‹ Histoire de la littérature italienneChapitre 33 sur 45 · Un liomme «luel qu'il soit, hormis poltron · texte numérisé non relu

Un liomme «luel qu'il soit, hormis poltron

4. Si quclriue bon maître s'imiginait pouvoir faire avec moi l'habituel métier, nous lui tomberions dessus à coups de pied au d

Scriva : vogliam ch'ogni figlio d'Adamo Conti per uomo, e non vogliam tedeschi, Vogliam capi col capo ; vogliamo Leggi e governi e non vogliam tedeschi. Scriva : vogliamo tutti quanti siamo L'Italia Italia e non vogliam tedeschi.

Vogliam pagar di borsa e di cervello E non vogliam tedeschi ; arrivedello''.

Nous ne ferons que citer quelques-uns des nombreux poètes secondaires de cette période, tels que le Vénitien Luigi Carrer, les frères Maccari de Rome, Gioacchino Belli qui écrivit en dialecte romain (excellent aussi en son genre), Giuseppe Niccolini de Brescia, les poètes bernesques Filippo Pananti et Antonio Guadagnoli de la Toscane ; les traducteurs comme Giuseppe Borghi qui traduisit Pindare, et Felice Be/olti \qs tragiques grecs; les dramaturges comme Carlo Marenco, Paolo GiacO' 7netli, Tornaso Gherardi del Testa, et Paolo Ferrari àQ Modène, regardé un moment comme le premier de nos auteurs scéniques, dont on représente encore avec succès 11 Duello^il Ridicolo, Prosa, Le Due Dame^ Goldoni e le sue sedici commedie 7iuove, La satira e Parini où se trouve ce type curieux, demeuré proverbial, du marquis Colombi; les poètes patriotes comme Samuele Biava et Luigi Mercantini. Nous ne parlerons pas des derniers disparus de

1. Qu'on écrive ; nous vouions que tout enfant d'Adam soit compté pour un homme et nous ne voulons pas de Tudesques. — Nous voulons des chefs avec une tête. — Nous voulons des lois et un gouvernement et nous ne vouions pas de Tudesques. — Tous, tant que nous sommes, nous voulons l'Italie, Italie, et nous ne vouions pas de Tudesques. — Nous voulons payer de notre bourse et de notre cerveau et nous ne voulons pas de Tudesques. Au revoir.

cette pieuse légion de poètes de la renaissance nationale comme Terenzio Mamiani, Andréa Maffei^ l'ami de Monti, qui mit en vers italiens élégants et harmonieux beaucoup de poésies anglaises et allemandes. Nous passerons aussi sur Francesco DallOngaro poète et romancier, Arnaldo Fusinato qui eut beaucoup de réputation comme poète humoristique et sentimental, Cesare Belletoni, A?iton{o Gacsoletti, Giuseppe Revêtue, Jacopo Cabianca, tous vénitiens; Felice Romani^ Giuseppe Regaldi, Agostiiio Cagnoli, Antonio Peretti, Pietro Giuria, Vincenco Padula dont la réputation ne s'étendit guère au delà de sa province. Citons encore Leopoldo Marenco^ que des esquisses dramatiques sentimentales, trop sentimentales, rendirent un instant célèbre, et Pietro Cossa (1830-1881) qui fit revivre dans le drame le monde romain; ses deux belles œuvres, Nelson et Messaline^ resteront, bien qu'on ne puisse donner dès à présent un jugement certain sur le rang qui leur appartiendra dans Thistoire de l'art.

Les plus célèbres des derniers poètes romantiques italiens de la seconde génération sont Aleardo Aleardi et Giovanni Prati. Tous deux ayant vécu dans la période agitée de notre renaissance, poursuivirent dans leurs chants un noble but social et moral. Aleardo usa du vers libre et arriva parfois à une harmonie et à une élévation qui rappellent Foscolo, malgré un peu de recherche et d'artifice. Une certaine prolixité et une certaine minutie constituent son principal défaut. Travaillant avec un soin d'artiste des vers d'une belle et pure harmonie, il

insiste trop dans les images et les descriptions, au grand dommage de l'ensemble. Pour le fond, il a de la noblesse dans les pensées et les sentiments, mais il les atténue et les obscurcit par une mollesse générale, une incertitude passagère et vague de l'esprit et un extrême sentimentalisme à la manière de Lamartine. Ces choses ayant fait d'abord apprécier la poésie d'Aleardi au delà de son mérite, principalement par les femmes, la firent ensuite, par réaction, tomber dans un oubli dédaigneux également immérité. Pra^ï d'esprit plus énergique, d'imagination plus variée et plus vive, dénature plus vraiment poétique, est favorisé davantage par la critique moderne. Il débuta par une nouvelle romantique en vers, Hermengarde, qui donna de grandes espérances sur son génie, et il continua pendant quarante ans avec une remarquable fécondité, à poétiser sur tous les sujets et dans toutes les formes de la lyrique. S'essayant aussi dans le poème {A7'?na?id), il ne sut pas échapper à l'influence des romantiques étrangers, notamment des Anglais, mais il sut l'orner cependant de fort beaux morceaux, tel que le célèbre Chant dHygée, l'un des meilleurs de la poésie lyrique moderne. Tout ce qu'il écrivit n'est pas destiné sans doute à être admiré et à vivre dans la postérité, mais il restera de lui certainement une trace brillante. Sa mort étant trop récente l'histoire n'a pas encore prononcé de jugement.

La prose de cette époque se ressent encore, pour une bonne partie, de l'influence de Manzoni dont l'heureux exemple provoqua l'essor des romans historiques, pendant que ses Osservasioni sulla morale

cattolica et le Dialogo dell Invenzione^ affirmèrent les idées néo-religieuses et néo-guelfes qui avaient été une conséquence de la réaction de 1815.

Tom?naso Grossi à& Bellano (1791-18o3), dont nous avons déjà cité le poème des Lombards à la première croisade, était l'ami de Manzoni et son disciple en littérature. Délicat et tendre il mit beaucoup de sentiment dans ses écrits. Durant plus de dix ans ils passionnèrent une foule de lecteurs chez qui le romantisme à la mode avait suscité un amour extrême du pathétique et du sentimental. Ses nouvelles en verS;, Urilco e Lida, Ildegonde, arrachèrent des larmes, Marco Visconti Q,\xi la plus grande vogue. Ce roman plein d'un sentimentalisme peu conforme au caractère du temps où se place l'action est beau cependant par les épisodes et les descriptions; Giovanni /tOi^Vi/ emprunta son sujet aux Promessi Sposi pour sa Monaca de Monza; Cesare Cantù écrivit dans sa prison Margherita Pusterla; Massino d'Azeglio, avec plus de succès encore que ces auteurs, dans deux romans, Etlore Fieramosca et Nicolà dei Lapi fait vibrer la corde patriotique; Giulio Carcano (dont l'œuvre principale est la traduction en vers du théâtre de Shakespeare), abandonne dans VAnr/iola Maria et dans Damiano, la voie du roman historique, s'essayant dans le récit intime sans pouvoir se soustraire à l'habituel convenu romantique. Le défaut de Carcano étant de présenter des caractères trop vaguement idéaHsés et par conséquent éloignés de toute vraisemblance historique ou psychologique, ses ouvrages, comme ceux de bien d'autres auteurs non mentionnés ici, n'ont pas on peut dire, une grande valeur artistique,

malgré tout le succès qu'ils obtinrent à leur apparition, et ne garderont point une réputation durable. Le jésuite Antonio Bresciani de Trente, auteur de YEbreo di Ve?'0?ia (l'hébreu), laissa des romans écrits en une langue très pure mais dans un esprit antinational. Par opposition à Bresciani, quant au fond, se place le livournais Francesco Domenico Guerrazzi (1804-1873) à l'esprit byronien, presque toujours inspiré dans ses écrits par un sentiment patriotique. Ses principaux ouvrages sont la Bataille de Bénéventy le Siège de Florence^ Béatrice Cenci, Véronica Cybo, Isabella Orsi?ii, Pasquale Paoli, la Vie d' André Doria, Francesco Ferruccio^ Francesco Burlamacchi, Y Ane. Il se plut à représenter surtout des passions violentes et sinistres, des crimes, en un style parfois énergique et concis, parfois véhément et emphatique, enflé et déclamatoire. Mais la langue est pure, vive, abondante, et il y a des pages pleines d'un réel et chaud sentiment patriotique. L'œuvre littéraire de Guerrazzi a déjà beaucoup perdu de la valeur qu'elle eut d'abord, et elle en perdra sans doute davantage encore avec le temps. D'ailleurs il avait déclaré qu'il écrivait ses livres parce qu'il ne pouvait livrer de bataille, (préface au siège de Florence), et ces livres en efiet, sont presque autant de batailles livrées à la tyrannie. Il ne serait donc pas juste de ne chercher en eux que la perfection de l'art; il faut plutôt y voir les étincelles qui ont entretenu le feu de la passion pour la délivrance du pays.

Ne pouvant énumérer toute la série des romans écrits pendant ce demi-siècle, même en nous bornant à ceux des auteurs disparus, nous citerons en

dernier lieu, les Confessions d\in Octogénaire^ à'Ippolito Nievo (1832-1860), où, avec quelques imperfections de langue et de style mais une intellig-ence de l'art et un sens vif de l'histoire, il représente la vie italienne de tout un siècle. Cet essai fut tenté également par Giiiseppe Rovani, dans Cent ans^ avec un dessin plus large mais un résultat moins heureux.

Plus de valeur artistique, morale et nationale, ont à notre avis les nombreux Mémoires écrits pendant ce siècle, spécialement par les patriotes. Et il est juste et utile, que celui qui pâtit pour le bien général laisse comme enseignement à la postérité, un témoignage durable de ses souffrances.

Nous rappellerons d'abord entre tous les écrits de ce genre, les touchantes et belles pages de Mie Prigioni dans \Q^{\\iQ\\e,'s, S ilcio Pellico de Saluées (1788-1854), jadis secrétaire du journal romantique le Conciliatore^ raconte l'histoire douloureuse de sa détention dans la forteresse du Spielberg oii l'Autriche bannissait les Italiens coupables de revendiquer et de vouloir une pairie. La grande simplicité et la courageuse résignation dont ce livre est empreint, rendent plus poignant le récit de ses souffrances et plus vive, par contre, l'aversion pour ceux qui les causaient. Au point de vue du style nous ne pensons pas qu'il ait grand mérite. Mais ici le mérite n'est point dans la forme, il est dans le fond, car le sentiment national et religieux tout à la fois, rendent ce petit ouvrage très populaire, et sa popularité n'a point cessé. I miei ricordi (mes souvenirs), de 3Iassitno d'Azegiio de Turin (1798-1866), romancier et peintre de talent en même temps qu'homme d'État, ont moins de pure simplicité, mais un fond plus vaste et une plus

grande variété d'idées morales et sociales. Beaucoup de chaleur et une grande pureté de diction ont les Ricor dan ze délia mia vita àe, Luigi Settembrini. Il fît passer dans les admirables pages de son livre, toute son âme élevée et simple, éprise du beau et ardente dans son amour de la patrie pour laquelle il supporta une longue détention et fut tout près du supplice. Beaux par le naturel du style, la noblesse et l'élévation des sentiments sont les ;S'oï(5fe«^*r5 autobiographiques de Giovanni Dupré, sculpteur de renom. S'il n'a pas la verve inimitable et l'assurance dédaigneuse de Gellini, et s'il ne peut rivaliser avec lui par l'intérêt d'événements et d'incidents variés, il lui est certainement supérieur par la loyauté des actes et des sentiments. On cite, parmi d'autres auteurs d'écrits autobiographiques de la fin du xix^ siècle, Adélaïde Ristori et Ernest Rossi, connus pour leurs observations et leurs jugements concernant l'art dramatique dans lequel ils se distinguèrent. Après la Jeunesse de Francesco de Sanctis, nous noterons comme les plus importants à cause des affaires politiques auxquelles ils se mêlent, les Souvenirs de Marco Minghetti et de Michelangelo Gastelli, les Mémoires de Giovanni Arrivabene, de Giorgio Pallavicino, de Giuseppe Garibaldi, et les Mémoires d'un éditeur, de Gaspero Barbera.

Par le fond sinon par la forme, les Lettres se rapprochent des Mémoires, et il n'est pas d'homme célèbre dans les lettres, les sciences et la politique, dont la correspondance n'ait été réunie et publiée aussitôt après sa mort. Ce qui aide certainement à connaître les hommes et leur temps. On cite d'abord, parmi les plus importants de ces recueils, celui de

Capponi, puis ceux de Guerrazzi^ de La Farina^ de Caitaneo, de Giordani, de Balbo, à'Azegiio et de plusieurs d'autres. Nous ne parlerons ici que de ^-Ê/)^5tolario de Giuseppe Giusti, parce qu'il marque davantage une intention d'art et qu'il obtint aussi le plus de succès. Giusti s'étudia à écrire dans une forme dégagée et naturelle, employant le langage rapide qui venait à ses lèvres. Et cependant son Epistolario est l'un des moins naturels que nous ayons, parce que les autres, bien ou mal, expriment des sentiments vifs et forts, tandis que Giusti écrivit en quelque sorte pour faire étalage de phrases du pays. Dès qu'un mot, une saillie, un propos drôle lui plaisent, il arrange et tourne son discours de manière à les intercaler précieusement. Aussi ses lettres, trop étudiées dans leur apparence rustique, sont froides. Cette désinvolture artificieuse, celte négligence cherchée, cette élégance villageoise affectée, révèlent trop visiblement que l'auteur, qui corrigeait et recorrigeait ses lettres jusqu'après leur envoi, obéissait à une intention artistique et lui sacrifiait l'idée et le sentiment. Il est donc permis d'en conclure que V Epistolario de Giusti peut être d'une lecture utile pour la jeunesse curieuse d'une langue alerte, mais que par la chaleur des pensées et des sentiments, il est inférieur à beaucoup d'autres recueils publiés dans la première moitié de ce siècle.

Subissant le mouvement de l'époque, l'histoire suivit les aspirations néo-guelfes. Troja, Balbo et Capponi sont les premiers historiens de cette période. Carlo T^royadeNaples (1784-1858), vaillant patriote et ministre constitutionnel de son pays en 1848, étudia particulièrement le moyen âge sur lequel il publia

deux ouvrages de grande érudition, mais de peu de valeur par l'art du récit et la distribution de ses parties. Dans l'une, Del veltro allegorico di Dante, il soutint que ce veltro"^ devait être Uguccione délia Faggiuola, contre l'opinion la plus générale. Dans l'autre, la Storia d Italia nel Medio Evo, il réunit une infinité de renseignements précieux, mais ne put arriver à la finir (il s'arrête à Charlemagne), ni à l'ordonner convenablement. Cesare Balho de Turin (1789-1853) eut aussi un rôle important dans les afïaires politiques qui conduisirent à la guerre de l'Indépendance. Comme penseur et historien il tenait pour ridée guelfe, suivant laquelle on entrevoyait le salut de l'Italie dans la Papauté considérée comme l'àme et le centre de la renaissance politique de la nation. Cette opinion préconçue diminue un peu la valeur de ses nombreux ouvrages, d'ailleurs d'une grande profondeur de vues et de doctrine. Il écrivit un Abrégé d'histoire de l Italie, clair et précis dans le dessin et dans le style. Dans ses Méditations historiques et ses Espérances sur l'Italie, il cherche à tirer de l'histoire des arguments et un appui pour ses théories politiques. Sans être parfaitement appropriées aux nécessités de l'époque, elles eurent un heureux effet sur les esprits. Il écrivit aussi une Vie du Dante, étendant son étude à tout le xiv® siècle. Mais cet ouvrage et plusieurs autres, par suite de la nouvelle évolution de l'esprit général, ne sont plus répandus maintenant comme ils mériteraient de l'être.

Gino Capponii (1792-1876) sans être de ces

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