns de ces bpmes, de ces chants si divers , dont Terpandre avait fait \k paroles et la musique, offraient probablement des combbaisons de mètres variés, unis dans des proportions barmenieuBes , et se formant déjà en assemblages réguliers, en strophes , comme on les appelle , qui répondaient, par leur étendue , aux exigences de la conception musicale.

La plupart des musiciens grecs ou étrangers qui recueilfirent l'héritage de Terpandre semblent n'avoir été pendant assez longtemps que des compositeurs de nomes , des inlenteurs de mélodies, ou même de simples instrumentistes. Aucun d'eux n'est cité à titre de poète par les auteurs anciens, ni le deuxième Olympus, ni Thalétas, ni Cléonas de lièbes , ni Xénodamus de €ythère , ni tant d'autres dont les noms seuls sont connus. Quant k l'école de Lesbos, elle rentra pour quelques années dans l'obscurité d'où Ter-> pandre l'avait tirée; mais le travail poétique et musical fut loin de s'interrompre autour du saint monument d'Antissa ; le feu sacré fut soigneusement entretenu dans File entière ; et, vers la fin du septième siècle , le génie lesbien recommença à

luire de tout son éclat. Alcée et Sappho étaient tous les deu nés à Mitylène , dans File de Lesbos.

Alcée appartenait à une noble famille, et sa vie fut mêlé aux événements politiques qui changèrent plusieurs fois e peu d'années le sort de Mitylène. En 612, il combattait dans la Troade, contre les Athéniens qui s'étaient emparé de la ville de Sigée. A la même époque , ses deux frères Antiménidas et Cicis , conjurés avec Pittacus, tuaient le ty ran Mélanchrus à Mitylène. Mais d'autres tyrans naquiren bientôt du sang de Mélanchrus; et le parti aristocratique loin de ressaisir ses privilèges , ne fit qu'encourir la ven geance de ses adversaires. Beaucoup furent bannis, et parmi eux^ Alcée et son frère Antiménidas. Celui-ci ail offrir ses services au roi de Babylone , et suivit les armée de Nabuchodonosor dans la guerre contre le roi d'Ëgypt Nécho. Alcée courut longtemps aussi par le monde, ou seul ou en compagnie de son frère : il traversa la mer dans plu sieurs directions, et il poussa jusqu'en Egypte ses pérégri nations aventureuses. Plus tard, Alcée et Antiménidas repa laissent dans Vile de Lesbos , à la tête des bannis , pou rentrer à Mitylène les armes à la main. Us échouèrent dan leur entreprise. Pittacus avait été mis à la tête du gouvei nement, sous le titre i'Èsymnète^ ou de distributeur de I justice. Il repoussa énergiquement les attaques des bannis mais, en même temps , il préparait les voies à un accommo dément honorable. A la fin, les bannis se réconcilièrent ave leurs concitoyens , et abdiquèrent de hautaines prétentions en se soumettant à la loi commune. Alcée lui-même , qi s'était montré le plus violent détracteur de Pittacus, ne fi point excepté de l'amnistie générale : il put se reposer enfi des longues agitations de sa vie errante, et mourir dans ceti patrie qu'il avait désespéré de revoir.

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odes p«llllqaea d'AJcée.

Alcée, homme d'action et homme de parti, se servit de la poésie comme d'une arme contre ses ennemis politiques; et ^u d*une fois ses vers menaçants les firent trembler. Mais il faut bien dire que le poète ne consultait guère que sa passion. C'est donc la verve, Tenthousiasme, c'est la vivacité des expressions et la frappante originalité des images, ^ les anciens admiraient dans ses satires, comme dans cdl^ d'Archiloque, bien plus qu'un profond bon sens et une parfaite raison. Je ne prétends pas que ces qualités aient fait défaut au poète lesbien ; je remarque seulement qu'hommes et choses, il voyait tout avec ses préjugés de caste. Le renversement de l'aristocratie était pour Alcée le renversement de tout ordre et de tout droit dans le monde. Je veux bien croire que tout n'était pas pour le mieux dans Mitylène, quand les chefs des factions démagogiques cherchaient par tous les moyens à se supplanter les uns les antres, et même quand Myrsilus eut triomphé de ses compétiteurs. La belle ode qu*Horace a imitée S dans laquelle Alcée comparait la cité à un navire battu par la tempête, .devait être un tableau vrai du désordre et des troubles fomentés par les ambitieux. Mais Myrsilus, tout scélérat qu'il pût être, ne méritait probablement pas que sa mort fût chantée sur le ton qu'annonçait un début comme celuici : « C'est maintenant qu'il faut s'enivrer; c'est maintenant qu'il faut se forcer de boire, car Myrsilus est mort. » L'ode n'existe plus, et Horace même, qui s'en est inspiré dans un de ses plus beaux chants ', n'en a pris que le mètre, le mouvement et quelques mots ; mais il n'est pas difficile de deviner qu'Âlcée avait dépassé, dans ses invectives contre Myrsilus, les bornes d'une juste colère. Je ne décide point si le poète, en attaquant d'autres déma-

1. O navis, réfèrent in mare.... Ce qui resle dei Ter» de Tode d* Alcée iemble proQTer qu'il aTait denné plus de développement qu'Horace aux détailf de la descripUon du naTire en détresse.

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