XIV, V
UVRE QUATRIÈME. Ql. VI, 3.
Bxpose-t-il le châtiment infligé aux paysans lyciens qai insultent Latone, « vivez, s'écrie la déesse, vivez à jamais dans cet étang ! » Soudain ces hommes grossiers s'y jettent avec joie, plongent, reviennent sur le bord, sautent de nouveau, et, jusque sous l'eau, tentent encore de se livrer à l'outrage; tous les mouvements qu'ils font ressemblent à ceux de l'homme non moins qu'à ceux de l'animal dont ils vont prendre la forme; puis le vers qui marque la continuation de leurs efforts pour poursuivre Tinsulte donne à Toreille la sensation d'un coassement ; nous comprenons que leur voix devienne rauque, que leur gorge s'enfle et se dilate, que leur bouche s'ouvre en un large rictus pour vomir leurs injures; et ces changements en amènent progressivementd'autressurlesdiversespartiesetisurla couleur du corps, de sorte qu'à la fin, lorsque le dernier mot noos donne le nom de l'animal, toutes les phases de la métamorphose ont été si logiquement décrites que nous n'en éprouvons aucune surprise. *
Comme dans le règne animal, il découvre dans celui des végétaux un grand nombre d'analogies qui lui permettent la même aisance et la même grâce pour la peinture des transformations du corps humain. Lorsque Myrrha, se repentant de l'inceste qu'elle a commis, obtient des dieux une forme humaine qui la dérobe aux regards des Ombres comme à ceux des vivants, elle est changée en arbre. « Elle parle encore et déjà la terre recouvre ses pieds ; les ongles se divisent, il en sort des racines tortueuses, ferme appui du tronc qui s'allonge ; les os deviennent bois et la moelle continue d'y circuler ; le sang se change en sève, les bras en longues branches, les doigts en petits rameaux ; la peau se durcit en écorce; déjà l'arbre, en s'élevant, a enserré le flanc qui porte la preuve du crime ; la gorge a été envahie ; le cou va disparaître ; Myrrha n'attend pas, prévenant le bois qui la gagne, elle s'incline et y plonge la tête. Mais bien qu'elle ait perdu, avec sa forme humaine.
(1) Liv. VI, V. 370 sqq. Voir Appendice cccxzix.
ses anciens sentiments, elle pleure toujours; de l'arbre qui la représente coulent goutte à goutte des larmes tièdes, des larmes bien précieuses ; c'est la myrrhe parfumée, qui conserve son nom et qui perpétuera son souvenir à jamais. »
Crura loquenlîs
Terra supervenit ; ruptosque obliqua per ungues Porrigilur radix ; longi firmamiDa trunci Ossaque robur agunt ; mediaque manente inedulla, Sanguis it in buccos, in magnos brachia ramos, In parvos digili : duratur corlice pellis. Jamque gravem crescens uterum prsestrinxerat arbor, Pectoraque obruerat, collumque operire parabat : Non tulit illa moram, venientique obvia liguo Subsedil, mersitque suos in corlice vultus. Quae, quamquam amisit veteres cum corpore sensus, Fiel tamen, et tepidae manant ex arbore guttae. Est honor et lacrimis ; stillataque corlice murrha Nomen herile tenet, nullique tacebitur aevo.
La pierre elle-même fournit des développements d'une même facilité. Aglaure, jalouse de sa sœur Hersé, a mis obstacle à Tamour de Mercure qui, de son caducée, la change en statue inanimée sur le seuil du palais dont elle lui défend l'entrée. « Elle veut se lever, mais tous les ressorts qui obéissent à notre volonté quand nous nous asseyons, saisis par une invincible pesanteur, ne peuvent se mouvoir. Elle s'efforce de se redresser, mais les articu lations de ses genoux se raidissent ; ses veines, privées de sang, perdent leur couleur; comme un cancer qui, par une marche irrésistible, gagne sans cesse et s'étend des membres viciés aux parties saines, le froid de la mort pénètre par degrés au cœur d'Aglaure, coupe en elle les voies de la vie et de la respiration. Elle n'essaya pas de parler, l'eûtelle essayé, sa parole n'eût pas trouvé de passager; déjà la pierre tenait la place du cou, son visage était durci ; dans la position d*une personne assise, ce n'était plus qu'une
lUrt LIVIIE OrATHEKNK. Cil. VI, 3.
Htatiic inaninu'c, et do pierre nullement blanche, car son Aiiio avait ùtù viciée.
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t'IiH-limiis. i}:iiava neqiicuni griivjute moveri.
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Yil.ilrsqui' \U^ ei n-»pir»iiiiiia clau^it.
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N*« lipi* albus enl: sua iikus inW^rnt iliam.