THÉOLOGIENS ET PHILOSOPHES POÈTES
chose de honteux, gourmande-toi toi-même; si quelque chose de bon, réjouis- toi. Tels doivent être tes efforts, telle doit être ton étude ; voilà ce qu'il te faut aimer, voilà ce qui te mettra sur les traces de la vertu divine : oui, j'en jure par celai qui a doué notre flme du principe de justice; j'en jure par la source de rétemelle nature ! »
PREMIËEES COHPOSITIONS EN PROSE.
POUR OUBLIE RAISON LES GRECS ONT ÂCRIT SI TARD EN PROSE. — LÂOIS- LATBUR8. — ZALEUCUS. — PBÉRéCTDE DE SCTROS. — ANAXIMANDRB ET ANAZIMÈNB. — HERACLITE. — ANAXAGORB. — AUTRES PHILOSOPHES. — L060GRAPHES. — CADMUS DE MILBT ET ACUSILAÛS. — HÉCATÉE DE MILBT. — PHÉRÂCTDB DE LÂROS, CBARON ET HELLANICUS.
P«ar %nelle r»UMiB le0 «rectf ont écrl* mï imrû em prtêe.
Une chose qui semble fort extraordinaire au premier abord, c*est le peu d'usage que les Grecs ont fait de la prose, jusque vers le commencement du cinquième siècle avant notre ère. Durant les périodes les plus florissantes de leur poésie, ils n'éiï^ivaient , dans la langue parlée , que ce qui n'eût pas souffert aisément les lois du rhythme et de la prosodie. Mais la poésie suffisait à tous les besoins. C'est elle qui conservait, en les embellissant, les traditions de la gloire nationale; c'est elle qui gravait dans les ftmes les prescriptions de la règle des mœurs , et qui montrait, comme dit Horace, la route de la vie; c'est elle qui transmettait de génération en génération les secrets des arts et de la science, les découvertes de l'expérience ou de hasards heureux. Les oracles s'exprimaient en vers; les prêtres étaient des poètes, et les législateurs eux-mêmes essayèrent quelquefois de donner la forme poétique à leurs constitutions et à leurs codes. Quelques inscriptions, des textes de traité de paix, des décrets politiques, des articles de loi, tels sont, peu s'en faut, les seuls monuments de la prose grecque , du neuvième au
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n' est probable toutefois que si noua possédions rœQfitt entier de quelqu'un des législateurs de la haute antiquité ^ nous aurions à citer plus d'une page de prose, digne, et par l'éiéyâtion des pensées , et par la mftle noblesse du style , de figurer à côté des productions les plus admirées de l'antique poésie. Ces législateurs ne ser Bornatent pas à régler les institutions politiques et eivilea,* et à fixer des- peines pour les délits et les crimes. On n'avait point encore fait le départ de ce cpii est d'équité pure on de droit éevii, de ce qur appartient & la eonsdenee on de oef qui est du domaine de la loi : les pensées du citoyen reasortissaient^ comme ses actes, au gouvernement de L'État Le légidateur était ^ <^&Qt^ tout ^ un moraliste et un sage , un interprèle de la raison divine : il domrnt des précepte? aux horameff, es même temps qu'il leur imposait des décrets. Quelques-uns se prétendaient même, témoin Lycurgue, des délégués directs de la. divinité. Les paroles qui tombaient de cette hauteur ne pouvaient manquer d'avoir cette sérénité majestueuse, cette sobre élé* gance, cette force et cette précision, sans lesquelles une leçtm de morale, même excelleiâe en soi, court. la chance de ne point pénétrer dans les ftmes.
f es juge ainsLnompas aeulement furde piaufiUtseon^ joBteiec, mais d'apiè» ee que l'on conte delaleacos*, légâh laleos de» Loeriens Êpizéjài^nensw Zalaucua ,, dont DîodtBB dsSkilakfiiittta: disciple de Pytbagove,n-eQt, pas plUrfODe Noua, dfti relation, svee le philosophe de Samoa : il est. ai»térioac àPythagc^e (iepluaiBafS g&iérstionB,^ tf il viveît^aas Ifcpremièm nroîtié du sqitièmg eiàde> Or, dè8»cetempa,.im koBiaie au moina mrfiitele sont de prosateur; et eet benuae, cSèat ZaleacBS. En voici^ la piewe, finiraio par IKodoK: « Zaleacw, dit: ThiaiDneii, éleldit, an commencMnegtdtt
PREMIÈRES CÛMFOSTFIOHS EN PROSE. t3t
yriaoïlwilp de aes ImB, que les eito^om domnt ètne ùom^ taî]iciKd*lid)oiid qaTUi existe des dieia; qa!il suffit d'obteiver Fordie et Tharmonie de l'univers, peus se persuader ^piaee ii*C8t point Fœuvre du basard ni des hemmes^ M £aiiUiy aelen U, ^énénr les dieux. comme les aulewrs de ton» les biene dant ka mortds jouissent pendant leur TÎe. B faut amsi a?oir rame pure de tout vice, car les dieux ne se réjouissent pas des sacrifices somptueux des méchants , mais des actions justes et honnêtes des hommes vertueux. Après avoir exhorté ses concitoyens à la pratique de la piété et de la justice, il leur défend de jamais entretenir des haines implacaUeSy H il ordanne qu'on traite son euaemi eommesiroB dewt passer envers lui du ressentiment à. Tamitié : le eoDtemunant devait être conûdéré comme un homme sauvagi â^sana culture. Le législateur invitait les magistrats àn'étra nlabacdua.ni. arrogants» et à nese laisser guider dans leva jugonents ni par la haine ni par l'afieetion. Enfin , dm^ cuae des lois de Zaleucus renferme beaucoup de dispositiaBa pacfaitexnent sagosv »
Stabéa donne aussi le préambulla de Zaleucus ^ mais «vas qod^ues variantes, au reste peu considérables. Ces variâmes tienneni à ce qne Stobée cite textuellement, ou du moins en sifla £rect, les prescriptions de Zaleucus » timdis que INodore en fait seulement 1* analyse. Mais je dois dire que certains critiques contestent, pour des raisons plus ou moins spécieuses, l'existence même de Zaleucus, et, par conséfWBt, Tauthenticité et l'antiquité da oode des laîa qaa lui attrSiaaientles Locciens Êpizépbjriens.
%tm fu'H aa soit, le premier livra en pocosa greeqw ént il aans sairtaqndfHes fin^pneats fut écrit fat Phérécydada Sqma> camempontn des sept sagas. C'est cafte Tbéoçmm ittkk y m dit an mot k propos éa théologîsBa orplûflpMa. Maîa. k peûia pdû-on compter Bbétéayde au nambnadas jamaÊBmn^ Il a le ton inspi^ d!un poète; il paaie la laa- A^loMèi»; ai Tan éîaaii fua las " ^
8ont tentés à chaque instant de se construire en hexamètres. Par les idées, il appartient à l'école orphique : il ne lui a manqué que le rhythme épique , pour être classé parmi les héritiers directs des aèdes religieux. Voici comment débutait son ouvrage : « Zeus et Cronos et Ghthonia existaient de toute éternité. Ghthonia fut appelée la Terre, depuis que Zeus Teut dotée d'honneur. »
AnaxlnuiBdire ei Aiiaxlmène.
Thaïes de Milet, fondateur de Técole ionienne, n* avait rien écrit. Anaximandre son disciple , Milésien comme lui, composa, vers Tan 550, un petit traité en prose, cité sous le titre de irepl f uaea^, de la Nature. Autant qu'on en peut juger par de rares et courts fragments , le style de ce livre était d'une concision extrême; et la langue, analogue à celle de Phérécyde , était d'un poète plus encore que d'un prosateur. Anaximène , autre Milésien , philosophe de la même école , lequel florissait au temps des guerres Hédiques , donna à la prose un caractère plus sévère : il écrivit dans le simple dialecte ionien , et il se garda des expressions poétiques et des tours que n'admettait pas le langage parlé. Son livre , dont il reste fort peu de chose, était aussi un traité de la Natvjrt.
HéracUle.
C'est encore sous le titre de irepl <pu(r£(i>ç qu'on cite l'ouvrage dont Heraclite d'Éphèse était si fier, et qu'il avait dédié à la déesse protectrice de sa ville natale , à la puissante Artémis ou Diane, seule capable sans doute d'apprécier un tel présent. Cet ennemi de toutes les opinions reçues , ce contradicteur de tous les systèmes , ce sceptique plein de mélancolie , était à peu près contemporain d' Anaximène ; mais ce n'est point Anaximène qu'il prit pour modèle dans son style : comme à Phérécyde, comme à Anaximandre, il ne lui manque que le métré poétique ; et il y a plus d'un poêmB où l'on cherdierait en vain celte vivacité d'allure et cette hardiesse d'expressions , qui distinguent éminemment tout ce