‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 107 sur 460 · LES IDÉES DIRECTRICES DE SA PENSÉE · texte numérisé non relu

LES IDÉES DIRECTRICES DE SA PENSÉE

ques' s'explique logiquement par la préoccupation qui le dominait. Fallait-il baptiser à nouveau les convertis qui, abandonnant les diverses sectes qui vivaient en marge de l'Église, demandaient à rentrer dans le giron de celle-ci? Suffisait-il, selon la pratique romaine, de l'imposition des mains et de l'onction avec l'huile, ou consignalio? Quand la question eut été posée à Cyprien par certains évêques de Maurétanie, il paraît n'avoir nullement éprouvé le scrupule où s'attardaient ceux-ci. Au surplus, il avait déjà exprimé son opinion dans le de caiholicae Ecclesiae Unitale (§ 11). Les formules par lesquelles il l'affirme à nouveau sont d'une nett-eté qui ne prête à aucune équivoque. « Le baptême est un, comme l'Esprit Saint est un, comme l'Église est une". » « Il ne peut y avoir de baptême hors de l'Église ^ » « Nous ne rebaptisons pas, nous baptisons ceux qui nous arrivent de chez les hérétiques : ils n'ont rien pu recevoir des hérétiques, puisque ceux ci n'ont rien*. » Il ajoutait une autre raison qui n'était point d'un médiocre psychologue^ : « N'allez pas croire que les hérétiques, scandalisés par le baptême qu'on leur oppose, et dans lequel ils verront un second baptême, seront moins disposés à revenir à l'Église. Bien au contraire, cette déclaration publique de notre foi les convaincra plus profondément de la nécessité oii ils sont d'embrasser la vérité. S'ils voient que nos décisions valident et légitiment leur baptême, ils se croiront en possession légale de l'Église et de ses

1. Les pièces principales du dossier sont les lettres lxii à lxxv et les actes des Conciles tenus à ce sujet.

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