‹ Histoire de la litterature italienneChapitre 4 sur 169 · OBIGINES. — EB TREIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

OBIGINES. — EB TREIZIÈME SIÈCLE

L’Italie aux temps barbares et durant les premiers siècles du moyen fige. — Les Troubadours. — La civilisation française. — Son action snrritalie. — Frédéric II et la cour de Palerme.— Premiers poêles : Ciullo d’.filcamo. — Dante de Majano. — Guido Guinicelli. — Guldo Cavalcanti. — Cino de Pistoia. — Fra Jacopone de Todi. — Fra Gulttone d’Arezzo. — Brunetto Latin! et son TesoreHo. — Premiers monuments de la prose : lettres commerciales. — Les traductions de Brunetto Latini. — Les chroniqueurs : Matteo Spinelli. — Ricordauo Malaspini. — Oino Compagni.

L’Italie s’enorgueillit d’avoir conservé, plus fidèlement que les autres nations latines, le glorieux héritage des Romains, Les historiens de la littérature italienne croient à une sorte de continuité non interrompue de Cicéron à Boccace et de Virgile à Dante ; quelques-uns voient dans la langue nationale un dialecte qu’auraient parlé les habitants des campagnes autour de Rome, vers les derniers temps de la République. Mais la noblesse des nations, comme celle des familles, est rarement pure de

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tout mélange. Entre la littérature latine et l’ilalienue, il y a des siècles de décadence, de barbarie, de confusion. Avant que les barbares eussent menacé le sol de l’Italie, une décadence rapide s’y manifestait en toutes choses : les plus grands génies, sans excepter celui de Tacite, sont impuissants à l’arrêter dans les mœurs et ne la sentent même pas dans la langue, que corrompent d’immortels écrits. La race romaine, avilie dès le jour où elle s’était soumise au despotisme, eût succombé par l’effet de son avilissement même : la conquête ne fit que hâter cette chute et en dissimuler l’ignominie. Les Goths vainqueurs veulent en vain souti-nir et continuer la civilisation antique : sous les yeux ils n’ont pour modèles que les Romains dégénérés, et l’union de- ces deux races ne produit que le chaos.

Seul, à cette époque, le christianisme relevait lentement les sociétés humaines ; mais il n’exerçait point sur les lettres une aussi heureuse aetion. Les pontifes, les prêtres, les écrivains, chargés d’enseigner et de propager la doctrine nouvelle, avaient beau invoquer en sa faveur les textes profanes ; ils en condamnaient comme funeste au salut la lecture, qui aurait sans doute ouvert les inelligeuces et corrigé le goût. Les efforts de Théodoric et de Charlemagne pour dissiper les ténèbres ne purent les empêcher de s’épaissir encore. Si les moines ont du moins conservé le dépôt sacré des lettres antiques, c’est, en quelque sorte, par négligence : ils détruisirent plus de manuscrits qu’ils ne nous en ont transmis et n’essayèrent point de répandre des lumières dont ils ne se sentaient pas éclairés.

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