LES HISTORIENS. LES POÈTES
sujets étrangers à l’histoire de l’Italie ; ils redoutent le ressentiment des princes, et, en général, n’exposent, ne défendent que les principes du despotisme. Réduits, quand ils n’ont pas voyagé, à ne parler que de leur patrie, ils se rabattent, pour éviter la persécution, sur les couvents, les églises, les familles, les ordres religieux.' Bartoli écrit en rhéteur Y Histoire des Jésuites. D’autres racontent-ils par exception les annales des villes, des provinces et des cours?lls n’yvoientque la dynastie régnante, ils ne décrivent que les noces, les fêtes et les combats. Muratori fait si peu d’état de tous ces ouvrages, qu’il n’en tiendrait aucun compte, sans les matériaux qu’y peuvent prendre les écrivains à venir.
On ne saurait dire que la poésie fût mieux inspirée ; elle l’emporte toutefois sur la prose parle nombre comme par l’éclat des talents. La multitude des poètes serait môme ici un embarras sérieux, s’il n’était permis de passer sous silence ceux qui ne sont pas au premier rang, en avertissant toutefois que derrière chaque chel d’école marchent à rangs pressés d’innombrables légions.
Celles des pétrarchistes, si longtemps victorieuses, commençaient à faiblir. Ce n’est pas que le goût fût meilleur ; mais on voulait du nouveau, et l’on n’en savait trouver que dans l’exagération folle des défauts les plus admirés. 11 fallait régler l’imagination, la bride lui fut lâchée; ce qui restait de naturel fit place au lleuri, au brillant, à l’ingénieux. Ce travers datait de loin : il avait déparé, au siècle précédent, les vers de Costanzo et de Tansillo ; il avait acquis ses titres de noblesse par le génie du Tasse, par les talents de Guarini et de Baldi.
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DIX-SEPTIËNE SIÈCLE.
Après eux, rien ne parut plus difpie d’admiration que le bizarre, et rien, en effet, n’obtint plus d’applaudissements. Ces ancêtres des romantiques virent dans le contraste etrantilbèse la source inépuisable de toute beauté littéraire^ Si éloigné que fût le rapport des choses, qu’il tint moins à l’idée qu’aux mots, ou même à une simple coBsonnance, il importait peu à ces esprits facilement satisfaits : les étoiles s’appelaient, dans leurs poèmes, les ardents sequins de la banque du ciel, des agneaux lumineux, des vers luisants éternels ; le ver luisant lui-mênoe une petite lanterne allumée, une chandelle incarnée ; les nuages, des matelas aériens ; la mer agitée par la tempête, un ventre gonflé par l’hydropisie ; les poissons, des Laurents aquatiques, par allusion à leur destinée, qui est d’être rôtis sur le gril ; l’Etna, l’arehiprêtre des montagnes, ou encore un sacristain, revêtu de son habit de neige et envoyant de l’encens aux nuages. Le père Bouhours, qui demandait si les Allemands pouvaient avoir de l’esprit, en trouvait trop aux Italiens : il fallait, pour en voir dans ces sottises, le goût qu’avait ce jésuite pour le précieux et le maniéré. Ce n’étaient pas quelques insensés qui se mettaient ainsi l’esprit à la torture : c’était toute une école qui reconnaissait Giambattista Marini pour chef, non parce qu’il l’avait fondée, mais parce qu’il en avait outré les défauts et fixé les règles absurdes avec l’intrépidité d’un théoricien (1569-1625).
Ce Napolitain est peut-être, après l’Ariosle, le plus natureUeinenl poète dntous.J^ Italiens. Dans le principe, iLi]|e^t9jtilait.pits se brouiily «ree la raison ; c’est le désir de'plaW qui le perdit. Pour attirer l’attention, il mit le