‹ Histoire de la litterature italienneChapitre 75 sur 169 · DAVANZATI. — LE DICTIONNAIRE DE LA CRUSCA · texte numérisé non relu

DAVANZATI. — LE DICTIONNAIRE DE LA CRUSCA

auteurs le libre suffrage des académiciens. La sévérité n’était point déplacée dans un travail de ce genre ; mais la Crusca, péchant par excès, fit un vocabulaire toscan plutôt qu’italien. Elle n’admit comme « textes de langue, » c’est-à-dire parmi les autorités, que deux écrivains étrangers à la Toscane, Bembo, parce qu’il avait soutenu la supériorité de cette province pour le langage, et l’Ârioste, afin de mieux combattre le Tasse, à qui on l’opposait. Envers les Florentins eux-mêmes ces puristes firent preuve d’une rigueur sans pareille ; car parmi tous les écrits de Machiavel, ils n’admirent au rang des « textes de langue,» que l’agréable nouvelle de Belphégor.

Malgré ses travers et ses fautes, l’Académie de la Crusca a vécu et mérité de vivre par le service qu’elle rendit à l’Italie en maintenant dans le choix des mots et des tours les principes du goût. Un décret de Napoléon l’a reconstituée en 18H, avec des statuts nouveaux, plus conformes à notre temps que ne pouvaient être ceux d’un passé déjà si ancien. E^e conserve, comme fait chez nous l’Académie française, le précieux dépôt des traditions littéraires, et se borne à les compléter en consacrant, à l’occasion, les heureuses hardiesses des nouveaux génies. Elle juge sévèromant, au sein de l’Italie régénérée, cette littérature élégante, mais verbeuse et vide qui plut si longtemps à une noblesse éloignée des affaires publiques, avilie par la servitude des cours, et qui, pendant plus de deux siècles, détourna une nation si heureusement douée de ses plus graves devoirs comme de ses plus chers intérêts. ** *: **4^

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