‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 123 sur 460 · V, IV · texte numérisé non relu

V, IV

3. Cf. Sénèque, Ep. xlvu, 6 : « Vis tu cogitare istum, quem seruum tuum uocas, ex iisdem seminibus ortum, eodem frui caelo, aeque spirare, aeque uiuere, aeque mori ? n

que dans Vad Scapulam même. Gyprien a affaire à un fanatique dangereux, qu'il s'agit de démasquer. Dans les premières pages il s'attarde encore à un fastidieux développement de rhétorique sur la croissante décrépitude de l'univers. Le reste du pamphlet est d'une belle videur passionnée.

L'authenticité du Quod idola dit non sint n'est pas absolument certaine. Cependant saint Jérôme^ et saint Augustin ^ l'attribuaient à Cyprien, et un tel témoignage ne saurait être écarté à la légère. Ce médiocre opuscule, emprunté presque tout entier, non seulement pour les idées, mais même, parfois, pour l'expression, à Tertullien et à Minucius Félix, se divise en trois parties : critique de la mythologie, au point de vue évhémériste (§ i-vii) ; attributs de Dieu, parmi lesquels l'unité est placée au premier plan (§ viii-ix) ; esquisse d'une Christologie (§ x-xv). C'est sans doute un travail tout voisin de la conversion de Cyprien, qui n'a cru pouvoir mieux faire, zélé comme un néophyte, que de résumer les idées qu'il rencontrait dans les plus notoires apologies de l'époque.

Les trois livres des Teslimonia ad Qairinum ne sont plus contestés à Cyprien. Tout au plus peut-on admettre que quelques interpolations se soient glissées dans le troisième livre. Quand Cyprien forma cette compilation — c'est le mot qui convient ici — , il devait être prêtre déjà, peut-être évêque : il appelle Quirinus « fîli carissime ».

« Le cadre de ce traité, explique-t-il à Quirinus, répond à votre désir : c'est un compendiam, un abrégé. Je n'ai pas voulu donner de développements, mais y grouper, y coudre ensemble des ex-

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