‹ Histoire de la littérature latine au temps d'AugusteChapitre 23 sur 32 · III, 25, V · texte numérisé non relu

III, 25, V

Rien sans doute n'empêche de supposer que, même après cette signification, leurs relations continuèrent encore. M. J. Cranstous, par exemple, le pense'; M. F. Plessis incline vers le même avis*; M. Bonafous croit aussi* que, liés en quelque sorte par la force de l'habitude, et bien que Cynthie eût dans le quartier malfamé, dit Suburaniis °, une

(1) Journ. des sao., 1886, p. 193.

(2) Cependant les opinions des commentateurs sont très diverses : les uns font entrer dans ces cinq années celle du discidiurrif d'autres la mettent à part et d'autres encore ne comptent les cinq ans qu'à partir du discidium. Ainsi Lachmann, supputant la durée de la liaison depuis l'origine jusqu'à la rupture en question , la fait aller de l'an 31 à l'an ti ou 23 ; C. Liéljoham {Comment. Prop., Kiel, 1869), de l'an 30 à la fin de l'an 22 ; Hertzberg, de l'an 28 au commencement de l'an 22 ; Bartli, de l'an 3-i à l'an ^ ; Bonafous, du commencement de l'an 27 au commencement de l'an 22 ; «t F. Plessis du milieu de l'an 29 à la On de l'an 24.

(3) The eleg. of Prop., p. 21-22.

(4) EU s. Prop., p. 2ii.

(5) Thèse citée, p. 4546.

<6) Éleg. IV, 7 v. 15.

518 LIVRE QUATRIÈME. Cil. III, 1.

maison particulière pour y jouir d'une plus grande liberté, ils vécurent la plupart du temps ensemble jusqu'à sa mort. Toujours est-il que, lorsqu'elle mourut. Properce, comme nous le voyons par l'élégie 7 du livre IV, n'assista pas à ses derniers moments et n'accompagna même passes funérailles * ; vraisemblablement, au milieu de la vie de dévergondage qu'elle menait, ce fut dans les bras d'un autre qu'elle rendit l'àme et l'on comprend assez, en un cas pareil, l'abstention du poète. Mais il n'en garda pas moins chez lui les esclaves qui avaient été attachées au service de la défunte et s'il ne put tougours défendre Pétale et Lalagé des sévices qu'était tentée d'exercer contre elles la nouvelle maîtresse qu'il venait de prendre, il semble avoir fait en sorte que Parthénie, la nourrice de Cynthie, ne manquât de rien dans sa vieillesse et que Latris,la plus chérie de ses servantes, ne fût chargée d'aucun service désagréable*. Même auprès d'une autre femme, le souvenir de celle que, malgré tout, il avait tant aimée, resta vivace en son cœur.

Du reste, en même temps que des jours de félicité qu'il avait goûtés avec elle et qui lui avaient fait dire qu'elle était tout pour lui « sa maison, ses parents, toutes ses heures de joie »,

Tu mihi sola domus, tu Cynthia, sola parentes Omnia tu nostra? tempora Isetitiae,

ne devait-il pas lui être reconnaissant aussi des chants qu'elle lui avait inspirés? Dès qu'il avait publié le premier livre do ses élégies, consacré presque entièrement û sa passion, n'était-il pas arrivé tout de suite à cette célébrité qui lui avait valu son admission dans le cercle de Mécène, son intimité avec Ovide, son amitié avec Ponticus, avec Bassus, avec .l^lius Gallus, avec le jeune TuUus et tant

(1» FAéij. IV, 7, V. t\\ti, (i) M. V. i'J -K) et 73-TJ.

d'autres qui, par leur talent littéraire ou leur noblesse, tenaient le plus haut rang dans la société romaine ? C'est à elle, en somme, qu'il devait la plus grande partie de sa gloire*.

Elle morte, les chants amoureux ne lui parurent plus pouvoir à eux seuls occuper sa vie. Depuis longtemps déjà. Mécène, avec qui il entretenait des relations d'autant mieux suivies qu'il demeurait non loin de lui ^ et qui, sans aucun doute l'avait présenté à Auguste, l'encourageait à modifier son genre de poésie pour échanger son rôle de poète élégiaque contre celui de chantre national. Cette pensée, que tout d'abord il avait rejetée bien loin, s'était peu à peu glissée dans son esprit, avait fini par le préoccuper sérieusement*, si bien que, sensible, dans sa propre misère, au spectacle du bonheur public et de la prospérité merveilleuse de Rome, il se mit à composer une œuvre patriotique. Nous verrons, en examinant la série de ses poèmes,ce qu'eût été cette entreprise,si la mort,en le frappant prématurément, ne l'avait presque aussitôt empêché d'y donner suite.

Les œuvres de Properce, telles qu'elles nous ont été livrées par les manuscrits * sont divisées en quatre livres,

(i) Cf. Martial, Épigr, xiv, 189.

Cynlhia, facundi carroen juvénile Propcrli, Acccpit ramaro, ncc minus ipsa dcdit.

Cf. id. Épigr. viu. 73: • Cyntliia Icvatem fecit -.

(2) Un vers de rélégic 111. 23 nous apprend que Properce habitait aux Esquilies : <^ I puer... et dominum Esquiliis scribe hahitare tuum, » V. 23.

(3) Voir le volume précédent, p. 58-60.

(4) On pput diviser les mss de Properce en deux familles. — Dans la première se distinguent deux rameaux. D'un côté : le Neapolitanus, ainsi

520^ LIVRE QUATRIÈME. CH. Ill, 2.

et cette division est restée invariable jusqu'au commencement du sii'cle dernier, mais, à cette époque, Lachmann ', en publiant son édition, imagina de dédoubler le deuxième livre, de faire ainsi de l'ensemble cinq livres au lieu de

appelé depuis llcinsius qui le consulta à Naplcs. II se trouve à la bibl. ducale do Wolfenbûttel et contient, en 71 feuillets de â05 millimétrés de hauteur sur liO de larg., tout Properce, sauf les v. 17-76 de la dernière élégie. Taudis que Luc. Mûlleret Bshrens pensent qu'il appartient au xs*s., Lachmann et llcrtzberg le croient du xvi« et Keil du xii« ; c'est à cette dernière opinion que se rangent Fr. Plessis et E. Châtelain. Ils le considèrent comme le plus ancien, le plus sain et le plus important de tous les mms. de cet auteur. De l'autre côté sont : l» le VossianuSy conservé à la biblde l'I-niv. de Leyde, de la seconde moitié du xive s., mais qui ne se compose que de 10 feuillets et s'arrête au livre 11, 1, 63; 2» le Laurentianus, que possède la bibl. laurentienne de Florence, de la première moitié du xv*8., complet en 73 feuillets. — La deuxième famille comprend : le Vaticanus (Otloboui, no t^U), en écriture italienne, du milieu du xv* s., composé de 8i feuillets, et le Daoentriensis^ de la bibl. de Deventer en Hollande, en écriture italienne, du xv« s., comptant 68 feuillets et ne commençant qu'à I, 2, U. — Après ces mss. viennent ceux qui mêlent les leçons des deux fEunilles : le Groninganus et le HarnburgensiSj tous les deux du xv« 8., aujourd'hui le premier à Groningue^ le second à Hambourg, l'un se rattachant plutôt û in première famille et l'autre à la seconde. — Quant au Perw<inus, ('•crit à Pérouso, dans la ifi moitié du xv* s., au Parisiensis de la Bibl. nntioiiulc n» 7989, écrit en Italie en 1i^3 : au Memmianas (Bibl. liai, u» 8^33), écrit à Florence en 1^5 ; au Mentelianui^^ aujou^ d'hui à Leyde, écrit en Itnlieau xv» s., il est bon de ne les consulter qu'avec beaucoup de priulence. Il en est de même de ceux qui, à la bibliothèque nationale (le Pnris, portent les numéros 799(^ 8535, 8230, 8237 ; 8458 et 8i59, qui tous sont île la (in du .\v* s. ou de la l"^» moitié du xvi«s. (Surces mms. voir : W. Ilerlzberg, éd. I, p. 231-!2i8 ; L. Millier, éd. p. IV sq. ; Th. Struv«, Phihlo(f(C'< Mil pp. 387-394; F. Plessis, Et. sur Prop., pp. 1-45. M. Em. Châtelain, dans sa Paléographie des classiques latins, a donné des spécimens du XcfipalitanuSf du Vossianus et du Vaticanus.)

(1) Pa^'nn les ditions qui ont précédé celle de Lachmann, il faut citer: l'édition Prinrep d Venise, en 1472; celles de Reggio et de Vicence, en 1481 ; de Volscus Home, 1482) ; de Brescia (1485); et la meilleure de celles delà fin du XV' s., celle de Beroaldo, réimprimée plusieurs fois à Venise; les Âldiues de 1502 et de 1515 ; la Juntinc,de 1503 ;celles que publièrent Simon de Collines (Paris, 1529-1553), les Gryphe (Lyon, 1534-1573); Muret (chei Paul Aide Manuee, Venise 1558-1559); G. Canler (chez Plantin, Anvers, 1569) ; J. Sciiliger (Paris, 1577 ; 5« éd., Lyon, 1622), avec beaucoup de transpositions; Donsa le llls (Leyde, 1588; chez Plaptin 1592) ; celle que

quatre, et les éditeurs qui l'ont suivi * se sont malheureusement partagés entre son système et l'ancien.

Il y a, en effet, dans le livre II un passage qui prête à controverses et sur lequel peuvent s'appuyer, non sans quelque apparence de raison, Lachmann et ses partisans. Le poète, en parlant, au milieu de l'élégie 13, des funérailles qu'il désire pour lui-même, dit qu'il ne souhaite ni la pompe d'une longue suite d'images, ni la lamentation bruyante des trompettes, ni l'éclat d'une litière d'ivoire rehaussée d'or, mais qu'il préfère à cette magnificence de simples obsèques plébéiennes, et il ajoute :

Sat mea, sat mugna est si très sint pompa libelli, Quos ego Persephonae maxima dona feram ;

prépara Jean Licvcns et que publia plus tard Gebhardt (Francfort, 1621) ; l'édition oariorum parue chez Claude Morct (Paris 160i) ; celle de J. Pas* serat (Paris 1608;, d'une érudition profonde et d'un goût incontestable ; de J. G. Grœfe (Ctrecht, 1(^80) ; de BroekhuyscD (Amsterdam, ilO^iTil) ; de Volpi (Padoue, 1755), trop févèrement jugée par Hertzbcrg ; de F. G. Barth (Leipzig, 1777), savant consciencieux, mais de moyens médiocres; de Burmann Second, éd. publiée par L. Santen (Utrecht, 1780), avec un commentaire abondant et très savant dont se sont servis la plupart de ses successeurs ; l'édition do la société Bipuntine (1783) ; celle de Kuinu.>I (Leipzig, 1805).

(1) Entre les deux éditions très différentes de Lachmann (Leipzig, 1816 ; Berlin, 1829), parurent celles de J. A. Aroar (Paris, 18:21), de F. G. Pottier (Paris, 18^25) ; de Fr. Jacob et de H. Paldam, toutes deux de 1827, l'une à Leipzig, l'autre à Halle. Puis vinrent Tédition anonyme de la collection Lemaire (Paris, 1832) ; celle de Fr. Gruppe (Leipzig, 1839), avec une curieuse distribution des élégies ; dellerlzberg (Halle, 18^3- 1815), éd. importante par les Quœstiones que contient le tome I ; de Keil (Leipzig, 1850-1867) ; de F. A. Paley (Londres et Cambridge, 185:M872); de M. Haupt (Leipzig, 1863, -i^ éd revue par Vahlen, 1879); de D. Carutti (La Haye, 1869), avec une distribution plus singulière encore et moins ingénieuse que celle de Gruppe ; do Luc. Mûller (Leipzig. 1870) de Bœhrens (éd. Teubner, grand format 1880), ouvrage utile mais qui renferme trop de conjectures aventureuses ; de A. Palmcr (Dublin, 1880), ouvrage consciencieux et prudent. Puis queîques éditions partielles à l'usage des classes : K. P. Schulze, Rom. Elegiker (Berlin, 1879; ; J. P. Postgatc, Select Elégies of Propertius (Londres, 1881), avec une excellente introduction ; Kamsay, sélections with introd. (2« éd. Oxford, 1896^. Voir sur les éditions de Propcrcc : Horlzberg, t. 1, pp. 248-259 ; F. Plessis, Et, sur Prop,, pp. -47-92).

522 LIVHE QUATUIÈME. CU. III, 2.

vers que ces éditeurs expliquent ainsi : « Ce m'est assez, ce m'est un assez beau cortège d'avoir trois livres que j'apporte, don de très haut prix, à Perséphone*. Et comment/objectent-ils, parlerait-il de ses trois livres d'élégies alors qu'il n'écrivait encore que le deuxième ? Il faut de toute nécessité, selon eux, que cette élégie 13 fasse, avec celles qui l'entourent, un troisième livre ; puis sous prétexte que l'élégie 10 a un caractère particulier, ils n'hésitent pas à la placer en tête de leur nouvelle division, sans remarquer que ce caractère même s'y oppose, puisqu'il serait on ne peut plus anormal qu'une pièce dont le développement est évidemment guerrier servît de prélude à un livre consacré entièrement à l'amour ». On a beau leur représenter d'ailleurs que leur coupure donne au livre II une brièveté invraisemblable (354 vers) ; on a beau leur citer ce distique de la 24* élégie (dont ils font la 16* élégie de leur livre III) où il n'est question que cTun seul livre d'amour ayant répandu déjà dans tout le forum le nom de Cynthie :

Tu loqueriâ cum sis jam nolo fabula libro Et tua sit toto Cynthia lecta foro ?

on a beau même leur opposer le témoignage formel de Nonius qui, à propos du mot secundare, cite comme faisant partie du livre III un vers qui se trouve eu effet appartenir à ce livre dans la numération vulgaire ; ils répondent : 1* que, le texte de Properce étant généralement en mauvais état, il a pu s'en perdre des parties importantes qui auraient augmenté sensiblement le nombre de vers de leur livre II; 2° qu'en publiant en même temps les livres U et III (numération nouvelle), le poète se trouvait en droit de no parler dans le livre III que d'un seul livre déjà

(1) Cf. Gruppc, Die rOni. Eleg.y t. I, p. 275; lleimreich, Qusest. Prop.^ p. 3t ; Herzberg, QiOFSt.y p. il7.

LIVKE OCATRIÈMIi. Cil. III, 2. 523

connu, et qu'enfin 3% comme il y a parfois des erreurs de chiffres dans les manuscrits, on ne doit pas s'étonner outre mesure que le copiste de Nonius en ait commis une.

Mais il n'est pas nécessaire de bouleverser ainsi Tordre connu des quatre livres pour arriver à une explication sensée du distique en. question. M. Yoigt * en a donné une : il a remarqué que, si Properce s'est quelquefois servi du mot /t6er dans le sens de libellus, jamais il n'a employé le mot libellus dans le sens do liber, et de plus que le mot ter a souvent chez lui *, comme chez la plupart des écrivains latins, la signification de plusieurs, quelques : les deux vers voudraient dire : « Ce m'est assez, ce m'est un assez beau cortège d'avoir quelques élégies à offrir, don d'un très haut prix, à Perséphone ». Une autre explication plus vraisemblable encore a été exposée, d'après Poldam et Passerat, par M. Faltin^ : il montre le tour conditionnel de la phrase 51 iressint libelli et conclut qu'elle signifie, avec l'expression d'un désir de l'auteur : « Ce m'est assez.... sifai trois livres. » M. F. Plessis * adopte cette dernière explication qui lui parait plus naturelle et plus juste. Cependant M. Boissier, avec la sage habitude qu'il a, nous conseille d'avouer notre ignorance là où nous ne pouvons rien affirmer, et nous aimons mieux reconnaître, avec lui, que nous ne savons pas au juste les raisons que Properce avait d'écrire « si très sint pompa libelli » au lieu de « duo sunt si pompa libelli » qui aurait aussi bien fait son vers. La thèse de Lachmann n'en reste pas moins insoutenable et il est vraiment regrettable qu'elle se soit produite ; car elle a amené dans l'ensemble des éditions de Properce la coexistence de deux systèmes de numération qui devient une cause de complication et de perte de temps souvent considérable pour ceux qui étudient les œuvres de ce poète.

(i) De quarto Prop. libro, HelsinforMœ, 1872, pp. 3-17 — Cf. A. Nobbe, Obaeroationum in Prop. carinina spécimen, Lcipzii;, 1818. (2) Cf. I, 16, 13 ; II. 23, 22 ; !ll, 7, 6; lU, 12, 15 ; IV, 0, 75 ; IV, 10,26. (3i Zur Propenkritik^ Eisciibcrg, 1876, p. 19. (4) Et. 8. Prop., p. lOi et p. 108.

524 UVREQUATRIÈME. Cil. 111, 2.

II est encore une question que nous sommes tenus d'examiner avant d'aborder l'analyse de chacun des quatre livres. Vous avez dû remarquer que, si la vie de Properce est presque tout entière dans son amour pour Cj-nthie, je ne me suis pas arrêté dans sa biographie à mentionner les incidents successifs que racontent ses élégies. C'est que je suis de l'avis de ceux qui pensent que, pour charmer ses lecteurs et donner plus de variété à son œuvre, il y a mêlé le roman et la vérité. Non pas que je mette en doute la sincérité des sentiments qu'il a exprimés ; rien que la 7* élégie du livre IV écrite après la mort de sa maîtresse montre assez la profondeur de l'amour qu*entretint son cœur pour nous interdire tout soupçon de cette nature ; je suis convaincu que les joies et les tristesses, les louanges et les reproches, les protestations de fidélité et les paroles de rupture que nous trouvons chez lui sont exactement vrais et qu'en un mot il a mis son âme dans ses vers ; mais, sans jamais rien dire qui ne fût absolument conforme à ce qu'il sentait, n a-t-il pas souvent imaginé le cadre dans lequel il se plaçait pour nous représenter les divers aspects de sa passion ? Voilà le point délicat qui doit avant toute chose nous occuper et qu'a singulièrement élucidé M. Boissier.

Avec son ingénieuse perspicacité, l'éminent critique a pris soin d'appeler vivement notre attention sur les éloges que Properce se décerne à lui-même dans la première pièce du livre III. Là, en effet, Properce, après avoir conjuré les mânes do Callimaque et de Philétas de l'introduire dans leurs retraites sacrées, se pose en grand-prêtre qui entreprend de puiser à une source pure pour transporter dans la poésie latine les chants de la Grèce, et fier de ses vers qui, soigneusement travaillés, l'élèvent, dit-il, de la terre aux cieux, il se représente avec la Muse, dont il est le père, sur un char triomphal où monte à ses côtés une troupe de petits amours et que suit, comme derrière un vainqueur, la foule des écrivains ses rivaux; il déclare que, seul jusqu'à présent, il a rapporté des sommets qu'habitent

les neuf sœurs, par un chemin non encore frayé, cet ou* vrage écrit pour que Rome le lise dans les loisirs de la paix.

Callimachi mânes, et Coi sacra Philetac,

In vestrum, quœso, me sinitc ire nemus Primus ego ingredior puro de fonte sacerdos

Itala per Graios orgia ferre choros. . . .

Exactus tenui pumice versus eat, Quo me Fama levât terra subltmis, et a me

Nota coronatis Musa triumphat equis ; Kl mecum in curru parvi vectanlur Amores,

Scriptorumque meas turba secuta rotas. . . . Sed, quod pace legas, opushoc de monte Sororum

Detulit intacta pagina nostra via.

Elég, III. 1 V. i-4, 8-12; 17-18.

En l'entendant parler ainsi, devons-nous le considérer comme un imposteur qui feindrait d'ignorer ceux qui l'ont précédé dans le même genre de poésie, qui nierait et Catulle, et Gallus et jusqu'à Tibulle ? Ou bien ne faut-il pas plutôt penser qu'il ne s'attribue avec tant d'orgueil un mérite nouveau que parce qu'il a, en effet, entrepris de transporter dans l'élégie latine pour la première fois un procédé de composition propre aux élégiaquos grecs ? liOrsqu'on parcourt les romanciers grecs on est frappé de la similitude qui se retrouve dans le plan de tous leurs récits où sont décrites, à peu près avec la même succession de faits, les phases de la passion de leurs amants ; et, si l'on se souvient qu'ils se sont plu à chercher leurs modèles dans l'élégie Â.lexandrine, on apprend par eux, puisqu'il ne reste pour ainsi dire rien des élégies de Caliimaque et de Philétas, que Properce proclame ses maîtres et ses inspirateurs, comment ceux-ci ont dû procéder dans la peinture des sentiments : eux aussi, sans nul doute, comme les romanciers leurs imitateurs, avaient traité l'amour d'une manière générale, en le faisant passer dans leurs vers par l'ordinaire série des incidents qui constituent l'histoire d'une

^26 LIVHK OtATHIÈMK. Cil. III, i.

aventure amoureuse. Or, le propre de l'élégie latine, jusqu'à Properce, avait été précisément de délaisser ce moule artificiel pour s'en tenir à l'expression naturelle des sentiments personnels. Catulle y avait témoigné sa vivacité et son emportement ; TibuUe, avec une certaine monotonie, sa charmante tendresse. Properce crut mieux faire ; sans rien abandonner de ce caractère essentiel des élégiaques latins habitués à épancher sincèrement les sentiments de leur cœur, il voulut rendre à ce genre de poésie la variété que lui donnaient les petites scènes dramatiques de lélégic Alexandrine, et c'est dans ce retour à une imitation plus Adèle des maîtres grecs que consiste la nouveauté dont il s'est flatté. « Il cherche, dit M. Boissier, à présenter la passion sous des aspects qui changent et fait de chacune de ses pièces un petit tableau différent. Gynthie est tour à tour facile ou sévère, triste ou gaie, malade ou bien portante ; elle promet d'être fidèle, puis elle manque à ses serments ; on se brouille, on se réconcilie ; on se quitte et on se reprend ; ce sont comme les scènes diverses d'un drame qui se joue devant nous.... Quelques-unes sont imaginées avec beaucoup de finesse et d'agrément, celle .parcîxempleoii il se représente appréhendé la nuit par une bande de petits Amours qui le ramènent chez samaitresse. Dautres contiennent tout un drame auquel il nous fait assivSter. Cynthie va le quitter, elle est décidée à suivre un autre amant ; Properce arrive chez elle ; il parle, il prie, il pleure, il est si éloquent qu'elle consent à rester, ce qui lui -cause une joie débordante: (Elég. I, 3).....Tout cela saccommoile assez biim avec l'idée que nous nous faisons de la poésie Alexandrine où l'artifice devait tenir une grande place * ».

11 y a, vous le voyez, chez Properce un mélange de roman et de vérité qui fait que nous aurions couru grand ristiue de nous tromper souvent si nous avions tenu à reconstituer avec ses élégies l'histoire de ses amours et dont il nous sera toujours bon de rester avertis en le lisant.

(I) Journ, des sao., 1886, pp. 197-198.

Cette lecture deviendrait on ne peut plus embarrassée si, en la faisant, nous avions à nous occuper des changements apportés au texte des manuscrits par certains éditeurs et certains critiques qui ont semblé tenir à cœur de ne rien y trouver qui ne fût contestable. Relever les interversions, les corrections, les mutilations de toutes sortes qu'ils ont imaginées et dire les discussions qu'elles ont suscitées remplirait plusieurs volumes. Heureusement rien ne nous oblige à ce travail fastidieux qui me parait d'autant moins intéressant qu'il présente, en somme, peu d'utilité pratique, la plupart des modifications audacieuses qu'on propose, outre qu'elles sont invraisemblables, formant dans leur ensemble un texte non moins rempli de difficultés sérieuses que celui qui nous est fourni par les manuscrits euxmêmes. Sans nous engager dans des hypothèses plus ou moins téméraires, suivons, dans notre lecture, avec la numération vulgaire, les leçons le plus généralement adoptées et qu'autorisent les manuscrits réputés les meilleurs.

Il n'est pas douteux que Properce ait présidé lui-même à la distribution de ses œuvres en livres; mais des quatre livres dont elles se composent, le premier est le seul que Ton considère avec certitude comme ayant été publié par lui. Il y a doute pour le second et le troisième, quoique les présomptions soient plutôt dans le sens affirmatff, puisqu'on a peine à croire qu'un poète, qui aimait tant à profiter de sa gloire, les aurait retenus près de dix ans sans les produire. Quant au quatrième, bien certainement, il n'a été publié que par ses amis après sa mort.

Le premier, qu'on intitulait dans l'antiquité Cynthia, mer

nobiblos \ et qui jouissait déjà d'une grande réputation au moment où s'écrivait la deuxième moitié du second*, renferme vingt-deux pièces. Sur ce nombre, trois seulement, les trois dernières ne se rapportent pas à Cynthie, toutes les autres la concernent : six (2, 8, 11, 15, 17, 19) lui sont adressées nommément, et une (16) indirectement puisque le poète y fait parler la porte de sa maîtresse au sujet de ses amours ; dans les deux élégies 3 et 18, il se parle d'elle à lui-même; puis celles qu*il adresse à ses amis, à Tullus (1, 6, 14), à Bassus (4), à Gallus (5, 10, 13), à Ponticus (7, 9), à un ami anonyme (12), il les leur écrit ou pour leur parler d'elle seule, ou à propos d'elle, ou en pensant à elle.

L'élégie 1 n'est peut-être pas la première dans l'ordre chronologique décomposition : ainsi pense F. Plessis, bien que, dans le chapitre spécial qu'il consacre à la chronologie, il cherche à établir que les élégies à Cynthie et sur Cynthie sont généralement classées dans l'ordre de la composition. Vous avez vu, en effet, par les poésies d'Horace, que les poètes aiment assez à mettre entête de leurs livres, sous forme en quelque sorte de préface, une de leurs dernières pièces, c'est-à-dire une de celles qui représentent le mieux l'état de leur âme dans le moment de la publication; et il semble bien que les plaintes que Properce exprime ici au sujet des tourments qu'il endure depuis une année tout entière, s'appliquent à ceux qu'il a subis pendant l'année du discidium. Ou bien il faudrait admettre que Cynthie se fût montrée cruelle envers lui durant toute une année avant de céder à sa poursuite, chose très invraisemblable de la part d'une femme qui évidemment a éprouvé tout de suite un penchant pour lui et qui n'était pas d'un caractère à imposer de si Longs retards à la satisfaction de ses caprices^. Quoi qu'il en soit, le sujet de ce petit poème est

(1) Cf. Hertzborg, Quxst.j lom. I, p. 220 sqq.

(2) Élég., Il, 2i V. 1. Voir ci-dessus p. 522.

(3) d Ncquc omnino ii, credo, Cyntbiœ mores fucre ut eam tam duram se pra;buisse vcrisimilc sit. » H. Koauth, Quœst, Prop.f p. 12.

très simple. Le poète^ qui écrit à Tallas, commence par déclarer que Cynthie est la première femme dont les regards raient captivé ; puis il se lamente de ce que, moins heureux qu'Hippomène qui dompta Torgueil d'Atalante, il ne peut fléchir les rigueurs de celle qu'il aime (v. 1-18) ; il appelle à son secours Tart magique (v. 19-24) ; il demande un remède à ses maux et conseille à 808 amis d'éviter un supplice pareil au sien (v. 25-38).

Dans l'élégie 2, il est en possession de Cynthie ; charmé de la beauté dont elle est douée, il l'engage (22 vers) à ne pas chercher dans les parures et les ressources de l'art des moyens de modifier ce que la nature a si bien faiti. « L'amour est nu, lui dit-il, et dédaigne les vains artifices; Hippodamie n*eut pas besoin d'attraits empruntés pour séduire le Phrygien Pélops ; les femmes sont assez belles ornées de leur seule pudeur ; et moi, je t'aime et t'aimerai toujours, telle que tu es, sans que tu recoures à un luxe inutile . » — C'est ainsi que Le Brun Pindare, en regrettant la simplicité de l'âge d'or, parlera de la pudeur :

Celte tendre pudeur, la première des grâces, La pudeur seule était le fard de la beauté, Et la vertu riante amenait sur ses traces La pure volupté.

Od. III, i.

C'est ainsi également que Voltaire, dans une de ses Poésies mêlées (à madame la marquise (TUssé) établira entre l'art et la nature une opposition charmante, et qu'André Chénier, exerçant sa muse dans un poème sur VArt d^ aimer ^ montrera comment

L'or ni les diamants n'embellissent les belles.

L'élégie 3 (46 vers) est un récit. Properce raconte comment, en revenant tardivement d'un festin, il est entré

(1) Voir Appendice ccxciii.

â30 LIVRE QUATRIÈME. CU. III, 3.

itons bruit dans la chambre où reposait Cynthie. Malgré fardcur que lui inspiraient Bacchus et TAmour, il a respecté son sommeil, est resté en contemplation devant les charmes de sa maîtresse endormie. Et elle, lorsqu'un rayon de lune, tombant sur ses yeux, l'a réveillée, s'est mise à lui reprocher, en amante qui craint les infidélités, sa venue si tardive. — Le tableau est on ne peut plus gracieux. Nos poètes erotiques l'ont souvent imité.Yoyez Golardeau, dans ses Pièces fugitives :

Tu dormais ; et mes pas que j*appuyais à peine, Soutenaient en tremblant ma démarche incertaine . Coupable, intimidé, je craignais ton réveil: Je n*osais t'arracher à la paix du sommeil....

Dorât, dans son Baiser III ;

Quel tableau I celle que j*encense Sommeillait avec volupté Sous un voile au hasard jeté...

Sur l'ivoire d*un bras flexible Son cou reposait incliné....

Bertin, dans la 4» élégie du livre I de ses Amours :

Sous ses rideaux, j'ai surpris mon amante. Quel fut mon trouble et mon ravissement I Elle dormait, et sa tête charmante Sur ses deux mains reposait mollement....

et Tissot, dans celle de ses Poésies erotiques qu'il a intitulée Le Somnieil dEucharis :

Immobile et brûlant, je m'enivre à longs traits

Du plaisir inconnu d'admirer tant d'attraits;

Je le goûte en amant, en jaloux, en avare.

Dans leurs transports mes sens brûlent de tout oser :

La volupté contient le désir qui m'égare....

L'élégie 4 (28 vers) est adressée à Bassus. Properce y reproche à son ami, qui lui vaotait sans cesse d autres beautés, de vouloir le rendre infidèle à Cynthie. 11 le laisse libre de célébrer toutes les femmes des temps anciens et du temps présent; mais il lui montre combien leur gloire s'éclipse devant celle de sa maîtresse qui, aux charmes du corps, joint encore ceux de l'esprit, et combien, par conséquent, doivent être vains les efforts faits en vue de rompre ses serments d'amour envers elle.. Il le menace même du courroux de Gynthio si elle est instruite du mal qu'il a voulu lui causer.

Par l'élégie 5 (32 vers) il détourne son autre ami Gallus de chercher à plaire à Cynthie. 11 lui décrit les tourments qu'il se préparerait en poursuivant une femme qui, plus qu'aucune autre, sait retenir dans un duresclavage les cœurs les plus indomptés. Il l'avertit de la risée publique dont son noble nom deviendrait l'objet,, si l'on apprenait une telle folie, et aussi de l'impuissance où luimême se trouverait de- le consoler, ne voyant pour son propre compte aucun remède à ses maux. « Cesse, lui criet-il, de vouloir éprouver le pouvoir de ma Cynthie : ce n'est pas impunément qu'elle s'approche de celui qui l'appelle. »

Quare, quid possit mea Cynthia, desine^ Galle, Quserere: non impuoe illarogala venit.

Dans l'élégie 6 (36 vers) il parle à Tullus. Il l'assure qu'il ne craindrait pas de l'accompagner à travers l'Adriatique et la mer Egée jusqu'aux extrémités dePOrient; mais les tendres protestations, les prières et les reproches de Cynthie le retiennent près d'elle. Comment lui résister ? Que Tullus, dont le cœur n'a jamais battu que pour la patrie, aille donc, sans connaître les misères d'une vie amoureuse, soutenir au loin l'illustration de ses aïeux ; quant à lui, qui n'est pas né pour la gloire, il suivra^sa destinée, sous les drapeaux de TAmour, végétant toujours dans la mollesse. Il le prie seulement de se souvenir parfim

d'un ami ôertaiDement né sous une étoile malheureuse. — Parny s'est évidemment inspiré de toute la première partie de cette pièce lorsqu'il a écrit le voyage manqué :

Abjurant ma douce paresse, J*allais voyager avec toi ; Mais mon cœur reprend sa faiblesse ; Adieu/ tu partims sans moi.

Les baisers de ma jeune amante Ont dérangé tous mes projets.

Ses yeux sont plus beaux que jamais ; Sa douleur la rend plus touchante.

Elle me serre entre ses bras, Des dieux implore la puissance, Pleure déjà mon inconstance, Se plaint et ne m'écoute pas.

A ses reproches, à ses charmes, Mon cœur ne sait pas résister.

Qui ! moi, je pourrais la quitter !

Moi, j*aurai vu couler ses larmes, Et je ne les essuirais pas 1 Périssent les lointains climats.

Dont le nom causa ses alarmes I Et toi, qui ne peux concevoir Ni les amours, ni leur ivresse ; Toi qui des pleurs d'une maîtresse N'as jamais connu le pouvoir, Pars

L'élégie 7 (27 vers) est adressée à Ponticus, poète qui, pratiquant l'épopée, devait éprouver quelque dédain pour le genre élégiaquc. Properce souhaite beaucoup de succès à ses poèmes épiques; mais il n'ambitionne pas le même rôle : dire les tourments que lui cause la belle et spirituelle Cynthie, écrire en vue des futurs amants et chercher l'immortalité dans ses chants d*amour, voilà ce que lui cotamandc son génie d'accord avec sa passion. Si d'ailleurs Ponticus devenait tout à coup amoureux, il sentirait» comme les jeunes Romains, le mérite de pareils ehants.

et qu'il prenne garde, en les méprisant maintenant, d'avoir à les envier un jour ; car souvent l'amour vient tard et fait payer avec usure tout l'arriéré.

Tu cave nostra tuo contemnas carmina fastu : Ssepe venit magno fenore tardus Âmor,

La même satisfaction qu'éprouve ici Properce à se promettre une gloire immortelle en écrivant de simples élégies a été exprimée plus d'une fois par nos poètes français. Bertin a dit :

Enfant gâté de la paresse, G*est assez que Vénus me couronne de fleurs ; C'est assez que Tamant me lise à sa maîtresse, Qu'ils m'accordent ensemble un sourire et des pleurs. • . .

Je ne veux point d'autre gloire ;

Chez nos neveux indulgents

On chérira ma mémoire. • , »

et André Chénier, en des vers plus imagés que ceux de Bertin, avec des accents plus nobles :

Sans dédain, sans courroux, puissé-je être écoulé 1 Puisse un vers caressant séduire ta beauté 1 Et si je puis encore, amoureux de sa chaîne, Célébrer mon bonheur ou soupirer ma peine; Si je puis par mes sons touchans et gracieux. Aller grossir un jour ce peuple harmonieux De cygnes dont Vénus embellit ses rivages Et se plaît d'égayer les eaux de ses bocages ; Sans regret, sans envie, aux vastes champs de l'air Mes yeux verront planer l'oiseau de Jupiter.

L'élégie 8, coupée nettement en deux parties, est celle qui a été citée ci-dessus comme un exemple des petites ,8cè&es dramatiques auxquelles Properce aime à nous faire assister. C3nthie a formé le projet de suivre en Ulyriele riche préteur que nous verrons reparaître au livre II. Son

amant lui reproche cet abandon, souhaite d'abord une mer et des vents furieux qui puissent la retenir, puis, prenant subitement le ton. de l'humilité, fait des vœux, au contraire, pour son heureuse traversée, lui jure de lui rester fidèle malgré tout et témoigne sa confiance en un avenir meilleur (v. 1-26.) *. Cette habile et tendre soumission lui fait gagner sa cause. Par un revirement imprévu, Cynthie reste. Il triomphe. 11 est convaincu qu'elle préfère la pauvreté avec lui à la richesse avec le préteur. Il remer^ cie Apollon et l'Amour de lui avoir donné tantde force, et, dans son bonheur, il lui semble fouler aux pieds jusqu'au! étoiles du ciel (v. 27-46) '. Properce dut^il ce beau succès à son éloquence et à l'affection de Cynthie pour loi ; il est permis d*en douter; Cynthie probablement, après avoir engagé des pourparlers sérieux avec le riche préteur, n*avait pas obtenu tout ce qu'elle désirait, et, dissimulant son déboire, fit croire au poète que l'amour était la seule cause de sa renonciation au voyage qu'elle lui avait annoncé. Toujours est-il que la persuasion qu'elle Im' en donna lui inspira un de ses morceaux les mieux venus. Ne jugez pas trop hyperboliques les paroles dont il se sert pour exprimer la joie de son triomphe; ce sont là termes habituelsauxpoètesetquelesnôtresontconnus comme ceux de Rome, ainsi que le prouvent ces vers de Bernard dans une épitre à Laure :

Moi, luiil rempli de ma conquête, Je levais moD Tronl radieux ; J*aUeignais les cieux de ma têle, Et je surpassais tous les dieux.

Le langage de l'élégie 9 (34 v.) ne dénote plus un état dVime aussi heureux. Il s'adresse à Ponticus qui a fini, comme il le lui avait prédit, par tomber aux pieds d'une femme, et tout en lui disant qu'il peut désormais brûler

(1) Voir Appendice ccxciv.

(2) Appendice ccxcv.

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