‹ Histoire de la littérature italienneChapitre 21 sur 45 · Crinière formée de serpents · texte numérisé non relu

Crinière formée de serpents

4. Pour celui qui veut ici-bas combattre pour Dieu, le ciel est le cnpitole, le soleil la couronne.

0 che agevole giogo !

Che piacevole carcere I Or gli anni agghiacciano : lagrime e gemiti Oi' più non amano, Vergine; o se amano,

Amano lucido ostro,

E vin gelido amabile.

Del quale s'io ricreo l'aride viscère Le Muse celebri subito soi'gono

Ed or temprano cetre,

Ora fistole spirano.

Se questi piaccionti musici studi Andrô cantandoti, cigno per l'aria,

E tu volgimi gli occhi,

Che altrui l'anima beano *.

Le comte Fulvio Testi, d'un caractère très différent comme homme et comme poète, naquit à Ferrare en 1593, vécut dans le luxe des cours, traversa des circonstances difficiles et mourut en prison en 1646. Dans ses odes et canzoni il prit d'Horace des pensées et des images morales mais non la légèreté charmante des strophes eL la heauté du style. Son morceau le plus célèbre est une ode allégorique contre le cardinal Barberini, adressée à Raimond Montecuculli, vaillant général et auteur d'écrits relatifs aux milices. Par le parallèle suivi d'un torrent presque toujours à sec, qui superbe et impétueux, enfle son cours à la suite d'une crue passa-

1. A l'âge où, avide de s'enivrer du poison d'amoui', l'on trouve doux de pleurer et de s'enflammer, — par une laveur céleste que je ne méritais point, tu m'apparus, ô noble vierge. — Que ce joug m'était cher ! Que cette captivité me paraissait aimable ! — Maintenant le cœur, refroidi par les ans, n'aime plus les larmes ni les gémissements. — C'est le vin joyeux et clair qui sourit. — Si j'en apaise mes entrailles arides, bientôt apparaissent les Muses célèbres jouant de la lyre ou du chalumeau. — Si tu aimes ces concerts — moi, comme le cygne je chanterai, — tandis que tes yeux, tournés vers moi, réjouiront mon cœur.

gère pour être de nouveau dédaigné et foulé aux pieds dès que son lit s'est desséché, le poète attaque l'insolente arrogance d'un paissant:

Ruscelletto orgoglioso Che, ignobil figlio di non chiara fonte,

II natal tenebroso Avesti infra gli orror dïspido monte,

E già con lenti passi Povero d'acque isti lambendo i sassi,

Non strepitar cotanto, Non gir si torvo a flagellar la sponda ;

Che benclié Maggio alquanto Di liquefatto gel t'accresca l'onda

SopravveiTâ ben tosto Essicator di tue gonfiezze Agosto'...

Plus de réputation eut pendant un temps le sénateur florentin Vùîce?i^o Filicaia (1642-1707) qui voulut rajeunir la chanson pétrarquiste en lui donnant une nouvelle magnificence et de la solennité. Mais c'était une magnificence et une solennité surtout extérieures, dans la phrase et non dans l'idée, avec plus d'emphase que de chaleur, plus de symboles que d'images, en un mot plus de rhétorique que de poésie. Ses sonnets sur Tltalie et ses chansons sur le siège de Vienne par les Turcs, et sur sa délivrance, eurent un grand succès. Mais la sonorité et Tenflure qui en faisaient alors le principal mérite, enlèvent

1. Orgueilleux petit ruisseau, infime rejeton d'une source obscure d'oîi tu pris ton obscure naissance à travers l'épaisseur des bois sombres qui recouvrent le mont, et qui, naguère presque dépourvu d'eau, lentement, léchais les pierres ; ne fais pas tant de bruit, ne te retourne pas si menaçant pour batlre la rive. Car, si d'un peu de neige fondue Mai accroîttes eaux, bientôt Août viendradessécherton enflure.

aujourd'hui beaucoup de sa valeur à l'art de Filicai, en le rendant inférieur aux deux poètes précédemment cités.

Alessandro Guidi de Pavie (1650-1712), plus verbeux et plus creux que Chiabrera, bien que son émule dans l'imitation de Pindare, s'appliqua, sans savoir le grec, à imiter le poète thébain. Il composa des chansons très ornées de figures et de belles phrases, mais dépourvues d'idées, froides et vagues, ayant cédé à cette fantaisie de soustraire la strophe à toute règle de mesure et de rime. Sa meilleure composition, un chant sur la Fortuîia, commençant par:

ft Una donna superba al par di Giuno ' «,

ne manquerait pas de certaines qualités de style, si 'allure estropiée du vers trop lâche et trop libre, n'était en désaccord avec le ton vraiment lyrique, 3t si un abus de rhétorique ne lui ôtait par endroits, lu mouvement et de la chaleur.

A ces quatre poètes dits de Vécole classique, îarce qu'ils cherchèrent de diverses manières à 'eproduire les procédés, les formes et les sujets de a lyrique grecque ou latine, on peut joindre Beneîetto Menzini plus réputé cependant comme auteur alirique.

Une place spéciale doit être réservée à l'arétin ^rancesco Redi (1626-1698), savant médecin, lettré hstingué, non seulement excellent prosateur, mais .uteur d'élégants sonnets rt d'un dithyrambe d'un ;enre nouveau dans notre littérature, intitulé Bac-

Page 1