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LIVKE OIATRIÈME. CU. V, 9. 137
sourcils ; animez vos yeax ; recourez pour votre visage aux cosmétiques déjà décrits dans un autre ouvrage ; mais ne préparez qu'en notre absence vos attraits factices. Vous pouvez cependant, si vous possédez de beaux cheveux, vous faire coiffer devant nous, à la condition d'être patiente et de no pas exercer de cruautés sur celles qui voas coiffent (v. 193-260). Dissimulez autant que possible vos imperfections physiques. Apprenez à rire, à pleurer, à parler, à marcher avec grâce. Chanter, toucher les cordes de la lyre ou du psaltérion, connaître les vers des poètes qui ont le mieux décrit l'amour, danser élégamment, jouer aux dés et aux jeux délicats qui permettent, si l'on n'y montre pas un mauvais caractère, de séduire en jouant, voilà des talents utiles, nécessaires (v. 261-386). Et puis, promenez-vous, montrez-vous ; car à quoi bon tous ces talents, si vous restez ignorée ? Visitez les portiques, les temples, les théâtres, le cirque ; allez partout où il y a foule, même aux enterrements ; le pouvoir de vos charmes peut y saisir l'amant que vous cherchez (v. 387-432). Mais défiez-vous des galants efféminés qui, tout parfumés, ne cherchent à s'insinuer auprès*des femmes que pour les voler. Honte à eux comme à celles qui, après avoir reçu des présents, n'accordent pas les faveurs promises (v. 433-466)! Si l'on vous écrit, ne vous hâtez pas de répondre, puis répondez évasivement, excitez le désir par l'attente. Que votre style soit correct et simple. Puis, si vous avez à tromper un mari jaloux, soyez prudente, changez votre écriture de diverses manières, employez dans vos billets les termes que vous emploieriez en vous adressant à une femme (v. 467-498). Evitez la colère, l'orgueil et la tristesse ; Tamour aime le sourire et la gaieté (v. 499-524). Ne demandez à chacun que ce qu'il peut fournir, au poète, par exemple, des vers avec sa fidèle tendresse. Dissimulez du moins votre avidité. Variez d'ailleurs votre manège d'après l'âge de ramant(v. 525-576). Mais» en général, ne laissez pas s'endormir sa passion dans une trop grande sécurité ; suscitez en lui la crainte de quelque rival, avivez son plaisir par un danger imaginaire.
sans toutefois abuser de eo moyea au point de lui Taire trouver vos faveurs trop chèrement achetées (v. 577-610). (pliant aux ruses à employer pour tromper qui vous sui^ veiild, il en est de toutes sortes: correspondance dissimulée, rendez-vous dans les fêtes ou chez une amie ceosé- TiH'ot malade, fausses clefs, soporifiques, etc. Malgré tout. U' moyen le plus sûr est encore de corrompre son ^rdien pai' un présent. Ne voit-on pas ainsi des maris eux-mêmes nuilus muets? (v. 611-658). D'autre part, raettez-voQS en tiimle contre vos amies et contre une trop belle servante. Cependant, si vous avez porté au plus haut point l'amour d'un amant en lui faisant croire que vous êtes folle de lui, u'allez pas ensuite perdre la tète au seul nom d'une rivale. La jalousie, non motivée, cause parfois un drame mortel: exemple, l'infortunée Procrisqui.voulanten secret s'assurer do la fidélité de Céphale, fut innocemment tuée par lui (v. 659-746),
Le poème Unirait bien par ce charmant épisode ; mais l'auteur tient à ne pas s'arrêter sans avoir fait pour l'amante ce que précédemment il n'a pas craint do faire pour l'amant. Après qu'il l'a conduite dans une salle de fcstia où il lui enseigne la manière de produire plus d'effet, en arrivant tard, dans l'éclat des flambeaux, de manger at^réablement et de boire autant que peut le supporter la raison, il la mènejusque dans la chambre chère à Vénus et il lui dicte les derniera conseils de l'art. C'est seulement ((iiaud il s'est entièrementacquitté envers les femmesdesoa rnle d'instructeur, qu'il les prie, comme il en a déjà prié lis amants, d'inscrire avec reconnaissance sur leurs trophées : « JVaso magister crat » (v: 747-812),
L'ordre dans lequel sont rangés tous ces préceptes n'est pas d'une parfaite régularité ; plus d'une fois il arrive à
Fauteur d*en rattacher un au précédent par une transition marquée par des mots plutôt que par la logique, c Laissons ces petits détails », dit-il, par exemple, après une série de conseils sur les précautions qu'une femme doit prendre dans sa correspondance, c passons à des sujets plusgraves», et aussitôt il l'instruit du sort qu'elle se ferait en se livrant à l'orgueil et à la colère.
Sed licet a parvis animum ad majora referre...
Uu peu plus loin, à une leçon sur la manière d'aviver la passion d'un amant par la crainte d'un danger il s'avise d'en faire succéder une sur les différentes ruses propres à déjouer la surveillance d'un gardien : c J'allais passer ce point sous silence, prselerilurus eram S se contente-t-il de dire, traitons-lc ». Ou bien, après un épisode produit à l'appui des dangers de la jalousie, s'il veut parler de la conduite à tenir dans les festins, deux choses qui n'ont guère de rapport entre elles : « Maintenant, continue-t-il, reprenons notre course, sed repetamus iler ; vous attendez de moi sans doute des avis sur les festins ?
Scilicet exspectes, dum te in convivia ducam ? »