‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 80 sur 137 · Euripide, le Cjrelope, itn 314 et iniTants · texte numérisé non relu

Euripide, le Cjrelope, itn 314 et iniTants

Ulysse gourmande leur lâche quant Tintërét de leur peau; ils d*Orphëe, qui suffira d'ailleurs à le tison en branle. Ulysse les quitti Alors ils retrouvent toute la brara encouragent, par de vives exhorta eux la besogne. Ils s'amusent ensi ils tirent bon parti de réquivoqu« nom de Personne fournit une scèn que complète le tableau des tfttonn ses fureurs impuissantes.

Je ne prétends pas mettre cette rang des chefs-d'œuvre. Mais la ma les caractères nettement esquissés train. C'est une lecture fort agréai de ces efforts auxquels nous somc damner pour pénétrer le sens des souvent impénétrable à notre ignon fait de la comédie; c'est encore moi les noms des personnages : c^est un ni sans mérite ni sans charme.

Revenons aux tragédies.

fants soient amplanent compenséa par des qualités admirables. Je convieDS donc qu'Euripide a eu tort de sacrifier quelquefois l'unité d'action au désir d'entasser les incidents et les catastrophes ; que la gradation des scènes n'est pas toujours fort sensée, et qu'il compte trop, pour eiciteron ranimer l'inlérât, sur les coups de théâtre et les péripéties imprévues. Je lui reprocherai aussi d'avoir beaucoup trop souvent éludé, par des moyens vulgaires, les capitales difficultés de l'art. Il est par trop commode d'envoyer, au début d'une tragédie, quelque dieu ou quelque héros, qui nous dit son nom, qui nous conte pourquoi il est venu, et quel est le lieu où il nous apparaît , et ce qui s'y est déjà passé et ce qni s'y passe maintenant, et même ce qui va s'y passer tout i l'heure; une maniëre de cicérone enfin, dont le discours officieux nous introduit dans l'action de la pièce et tient k peu près lieu d'exposition. Il n'est pas moins commode, quand on ne sait comment dénouer une action, ou quand on ne s'en veut pas donner la peine, d'appeler un dieu à son aide, et de le faire descendre de la machine, pour donner aux choses une tournure satisfaisante. Horace dit avec raison que la divinité ne doit intervenir dans la tragédie , qu« si le nœud est vraiment digne d'être dénoué par un dieu. Le PhUoctèle de Sophocle était peut-être présent & l'esprit d'Horace, au moment où il rédigeait cette règle de bon sens. Hercule y apparaît parce qu'il y doit apparaître, et parée que nos vœux l'y appellent. Mais plusieurs des dieux d'Euripide ne viennent que parce que le poëte a besoin d'eux. Je regrette aussi qu'Euripide semble s'élre défié de son génie lyrique. Le chœur, dans ses tragédies , est réduit à des proportions trop exiguës : il figure, si j'ose dire, pour la forme; il n'est point véritablement personnage, et il n'a guère qu'un rapport indirect avec l'action.

Il faut donc bien convenir, avec Aristote, qu'Euripide n'est pas toujours heureux dans la conduite de ses pièces, et que Sophocle avait mieux entendu que lui l'art de corn- Ittner le drame avec les chants du chœur. Mais il m'est impossible de m'associer entièrement & d'autres reproches que eaïuina nodemes lui adressent. S'il était vrai qu'Euripide

de réhabiliter sa vertu. Cela ne justii fait une assez mauvaise pièce ; mais c d*oser beaucoup, même contre les tn sacrées. Je crois bien que la mythok pide qu*une matière poétique , et qu' ment avec elle, surtout parce que n'avaient ni sa foi , ni môme son res( est coupable pour s*étre fait une trop nité, pour en avoir conçu Tunité, la i toute-puissance, nous devons applaudii des citoyens qui ont accusé Socrate, e des juges qui lui ont fait boire la cig tout progrès moral , et condamner toi nous-mêmes ce que nous sommes.

Quant à Tidée du destin, qu'Euri selon les mêmes critiques, je dirai è est loin d*être toute Tftme de la traj U y a quelque chose de bien plus hu à côté d'elle, et qui sert à en corr talité fait le coupable involontaire; m à son tour, et même victorieusemei Oreste parricide, OEdipe oarrirJHi» -*♦

la source des maux où s'abîment le bonheur et la vertu des mortels.

On dit qu'Euripide avait été marié deux fois , et que ces deux unions n'avaient pas été fort heureuses. De là, à en croire quelques-uns, la mauvaise opinion que le poète s'était faite de l'autre sexe, et qu'il a si souvent exprimée dans ses rers. On le caractérisait même par le surnom de misogyne, :'est-à-dire, ennemi des femmes. Il est vrai qu'on trouve en plus d'un endroit de ses poèmes des mots que les femmes n'ont pas pu prendre pour des compliments; mais il s'agit le savoir si les personnages qui les prononcent parlent selon leur caractère , ou si le poète perce à travers le masque de ses personnages. Il était bien difficile d'éviter de pareils traits lans des rôles que passionnent et bouleversent les désespoirs le l'amour. Eschyle lui-même, qui n'a jamais peint des tiéros amoureux, pourrait en fournir de semblables, et même de plus violents, particulièrement dans le rôled'Étéocle des Sept contre Thèbes. D'ailleurs Euripide a donné, ce semble , un éclatant démenti à sa réputation , en créant ces pures et touchantes figures de jeunes filles qui se résident à la mort, Iphigénie, Polyxène, Macarie; d'épouses dévouées jusqu'au sacrifice de leur vie, Ëvadné et surtout Alceste ; en traçant enfin , dans Oreste^ le tableau de la tendresse presque maternelle d'Electre pour son frère.

Quoique Euripide ait abusé trop souvent des apophthegmes et des sentences morales; quoique ses héros aient l'air quel« quefois de sortir, tout frais émoulus , des leçons d'Anaxagore ou des spirituelles causeries de Socrate, on peut dire , en général, que cette altération des caractères antiques était dans le droit d'Euripide, tout autant que celles dont ne s'était fait faute, dans l'intérêt de leurs compositions, aucun de ses devanciers, ni Sophocle, ni même Eschyle. Euripide n'est blâmable que pour les avoir rajeunis et civilisés à l'excès, non pas tous encore, mais un trop grand nombre, k commencer par Hippolyte et Achille. Que si ses héros prononcent quelquefois des paroles malsonnantes, faut-il mettre sur son compte tout ce que leur fait débiter la passion ou la colère, et lui intenter un proefcft, coinvov^ ^

lioriat a la nn la peine ae ses m de le peindre même vicieux et »

bouche des discours blasphémai médiocrement Euripide d'avoir que Cait de lui Quintilien, qu'il celui dont l'étude est le plus ut Ses personnages discutent et ai oublient, dams le plaisir d'étaler pour autre chose que pour une esi

Quintilien corrige, il est vrai, avoir de fâcheux pour Euripide, et magnifiques qualités par lesqu c6té et non pas au-dessous de S( est admirable dans l'expression l'ftme, de celles particulièrement ( il est sans rival. » Oui , quand méi défauts encore que la loupe des c et que leur imagination n'en a inv rait pas moins au rang que lui a siècles. C'est le peintï** é*^ —

ivresses de bonheur suivies du repentir et du désespoir, et, comme dit Longin , TeiOfrayante image de la raison abattue et détruite par le malheur. Ne le comparons point à Sophocle, encore moins à Eschyle; ne Feslimons qu*en lui-môme. £schyle ni Sophocle n*ont jamais retracé les douloureuses dévastations du cœur, qui sont le thème le plus ordinaire des compositions d*£uripide. Confessons qu*£uripide u*&ni l'enthousiasme profond d*£schyle, ni la sereine majesté de Sophocle, et qu*il leur est inférieur à tous deux par les {dus nobles côtés de Tart; mais revendiquons pour lui l'honneur d'avoir montré l'homme à lui-même , et d'avoir excellé à peindre des tableaux merveilleux de vérité et de pathétique, dans une manière que personne avant lui n'avait soupçonnée, dont nul après lui, chez les anciens, n'a retrouvé le secret. Aristote , qui lui adresse tant de reproches plus ou moins fondés , n'a pourtant pas essayé de nier la puissance de son génie : il n'hésite pas à proclamer Euripide le plus tragique des poètes. C'est là le jugement le plus exact et le plus sensé qu'on ait jamais porté sur Euripide; c'est celui auquel je me tiens, et dont je voudrais réussir à metttre les éléments en lumière.

Peu nous importe que le grand poète, se défiant trop de la puissance des paroles, ait recouru de temps en temps au costumier du théâtre de Bacchus, pour faire entrer par les yeux la pitié dans les âmes. Ces rois qu'il faisait paraître en haillons, et qui tendaient la main comme des mendiants, n'étaient nullement des gueux sans vergogne, quoi qu'en aient dit les comiques, et ils s'exprimaient dans un langage décent et digne. C'est k une des pièces d'Euripide, aujourd'hui perdue, que songeait Horace, et à quelques-uns de ces rftles tant honnis par Aristophane , quand il écrivait : « Télèphe et Pelée, tous deux pauvres et exilés, rejettent bien loin les phrases ampoulées et les mots longs d'une aune, s'ils veulent toucher parleurs plaintes ^s» Je conçois que des héros travestis de la sorte aient scandalisé les vieux Athéniens ,^ les restes héroïques des combats de Marathon et de

Page 1