‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 121 sur 460 · I. GoETz dans T.U., xix, i · texte numérisé non relu

I. GoETz dans T.U., xix, i

a. Hartel, III, 37a.

L'épithète « sanctissime Cypriane » est bien étrange aussi à cette date. Puis, aucune allusion dans le reste de l'opuscule ne laisse penser que l'auteur y ait réellement employé le cadre du dialogue.

Gyprien suppose donc que Donat monte avec lui sur une haute montagne d'oii ils découvrent les larges perspectives de la vie humaine : partout règne la corruption ou l'inquiétude, aux jeux, au théâtre, dans les foyers, dans la vie judiciaire et publique, jusque dans le palais du prince. Au contraire, à qui prend Dieu pour seul appui, l'Esprit-Saint apporte l'équilibre et la paix.

Un sentiment d'une sincérité puissante anime Vad Donatum, et pourtant la forme est d'une faconde verbeuse, dénuée de toute simplicité. Saint Augustin a remarqué avec finesse ' le service que la doctrine chrétienne, sérieuse et « saine », a rendu au style de Cyprien en le détournant peu à peu de ces colifichets : <( ... ut sciretur a posteris, quam linguam doctrinae christianae sanitas ab ista redundantia reuocauerit et ad eloquentiam grauiorem modes tioremque restrinxerit... » Quand Cyprien écrivait Vad Donatum, le rhéteur, en lui, survivait encore au « vieil homme ». Il ne renoncera jamais complètement aux gentillesses ni aux préciosités d'école, mais il en deviendra bien plus économe qu'un tel début ne l'aurait laissé supposer.

L'ad Demeirianum est une éloquente invective contre un certain Demetrianus, magistrat sans doute ^, ou peut-être simplement rhéteur, en tout cas ennemi

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