‹ Histoire de la litterature italienneChapitre 24 sur 169 · IMITATEURS DE DANTE · texte numérisé non relu

IMITATEURS DE DANTE

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heure ; l’Arioste et le Tasse qu’on peut seuls, au seizième siècle, rapprocher de Dante, le cèdent à ce géant, né trop tôt parmi des nains.

Il est resté dans la poésie italienne comme un météore isolé, comme un astre sans satellites. Ses imitateurs, s’il en a eu, sont en si petit nombre, et leur mérite est si faible, qu’il est à peine nécessaire de leur donner une mention. Dans la seconde moitié du quatorzième siècle, Fazio degli Uberti, descendant du fameux Farinata qui figure dans VE»fei\ publia un poème intitulé Ditlamondo [Dicta mundï) où il parcourt et décrit l’univers, non sans faire l’histoire des habitants. Un tel travail demandait beaucoup d’imagination et de science ; Fazio se contenta de reproduire tout le fatras des bréviaires latins et de se traîner servilement, dans la recherche de la vertu, sur les poétiques traces de Dante. Conduit par le compilateur Solin, comme Dante l’est par.',Yirgile, Fazio rencontre saint Paul et Ptolémée ;4t^oute Rome qui, sous les traits d’une femme baignée de larmes, mais noble encore dans ses voiles de deuil, raconte son histoire et ses malheurs. Les animaux allégoriques de la Divine Comédie deviennent trois vieilles sorcières, changement puéril et ridicule, que ne saurait excuser la force de l’expression.

11 y a plus de raison et plus d’efforts pour paraître original dans le Quadriregio (les quatre règnes) que fit paraître, vers la fin du siècle, le dominicain Frezzi. Théologien renommé, écrivain sans pureté, mais non sans agrément, il peint les hommes en lutte avec leurs passions et avec le monde. Ces quatre règnes successi-

vement parcourus, les trois premiers sous la conduite de Minerve, le dernier sur les pas d’Énoch, sont ceux de l’amour, du démon, des vices, de la vertu. Après avoir triomphé de bien des obstacles, franchi bien des fossés et des ravins, parcouru les sept enceintes des péchés mortels, le voyageur est admis à contempler l’essence divine. Jusque dans les détails il rappelle Dante, dont il copie les personnages et les tableaux, d’ordinaire en défigurant les uns, en affaiblissant les autres. Gomme tous les copistes, il reproduit, il exagère les défauts de son modèle ; par exemple, le mélange de la mythologie païenne avec les tradilions du christianisme est bien plus choquant dans le Quadriregio que dans la Divine Comédie.

On verra plus loin dans quelle mesure les Trionfi. de Pétrarque peuvent être considérés comme une imitation de cet immortel ouvrage. 11 ne reste plus, pour le moment, qu’à dire un mot de l’Aristarque ou du Zoïle de Dante, si jamais l’infortuné Cecco d’Ascoli a pu mériter ce nom (1237-1327). Des attaques sans mesure contre le plus grand des poètes italiens sont peut-être le seul titre qu’ait YAcerba de Francesco Stabili, dit Cecco d’Ascoli, à l’attention de la postérité. C’est une sorte d’encyclopédie en vers, comme le Trésor de Brunetto Latini, et sans doute une copie de cet ouvrage. Non content de critiquer la Ccmzone fameuse de Guido Cavalcanli, Cecco se vante de ne point employer les procédés poétiques de Dante. « Ici, dit-il, on ne chante pas comme les grenouilles dans un étang, à l’exemple de ce poète qui n’imagine que des choses vaines. Ici je ne vois

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