HISTORIENS : NARDI, SEGNI
pour repousser les maîtres que leur imposait l’étranger. Plus de méthode et d’art, plus d’agrément et de rie en ce grave récit, et l’austère Nardi tiendrait parmi les narrateurs la place que ses vertus lui valurent parmi les meilleurs citoyens.
Bernardo Segni (1499-1559) appartenait également au parti démocratique, mais n’en prit pas avec autant d’ardeur les intérêts. 11 vécut à Florence, sous les Médicis qu’il détestait, et s’il se tint à l’écart des affaires, il accepta des honneurs académiques, qui le rapprochaient des oppresseurs de son pays. La passion qu’il mit dans son histoire, dont le sujet n’est autre que celui de Nardi, lui fut inspirée en quelque sorte par les obligations de la piété filiale : il ne prenait la plume que pour défendre la mémoire de son oncle, Niccolô Capponi. Segni remplit ce devoir avec tant de zèle, que, de son vivant, l’ouvrage ne put voir le jour : des traductions d’Aristote et de Sophocle fondèrent seules la renommée de cet écrivain' t il n’en fallait pas davantage, alors, pour obtenir la gloire. Les héritiers de Segni soumirent, après sa mort, ses manusmdts aux Médicis, qui, s’y trouvant maltraités, n’en permirent point l’impression, même expurgée, comme ils avaient fait^ pour Guicciardin. Il fallut recourir à l’expédient dont usèrent les libres penseurs, durant le dix-septième siècle et le dix-huitième : Fribourg rendit alors aux historiens de l’Ilalie le service que nos Français, plus tard, ne réclamèrent pas .en vain des imprimeurs de Hollande et d’Angleterre. Entraîné par sa matière, Segni s’étendit plus qu’il n’avait d’abord résolu : il raconte les événements de l’histoire
florentine jusqu’en l’année 1555, non sans y mêler ceux qui s'accomplissent simultanément dans le reste de l’Italie et même dans les autres pays; mais ne perdant jamais de vue son objet, il sait donner h son récit de l’intérêt et de la clarté.* Son style, plus étudié <)ue ^ celui de Nardi, ne manque ni de sobriété, ;pi de pureté, ni d’élégance. Par le tour académique dé son> esprit, Segai marque la transition entre les écrivains de la pre-b mière anoitié du siècle et' ceux de la seconde. ^ Le’ culte ^ des letib*es le console de la liberté perdue. Après lui, on ^ n’a plus que le triste spectacle d’historiens uniquement^ occupés de leur style,' peu jaloux d’être citoyens,' et se»' souvenant à peine que leurs pères l’ont été. ^ ^
De ces indüTérënte ftit Bencdetto Yarchi (i502-15B5). Par^eWeur sans doute, les Médicis, rentrant à Florence, b l’a^^eât , forcé d’en sortir : ils l’y rappelèrent bientôt, ^ quand ils virent que leur despotisme n’avait rien à ' craindrdde cdÿrillant ^inads timide esprit. 11 s’était fait b un nom par ses poésies, pAf ses ouvrages ^r la philoso-' ’ phie et lés mathématiques, par ses traductions des'au--- > teure anciens. Sa courte Histoire de Ptorence n’embrasS& ' qu’une période de dix ans (1527>i538), et sa^<â«ieoiiï^' mande par une éléganeé réelle; quoique’ plus monotonè' ^ et plus prolixe encore qfne n’était' celle' de Giiicciardin,»^^ et parade pureté ÿA langage que Yarchi recherchait au » . point ^y sacrifier l’intérêt/ Cet historien donne d’utHes ^
renseilnement^aur les constitutions municipales, mais^» il s!y complaît dutre mesure;! ne songe plus à son sujet; ^ inexplicable !sa prétention de ressembler à Po^ b lybe Tacite, dont il n’a ni le jugement,^ ni l’éclat/b