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CHAPITRE XI

LE DIX-SEI'TIÉME SIÈCLE

Decadence des leltres italiennes. — Progrès des sciences. — L'éloquence. — La critique. — L’histoire : Sarpi. — Davila, — lientivoglfo. — La poésie: Marini et l’école du faux lirillant. — Chiahrcra et l’école piiidarique. — Testi, Meiixini, Guidi. — Kilicaja. — Redi.

— La satire : Menxini. — Salvator Rosa.— L’épopée lié roi-comique.

— La Seccliia rapita de Tassoni. — L’OIijmpe Lnfoué ie Rracciolini.

— La comédie : fluonarroti le jeune. — Errieo. — Porta. — Iæ tragédie. — Le drame pastoral. — Influence française.

La ilécadünce ilnlie.iiie, si sensible depuis la malheureuse époque où le Tasse n’obtenait pour récompense de ses beaux vers et de ses poétiques éloges que le dédain et la captivité, se continue pendant tout le dix-septième siècle, et ne s’arrête, dans le dix-huitième, qu’au moment où paraît Métastase, pour consoler les Italiens de ce triste et profond abaissement. Dans cette période de cent cinquante années (1580-1730), l’Italie, après une maturité peut-être trop précoce, est en proie à une maladie de langueur qui pouvait devenir mortelle, à l’heure même où s’épanouit le génie des autres peuples, jusqu’alors arriérés. Tous les lettrés de ce siècle étaient nés au sein d’un repos énervant que troublaient à peine les vaines querelles des académies ; l’ombrageux despotisme des princes veillait à ce qu’aucun orage ne vînt

DlX-SEPTlÉME SIÈCLE.

tirer de leur torpeur les esprits engourdis. U n’y a plus de guerres, dans la Péninsule, qu’entre les étrangers qui s’en disputent le sol, et rien n’ébranle l’abrutissante domination de l’Espagne, aussi solidement établie dans les plaines lombardes qu’au pays napolitain. Les tyranneaux de l’Italie admirent et imitent le successeur de Charles-Quint, qui ruine ses peuples sans qu’ils osent se plaindre, et qui fait de l’inquisition la loi do l’État. Le Saint-Siège, encore irrité d’avoir perdu par la Réforme presque une moitié de l’Europe, prodigue à ce Castillan vengeur les bénédictions apostoliques, de la même main qui faisait monter sur le bûcher Carnesecchi, Giordano Bruno, et qui signait la condamnation tantôt de Galilée, tantôt de Pascal. Tandis que disparaissaient les cours lettrées de Ferrare et d’Urbin, celle de Florence ne se soutient qu’à force de soumission envers Rome et l’Espagne : Ferdinand II n’accorde à Galilée une protection tardive qu’après l’avoir lâchement livré au Pape, pour une humiliante rétractation ; Cosme 111 ne permettait point qu’Alessandro Marchetti publiât sa traduction de Lucrèce, de peur que les doctrines d’Épicure ne corrompissent les paisibles et dévots Toscans. Les lettres n’eurent alors d’appui sincère qu’auprès de Christine de Suède établie à Rome, où elle s’entourait d’écrivains et de savants, si flattée de leur société qu’elle refusait, quoique convertie au catholicisme, la place que ses flatteurs lui offraient parmi les saints.

Si la persécution, comme on l’a dit, était moins funeste aux lettres que les faveurs ; si l’humanité lui de-

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