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3. Tert. Verli. zu Minacius Félix réimprimé dans les Ahh. d. saechs Ges. d. Wiss., \ll (PhU.-hist. kl. V), 1870,1). Sig-SBG.
Trois théories se dessinent à travers tout cet imprimé. L'une, défendue principalement par Hartel, attribue à Tertullien et à Minucius Félix une source commune. Ils se seraient servis l'un et l'autre d'un apologiste latin qui aurait puisé dans Varron, Cicéron et Sénèque. Mais quel apologiste ? C'est ici que l'embarras commence. Et puis, lequel des deux laurait exploité le premier ? La question débattue subsisterait, même si cette source mystérieuse pouvait être repérée. La seconde théorie, celle d'Ebert, qui place VOctaiiius avant VApologeiicum, a recruté nombre d' <( autorités » (Schanz, Bœnig, Ehrliard, Gefïcken, etc.). La troisième enfin, qui est la conception traditionnelle, a été reprise en 1887 P^'^ ^^^ savant français, M. Massebieau, dans un remarquable article de la Revue de l'Histoire des Religions, lequel atteint, mieux qu'aucune discussion ultérieure, le tuf du débat. Massebieau constate les multiples rapports de détail entre VApologeiicum et VOctauius, et il demande ceci : si vraiment c'était Tertullien qui avait utilisé Minucius Félix, l'aurait-il utilisé de cette façon-là, en lui empruntant ses mots, ses expressions, sans jamais le nommer ? Un tel procédé n'est pas dans ses habitiades. Tertullien aime à citer ses auteurs. En outre, il leur prend leurs idées, les faits qu'ils citent, mais il garde son style et il marque de son empreinte tout ce qui lui vient du dehors. Minucius Félix, au contraire, n'a aucun scrupule à semparer des tours qu'il rencontre chez autrui. N'est-il pas dès lors assez vraisemblable quil en ait usé avec Tertullien pour la partie chrétienne de son opuscule, comme il en use avec Cicéron ou Sénèque pour la partie proprement philosophique : autrement dit, qu'il ait largement puisé dans VApologeiicum (et aussi dans d'autres traités de
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TertuUien tels que le de Paenitentia, le de Resiirrectione Garnis, le de Testimonio Animae, le de Corona) pour en tirer ce qu'il y trouvait à sa convenance ?
Une autre observation, qui a son prix, est la suivante ' : au cas où réellement VOctauius aurait ouvert la série des œuvres de l'Apologétique latine, cet opuscule n'aurait-il pas joui dans l'antiquité chrétienne (si brouillée qu'ait été de bonne heure la tradition littéraire des deux premiers siècles) d'une fortune supérieure à celle qu'il paraît avoir obtenue ? Minucius Félix aurait passé ajuste titre pour un initiateur de grand mérite. Or nous ne voyons pas que cet hommage lui ait été nulle part décerné, et c'est une nouvelle raison d'ordre général qui prime les menues confrontations de textes où s'épuise vainement la critique depuis une cinquantaine d'années.
1. Harnack, Chron., II, Sag. Les arguments de Harnack, inégalement probants, ont été vivement critiqués par G. Kruges, dans Gôtt. Gel. An:., janvier igoB, p. 36 et s. On les trouvera analysés par A. d'ALÈs, dans les Etudes des PP. Jésuites, t. civ (igoS), p. 289-317.