‹ Histoire de la littérature italienneChapitre 7 sur 45 · Puisqu'il te plaît, amour, que je doive trouver · texte numérisé non relu

Puisqu'il te plaît, amour, que je doive trouver

comme un agréable élément de culture, nombreux furent ceux que l'on appela dottori (maîtres) di trovare.

Il ne faudrait pas croire cependant que les premières formes de la poésie vulg-aire en Sicile, aient été toutes soumises à celte imitation. Dès le milieu du siècle nous avons des morceaux qui portent plus ou moins l'empreinte populaire et sortent, en tout ou en partie, du cycle des troubadours. L'un d'eux, très important, au point de vue historique du moins, est le Contrasto (débat) de Cielo dalCamo ou d'A/camo :

Rosa fresca aulentissima, ch'appari in ver la state.

Cette poésie se compose d'une série de sixains dont les quatre premiers vers sont de sept syllabes deux à deux, et les deux derniers de onze. Le dialogue vif et serré, par strophes alternées, entre VA?)ia?ite ei3Iadonna, est loin delà galanterie guindée de la poésie de cour. L'amant, avec une insistance batailleuse et quelque peu hardie, sollicite l'amour de sa dame, qui le lui refuse d'abord et finit par se laisser convaincre.

Cette composition curieuse, menée avec beaucoup de vivacité de style, bien que rude et vulgaire, fut assez généralement considérée comme de la fin du XII® siècle, c'est-à-dire d'un temps oià il n'est pas resté .de trace littéraire en langue vulgaire. On discuta longuement et savamment à ce propos et on ne peut dire encore que la discussion soit close. Cependant, comme dans ce débat il fut fait allusion à des lois et à des monnaies du temps de Frédéric II, en 1131, on est bien forcé de lui assigner une date postérieure à cette année-là, d'autant plus que mal-

gré son caractère populaire, il porte visiblement la trace de certaine influence des troubadours, due à la diffusion de la poésie de cour.

L'empreinte populaire est moins nette, bien qu'aussi simple et spontanée dans ce lamento de la jeune fille séparée de son amant aux croisades, qui commence ainsi :

Giammal non mi conforto Ni mi voglio allegrare ^

et que l'on attribue à Rlnaldo cV Aquino. Le dernier écho de la poésie spontanée dans le midi de l'Italie à cette époque, est un chant sur la défense des habitants de Messine contre Charles d'Anjou (1282) :

Deh, com' egli è gran pietate De le donne di Messina, Veggendole scapigliale Portar piètre e calcina, Dio gli dea briga e travaglio Chi Messina vuol guasLare 2.

Nous avons aussi en d'autres régions du centre et du nord de l'Italie, pendant presque tout le xiu^ siècle, une abondante floraison poétique dans les dialectes locaux. Dialectes à peu près aussi variés enLre eux qu'ils le sont à présent, mais qui cependant, dans ces premiers essais littéraires, cherchaient en quelque sorte à s'accorder sur un type de langue co.nmune, par l'eiiet ào. communes influences, de

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