‹ Histoire de la litterature italienneChapitre 77 sur 169 · JEUNESSE DE L*ARIOSTE. 2U · texte numérisé non relu

JEUNESSE DE L*ARIOSTE. 2U

mais une foule de poètes s'élèvent au second rang, et par leur nombre, comme par leur mérite, forment en quelque sorte aux deux maîtres de l'épopée moderne un cortège digne d'eux.

Lodovico Ariosto, né à Reggio en l’année 1474, avait été trop nourri dans la lecture de Pulci et de Bojardo, il avait trop vu et peut-être trop envié leur succès pour chercher la gloire dans un autre genre, sinon par d'autres voies. 11 fit paraître ses talents de bonne heure : tout jeune encore, il représentait avec ses frères et ses sœurs un drame qu'il avait composé sur la fable antique de Thisbé. On rapporte qu'un jour, dans une querelle de famille, il ne répondit rien aux injures dont l’accablait son père, afin d’en mieux noter le ton, la gradation et l'éloquence, qû'il voulait introduire dans une comédie dont il était occupé.

11 avait donc l’instinct de l’art dramatique, dans lequel, plus tard, aucun de ses contemporains ne le surpassa. S’il fut moins heureux dans le genre profondément italien des poésies amoureuses, ce ne fut pas faute de s’y être exercé. Rappelons, pour n’y plus revenir, qu’il n’y a pas, au midi des Alpes, d’auteur qui n’ait son bagage de vers érotiques ou légers, assurés de trouver des lecteurs, des admirateurs et même un éditeur. L’Arioste n’en cherchait point. Froid, réservé, poli comme il sied à un courtisan, ni mélancolique ni enthousiaste dans le commerce des hommes, paresseux par nature au point de limiter étroitement ses études, de prendre à peine une teinture du grec, et même, parmi les latins, de se borner à Catulle, à Tibulle, à Virgile, à

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