‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 122 sur 460 · Dedoct. Christ., iv, i/j · texte numérisé non relu

Dedoct. Christ., iv, i/j

a. Cf. les S VIII (Hartel, p. 356), x, xu, xni. On objecte le ton pe« respectueux de l'opuscule. Tertullien était-il beaucoup plus déférent à regard du proconsul Scapula ?

acharné des chrétiens, qui propageait la rumeur d'après laquelle certaines calamités récentes — guerre, peste, famine, sécheresse — devaient être mises au compte de leur impiété. Nous connaissons ce grief, qui aura longtemps encore ses reviviscences : Tertullien déjà l'avait relevé^ ; il est mentionné au début de VAdaersiis Nationes d'Arnobe ; Lactance y fait allusion dans ses Institutions divines ^ ; saint Augustin l'examine amplement dans la Cité de Dieu. C'est saint Cyprien qui a fixé les articles fondamentaux de la réfutation chrétienne. Il ne s'agissait pas de mettre en doute l'action de la Providence, mais de montrer la colère céleste s'exerçant contre les vices païens, seuls responsables, et fournissant aux chrétiens euxmêmes l'occasion d'épreuves qu'ils acceptent avec résignation et confiance, tandis que les païens n'ont rien à opposer aux souffrances qui les frappent. On remarque au § vin un curieux passage sur l'esclavage : ici le chrétien s'approprie les accents du stoïcisme' :

« De ton esclave tu exiges l'absolue soumission. Tu es homme, et tu obliges un homme à t'obéir. Vous êtes tous deux appelés à la naissance par la même fortune, assujettis à la mort par la même condition, formés d'une même matière, dotés d'une même âme ; c'est d'après la même loi que vous entrez en ce inonde et que vous en sortez. Malgré cela, s'il ne te sert pas comme tu l'entends, s'il ne se plie pas à ta moindre volonté, tu lui fais payer impérieusement et sans pitié sa servitude : le fouet, les coups, la faim, la nudité, le fer même ou le cachot, voilà les sévices que ta cruauté exeixe contre lui. »

L'accent est plus âpre et plus mordant par endroit

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