‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 125 sur 460 · y ila Cypriani, s ix-x · texte numérisé non relu

y ila Cypriani, s ix-x

OU une nécessité imposée par Dieu, mais qu'elle reste l'objet d'un choix aussi libre que méritoire'.

Pour son de dominica Oralione, Cyprien a eu également sous les yeux le de Oratione de TertuUien-. Toutefois il l'a suivi avec quelque indépendance. Son plan est assez différent de celui qu'avait adopté TertuUien. L'opuscule est important pour la conception chrétienne de la prière, spécialement de son caractère social, qui n'exclut pas, mais qui élargit les préoccupations égoïstes ' :

« Nous ne disons pas : « Mon père, qui êtes au deux..., donnezmoi aujourd'hui mon pain... ; remettez-moi mes dettes... » Non, la prière est générale, collective (p«5iica esf nobis et communis oratio). Quand nous prions, ce n'est pas pour un seul, mais pour tout le peuple, parce que tout le peuple ne forme qu'un corps unique... »

Le de Mortalltate est une admirable « instruction » sur la souffrance et sur la mort, considérées au point de vue chrétien. Cyprien s'y approprie plus d'une maxime stoïcienne : mais la résignation qu'il recommande n'est plus seulement le raidissement d'une âme fière contre la destinée : les promesses d'immortalité y sont largement ouvertes. Les désastres d'un fléau presque sans précédent — cette peste terrible qui vers le milieu du IIP siècle ravagea l'empire romain — avaient amené un abaissement incroyable des âmes. Beaucoup de chrétiens se révoltaient comme d'une injustice de voir leurs frères frappés indistinctement avec les païens eux mêmes, et, qui plus est, frustrés de l'espoir d'un glorieux martyre. Cyprien essaie

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