‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 63 sur 137 · THÉOLOGIENS ET PHILOSOPHES POËTES · texte numérisé non relu

THÉOLOGIENS ET PHILOSOPHES POËTES

m6me n'eût guère désavoué, dans l'allégorie du début, que la concision un peu obscure de quelques phrases et la physionomie un peu sévère de Tensen^ble.

c Les coursiers qui m'entraînent m'ont amené aussi loin que me portait mon ardeur ; car ils m'ont fait monter sur la route glorieuse de la divinité, sur cette route qui introduit le mortel savant au sein de tous les secrets. C'était là que j'allais, c'était là que mes habiles coursiers entraînaient -mon char. Des jeunes filles dirigeaient notre course, les filles du soleil, qui avaient quitté les demeures de la nuit pour celles de la lumière, et qui, de leurs mains, avaient rejeté les voiles de dessus leurs tempes. L'essieu brûlant dans les moyeux faisait entendre un sifflement; car il était pressé des deux côtés par le mouvement circulaire des roues, quand les. coursiers redoublaient de vitesse. C'était au lieu où. sont. les portes des chemins de la nuit et du jour....; c'est l'austère Justice qui en tient les clefs. Les vierges, s'adressant à elle avec des paroles douces, lui persuadèrent adroitement d'enlever pour elles à l'instant les verrous des portes; et les battants s'ouvrirent au large, en faisant rouler dans leurs écrous les gonds d'airain fixés au bois de la - porte, par des barres et des chevilles : soudain, par cette omrerture, les vierges lancèrent à l'aise le char elles coursiers.

« La déesse m'accueillit favorablement; et, méprenant la .main droite, elle me parla ainsi : « Jeune homme, toi « que guident des conductrices immortelles,.... réjouis-toi ; « car ce n'est pas un destin funeste qui t'a poussé sur ce « chemin , bien en dehors de la route battue : c'est la Loi « suprême et la justice. Il faut que tu connaisses tout, et « les entrailles incorruptibles de la vérité persuasive , et les « opinions des mortels, qui ne renferment pas la vraie con- « yiction mais l'erreur; et tu apprendras comment, en pé- -< nétrant toutes choses, tu devras juger de tout d'une ma- « nière sensée. »

On voit que Parménide , quand il composa son poème , n'était pas fort avancé en âge, puisqu'il se fait donner le titre déjeune homme. En tout cas, c'était longtemps avant

1» cBtf nsB xnr.

M ▼(VfsgB df Athènes qui afimmî i Plaion roscM» dntfii- BMS& dialogae : Pannéiiid6> à Uépoqne ob il viol ai Atirque, c'est-à-dire en IM}yWmt déjà mMBanta^iaq «Mi

Enpâiosle d'Agrigente n'était pas ee km doni pute H»nes^ qui s'était précipité dans le cratère de l'Etna, afiikde IMsser paar ua dieu. S'il périt védtablement dan^las finvnûen de ki> montagne, ee n'est pas une miniW c!est b désir de amndtre et de s'instmre <pi l'avait dÉHl an berd. du gouffre béant U essayait d'examinar de pfèi Télrange et redautable phénomèass, qni ne dMailVin Sisile, qae de quelqoes années, conune Pline le natunfole dbfaîtplus tard sacrifier sa vie, quand teVësn^e, aptes des sièdea de repos> redevint ua. volcan et détruisit d!ua saul OBup iBoia au quatre viUss.^

Einpédofile'étaiVsana eanloedit^ le premier savait da son aièclsL II L'empertait sur Pinménide, dont U fut pen^^tnale disciple^ par retendue de ses connaiasances , aurtoatdns rordos des ckoees {^siques* C'est lui qui avait tronaé las mejena d'assainir les marais de SëUnonta, cooinie llaHsiBtenlencoi» aqourd'hui de magnifiques médâUes. Brantres services, d'un genre analogue, rendus à d'autres villes^. snfiaaatpour eipliqner la lunste estime ah le tenaisBl aes sonotoyens^ et comment les. Dorions de la Sicile Toyaîaat en laîiim pefsonnaige dmida^ fiuaiUéaaadiiMBaânaetdaéoBs prc^ëtàquea. U a oélëliré linnaiâme , «n vers pompemt, les isiomplittide aeagàiia : « Salut à voua, mes amis., qui habites la bout de laviUa immense» sur les riveadnéss de EAosagaa, livrés aua nobles et utiles trasaua. la snift ponr vmis un dieu imnuuDtel^ non.» je ne suis piua niottel3,.]ors- ^M^je m'avance aumiliea d'uni versdles acdiaoBa lia— » en» lifiDttné de bendèl^tea comme îl con/vient, ooaveKt.deeoiironnes et de fleurs. Aussitôt que j'approcba de wa eîtës fleriessn tog » hommes et femayts vienoentme saluer h Uenvi : oanif-ci me demandent la noute qui conduii. i la foBftmiav •là^la xévélatiott de L'avenir; les autres uCiaMtngfBi

THÉOLOGIENS ET MILOSOFHES POËTES. Sll

s« ki maladies de toat genre ;tott&TînftD6nt;recuiîUîriiiii MSBke înftilUftlaB;-»

Lft piâloflophie dfEmpëdocle était teate myatkiue et enihoaaîaate: il admettait la métempsjeoBe;^ il regardait rkomme œmme tme di?imté déchue, coadamiiée, poar qeelqpie méfieût eemmit durant aa vie antérteore, h demean fer loia dfli aéjoiiv dee immortels , juaqu'as aiementoii rex* jiatàou aeraîi aceoaroUe. Il se rapprodie, sur beauceup^ de peints in^iortaittSy des doctrines deParménidè et de Xéne« pkaœ. Uiaflnenee des deox philosophes ioniens est mam«* feste, non-seulement dans les idées du philosophe dorien'» dttis la. iorme^ sens laquelle il a prééenté' son système, Venploi de la langue et. du mètre épiques, et jusque danele choix da titre de son grand eufrage. Le poème pài^ losaphique d'Empédode était aussi un ne^ féeniK» un traité

B reste des ters assez nombreux cités par les aneiens sous Immam d'Empédocks. Ceux que j'ai tmnscrits plus haut eont à; peu près les seuls qui puîsseont eenserrer dems une tra^ dbelien qudqae chose de leur mérite; Kes fOxPees sont presque tous du genre didactique. Le style eoc est nerveux , animé, riciie en métafAores; mais des obsearités souvent isapénétrables ôbnit à ces préeienx débris une grande part de leur intérêt littéraire , et rrii>utent à ehaque pas le lec^ tsar. Si neus étions moins ignorants , ou si nous po^édioas fudque long morceau du tctpV fuacoK,. peat-élre acquieseen rians-fMAs au jugement de qui^uee aneiens, qui oHnpa^ laîwr Ebi|iédode poète b Homère; et pent^Un prodame^ rfiRBs-noas, sfec Laerèce, que la Siaile n?a> jamais- ma pwdMit ifégal au philosophe d'Agrigente.

OntaiBike éeoiedepUIosophes, (ondée à Grote«vqael(|ue lampe «fai^ que làiopbane établit la sienne à £lée, l^éook e^pkilStlsssete pythagoricienne, ne méprisait; pas non plue latente des. Hiises. Il est douteux que Pythagove ki-mêiBe ai»î«mai#riea éerii. GemmeThalès«rant^kû, oeasmata^^

lui Socrate, il se contentait de communiquer aux autres, par un enseignement oral, les vérités auxquelles il avait foi. Mais. ses disciples écrivirent pour lui; quelques-uns même publièreot sous son nom leurs propres ouvrages. Rien ne se prêtait mieux à revêtir les couleurs de la poésie que les nobles doctrines morales prêchées dans la Grande^Grèce par le réformateur samien. Ses rêveries même sur la nature de l'ftme et sur ses destinées, et cette théorie des nombres qui faisait de l'univers une grande harmonie, étaient aussi de riches matières sur quoi pouvait s'exercer le talent des poètes.

Quand l'association pythagoricienne, qui s'était peu à peu étendue par toute l'Italie méridionale, eut encouru la haine des soupçonneux tyrans de la contrée, et qu'elle fut dissoute par la violence, ceux des adhérents qui avaient échappé à la mort portèrent dans la Grèce proprement dite les doctrines de leur maître. Une étroite afBnité les unit bientôt aux théologiens orphiques , avec lesquels on les trouve confondus, pendant tout le cinquième siècle, et avant que le système des nombres revécût chez les pythagoriciens spéculatifs de l'Académie.

Il est possible que le petit poëme intitulé Vers dorés ^ qui nous est parvenu sous le nom de Pythagore , ait été composé par quelqu'un de ces mêmes poètes qui nous ont4aissé les plus beaux hymnes orphiques. Cet abrégé de morale n'est pas moins excellent par le style que par les idées. Toutes les qualités que comporte ce genre sévère, et même une sorte de vivacité gracieuse, distinguent éminemment les Vers dorés entre toutes les compositions analogues. C'est un vrai poète qui a fait ces vers ; c'est surtout un homme de bien , sentant ce qu'il dit, et dont les leçons ont un pénétrant parfum d'honnêteté naïve et sérieuse. Ce n'est pas un faussaire des bas siècles , qui eût écrit ce passage d'une simplicité et d'une beauté vraiment antiques : c N'accueille pas le sommeil sur tes yeux appesantis, avant d'avoir examiné par trois fois chacun des actes de ta journée. Par où ai-je péché? qu'ai-je fait ? quel devoir ai-je négligé d'accomplir ? Reprends ainsi tous tes actes l'un après l'autre; puis, si tu as fait quelque

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