Monceaux, II, ii
avec une grande force. Saint Jérôme emploie pour le flétrir la rudesse sans périphrases où il se complaît. On ne connaît pas l'auteur de cette lettre doctrinale. C'est certainement un évêque ', et, semble-t-il, un évêque préposé à une communauté schismatique ^ La façon dont il y parle du martyre, et dont il suppose qu'en parlent les clercs qu'il morigène ^ ne permet guère d'en reculer l'apparition jusqu'après la paix de l'Église.
Le de Singalariiate clericorum fournit un curieux relevé des arguments plus ou moins spécieux par oii les délinquants essayaient de pallier, soit leur sentimentalité avide d'une présence féminine, soit simplement leurs convoitises. Qu'importe, disaient-ils, l'opinion des hommes (§ vin) ; nous cherchons une occasion méritoire de nous vaincre nous-mêmes (ix) ; saint Paul n'a-t-il pas écrit : « Portez le fardeau des uns des autres, et ainsi vous accomplirez la loi du Christ » (x), et ailleurs : « Chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi » (xn) ? S'il faut craindre à ce point le scandale réciproque, comment les fidèles osent-ils se réunir entre sexes à l'église (xiii) : nous pratiquons à notre façon le devoir de la caritas (xxix), etc. La liste des sophismes s'allonge encore, réfutés un à un par une clairvoyance qui ne prend pas le change sur les préoccupations secrètes dont ils s'inspirent.
Il faut citer aussi le de Bono Padicitiae, sorte de lettre pastorale, imitée du de Pudicilia 'de Tertullien et du de Habita Vlrginum de saint Cyprien, sur les mérites de la pudicité, laquelle « locum primum in uir-
I. Voir réd. Hartel, p. 173, 1. 5-i«; 174, 4-i3; 219, 6. a. Ibid., § XXXIV (p. a 10, 6) et S i (174, 7). Pour les tentatives d'attribution à Novatien, cf. d'Alès, R. S.R., 1919, Sia et s.
3. S XXXIV et s. (p. 210). Le S iv (p. 177, 1. 27) est moins probant.