PROSATEURS
tioii ? Nous avons de Jacopo Passavanli (mort en 1 357) des Miroirs de pénitence; de Fra Domenico de Cavalca (mort en 1342) une Vie de saint Jean-Baptiste, de Bartolommeo de San Concordio (1 262-1 347) des Méditations sur la Vie de Jésus-Christ qui n’ont guère de prix que pour l’Académie de la Crusca, chargée de conserver la langue italienne et d’en recherchei- les origines dans des ouvrages d’ailleurs insignifiants. Le quatorzième siècle, en Italie, offre ce caractère particulier que l’apparition de trois génies incomparables rejette dans l’ombre tous les autres écrivains. Ces victimes d’une inégalité trop évidente ne le cèdent pourtant pas aux auteurs qui, à la même époque, obtiennent le plus de renommée dans les pays voisins ; en France, par exemple, si l’on excepte Froissart, peut-être ne trouverait- on personne qui pût être égalé à ces obscurs Italiens. Rien ne donne une plus haute idée de Dante, de Pétrarque et de Boccace que cet isolement ou ils semblent être dans le siècle dont ils ont fait une des plus grandes et des plus glorieuses époques dans l’histoire de l’esprit humain.
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