‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 139 sur 460 · I. H.E., VI, xLiii · texte numérisé non relu

I. H.E., VI, xLiii

NOVATIEN 229

res, son tempérament insociable, son « amitié de loup », et ne veut voir autre chose en lui qu'un (( monstre astucieux et mauvais », jadis possédé du démon et qui aurait reçu le baptême dans des conditions de validité fort équivoques Mais certaines expressions dont Corneille se sert pour le désigner laissent entrevoir, en dépit de leur tour ironique S la place importante que Novatien tenait dans le elergé romain et la valeur intellectuelle qui encourageait ses ambitions On en peut dire autant des critiques significatives par où saint Cyprien le montre se targuant de son éloquence, et déplore ses accointances fâcheuses avec la philosophie profane ^

Novatien avait espéré se faire élire évêque de Rome. Ce fut Corneille qui passa. Sa déception dut être cuisante. Un certain Novat (avec qui il a été plus d'une fois confondu à tort''), prêtre carthaginois de tempérament fort brouillon, vint l'inciter à rompre avec Corneille. Novatien trouva moyen d'extorquer sa propre ordination comme évêque à trois évêques d'Italie, gens assez simples d'esprit et dont les fumées du vin, si l'on en croit Corneille, avaient obscurci l'entendement. C'était le schisme (261). Au surplus, les rivalités personnelles se compliquaient de divergences d'idées. Novatien s'était mis à protester contre toute réconciliation des lapsi. Il réservait à Dieu leur pardon, et déniait à l'Église le droit d'anticiper sur le verdict

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