‹ Histoire de la litterature italienneChapitre 91 sur 169 · V. - LE THEATRE · texte numérisé non relu

V. - LE THEATRE

t..i comédie. — La comédie improvisée. — La comédie en dialecte.

Premières comédie.s régulières. — La Cnhndria de liibliieiia. — Le théitre de l’Arioste. — Borghini. — Cecchi. — Lasca. — L’Arélin.

— La tragédie. — Horreurs imitées de l’antique. — La Sophoniihe de Trissino.— La Rosmoiida, VOresIe de Hucellai. — Le Torrismondo du Tasse. — Le drame pastoral. — Premières bucoliques : l'Arcadie, les Idylles de Sannazar. — Premières fables pastorales. —

— VAminta du Tasse. — Imitateurs de l'Aminta. — Le Pailor fido de Guarinl. — Le drame en musique.

Qu’on suppose une vive s.atire en action : l’auteur disparaît, laisse la parole à des personnages, dont il varie le nombre, et l’on a la comédie. Nous n’insislerons que sur la comédie littéraire dont on a injustement refusé la gloire à l’Italie ; mais il faut rappeler que la farce improvisée, qu’on appelle commedia dell' arte, est bien plus ancienne, puisque, au lieu d’avoir pris naissance dans le siècle de l’érudition, par l’étude et l’imitation des comédies de Plaute et de Térence, elle remonte aux Âtellanes et, depuis les temps antiques, ne parait pas avoir souffert d’interruption. On la trouve sous Tliéodoric, dans les gaies représenfalions de ces mimes qui donnaient autant de soufflets cl de coups de bâton qu’ils

débitaient de paroles, cl qui faisaient plus rire par les grotesques postures de leur corps que par les plaisanteries plus ou moins heureuses de leur esprit. C’est d’eux encore, selon toute apparence, que parle saint Thomas d’Aquin quand il déclare qu’on peut exercer sans péché l’art des histrions. La chaussure plate d’ Arlequin est celle des anciens mimes ; le masque a remplacé la suie dont ils se couvraient le visage, et les personnages populaires, l’enfantin Pantalon, l’astucieux Brighella, le fourbe Scapin, le vaniteux et pédantdocteur de Bologne, le balourd Arlequin, plus tard le malin Stenterello, le lâche et narquois Polichinelle, sont des transformations successives, mais reconnaissables, si l’on en suit la chaîne, des caractères anciens.

L’exiguïté des ressources dont on disposait pour monter un spectacle de ce genre, en dicta les règles primitives qui, bientôt, s’étendirent à toute l’Italie. Les directeurs des compagnies dramatiques, n’ayant à leur disposition qu’un petit nombre de comédiens, dans chaque pièce les personnages restèrent toujours les mêmes, et, comme il , eût coûté cher de renouveler les costumes, chacun prit l’habitude de n’en point changer; ils revêtirent tous un caractère invariable qu’ils conservaient dans les plus diverses improvisations. C’était, en quelque sorte, l’opposé de la comédie régulière qui dicte les paroles, mais laisse à l’acteur le soin de composer son personnage : chaque rôle était tracé d’avance, dans ses moindres parties, sauf dans la principale, c’est-à-dire dans le choix des idées et des expressions qu’on abandonnait à l’improvisation des comédiens. Celte liberté, écrasante pour des hommes trop

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