‹ Histoire de la litterature italienneChapitre 139 sur 169 · L’HISTOIRE. — PALMIERI · texte numérisé non relu

L’HISTOIRE. — PALMIERI

tique sur la constitution du royaume de Sicile jusqu en 1816 n’est une histoire que pour les temps déjà éloignés de nous, et ressemble trop au pamphlet, quand Tauteur rapporte les événements auxquels il fut mêlé. Il était membre de ce parlement qu’avaient restauré les Anglais, qu’ils avaient même garanti en quittant l’île, mais que la dynastie des Bourbons, malgré de formelles promesses, ne voulut plus convoquer. Implacable pour ce manque de foi, Palmieri compromet la gravité de l’iiistoire par la passion qu’il ressent et que notre temps partage. La froide postérité ferait ses réserves, si elle lisait cet écrit; mais il est à craindre qu’elle n’en soit détournée par les défauts d’un style que déparent une foule de mots étrangers, de néologismes introduits par les Anglais dans la langue de la Sicile, durant un séjour de seize ans. Palmieri a subi le sort commun des auteurs qui n’ont pas • les qualités de l’écrivain. Tandis qu’on néglige VEssai historique à cause des nouveautés qu’on blâme dans le style, on ne lit déjà plus VHistoire de Sicile depuis les temps les plus anciens jusqii à Charles Illy parce que le désir d’imiter Botta et de prendre rang parmi les maîtres dans l’art d’écrire a fait de ce second ouvrage une mosaïque de vieux mots, empruntés indifféremment à tous le*s siècles. Ce travail minutieux de Palmieri augmente peu le prix d’une compilation trop rapide pour être utile, et trop disproportionnée pour ne pas choquer l’homme de goût.

Parmi les imitateurs de Botta, le seul dont le nom soit connu hors de l’Italie est Pietro Colletta, napolitain (1773-1831). Sa vie l’exposait au mépris des bons ci-

DIX-XEUVIÈME SIÈCLE.

toyens; il eut la rare forlime de conquérir leur estime par un livre trop vanté. Mathématicien par goût, soldat par nécessité, jeté dans les prisons en 1799, puis chassé de l’armée, ingénieur civil pendant ces loisirs forcés, rentré en grâce sous Murat et nommé major-général, il resta en place quand les Bourbons remontèrent sur le trône, et, par les marques de son dévouement, mérita la triste mission d’étouffer en Sicile la révolution qui venait d’y éclater (1821). Le sacrifice de son honneur ne le préserva pas d’être enfermé par les Autrichiens, quand ils occupèrent Naples, dans une forleressc de la Morav ie ; mais, rendu à la liberté, il prolita, quoique indigne , de l’horrenr qu’inspiraient les cachots du Spielberg. 11 vint habiter Florence, et il s'y trouva dans la viviliante atmosphère des plus généreux sentimenis. Il retrouva lui-même ceux de sa jeunesse, et se laissa persuader par d’illustres amis de raconter les événements, mal connus encore, qu’il avait vus de si près.

C’était une entreprise hardie pour un soldat de cinquante ans, qui parlait mal sa langue et n’avait jamais eu la plume à la main. Mais avec une anleur surprenante, Colletia se mil à l’étude, confiant dans la jiromesse que lui faisaient les hommes de goût dont il élail entouré, de corriger son style et les fautes qui lui pourraient échapper. Guidé par de sages conseils, il recommença trois fois son ouvrage, et des corrections intelligentes le mirent en si bon état, que Colletia parait presque un écrivain. l)e celle collaboration anonyme résulta une Uisloire de Naples où les sentiments patriotiques sont exprimés avec tant d’énergie, qu’elle

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