Saint Ambroise, De Paen., I, x (P.L., xvi
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Pamèle {Pamelius) qui, en 1579, le restitua àNovatien. Cette confusion d'auteurs remonte à l'antiquité. Rufin la commettait déjà et saint Jérôme dut rectifier son erreur : (( Nec Tertulliani liber est nec Gypriani dicitur (déclare-t-il) sed Nouatiani, cuius et inscribitur titulo, et auctoris eloquium stili proprietas demonstrat'. )) Sans doute le titre n'est-il pas dû à Novatien lui-même, car le mot Trinitas n'apparaît pas dans le traité. C'est moins encore une théorie complète de la Trinité qui y est développée, qu'un essai sur les rapports du Fils avec le Père. Le plan est net et comporte quatre parties : Dieu le Père (i-viii) ; Jésus-Christ, distinct du Père, vrai Dieu et vrai homme (ix-xxviii) ; le Saint-Esprit (xxix) : appendice sur le mode de conciliation de la divinité du Fils avec l'unité de Dieu (xxx-xxxi). La christologie de l'auteur se fonde pour l'essentiel sur celle de TertuUien. Cependant saint Jérôme a quelque peu exagéré, en donnant le de Trinitate comme un simple résumé de « l'œuvre » de TertuUien (c'est sans doute à V Adaersus Praxean qu'il songe) : Novatien a ses conceptions personnelles, qu'il expose volontiers sous une forme qui confine au syllogisme ^ parfois aussi avec une ampleur qu'on voudrait plus discrète '.
Jusqu'en 1898, le de Cihis ludaicis n'était connu, comme le de Trinitate, que par l'ancienne édition de
I. Contra Ftufinum, II, xix (P.L., xxiii, 444). a. Cf. XVI (Fausset, p. 56); xxx (id., p. iia). 3. V. g. s H (Fausset, p. g, 1. 5-i4).
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Gagny-Mesnart, reproduite et plus ou moins rectifiée par celle de Ghelen, de Pamèle, de Jackson, de Gallandi, etc. A cette date, un manuscrit contenant, outre le de Cibis, des versions latines de l'Épître de saint Jacques et de l'Épître de Barnabe ainsi que l'œuvre de l'hérésiologue Filastre, fut découvert à la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg. Ce manuscrit, du IX* siècle, avait appartenu originairement au cloître de Saint-Pierre-de-Corbie. Transporté à Paris en i638, il était tombé pendant la Révolution française entre les mains dun secrétaire d'ambassade russe, P. DubroAvski. Il a servi de base à la recension de Landgraf et Weyman.
Le de Cibis ludaicis a la forme d'une lettre que Novatien, momentanément séparé de son troupeau, adresse « au peuple ferme dans l'Évangile » {plebi in Euangelio perstanli). Dans deux instructions précédentes, il lui a montré déjà à quel point les Juifs comprennent mal leur propre Loi. Ils ignorent ce c{u'est la vraie circoncision, ce qu'est le vrai sabbat. Et pas davantage ne comprennent-ils le sens véritable de la distinction entre les animaux purs et les animaux impurs, telle qu'elle est établie dans le Lévitique.
A la prendre au pied de la lettre, comme le font les Juifs, cette distinction n'irait à rien de moins qu'à favoriser l'hérésie gnostique, d'après laquelle une partie de l'œuvre divine ne serait point bonne. Si Dieu a déterminé des catégories entre les animaux qui, à l'origine, avaient tous été bénis également, c'est pour un enseignement pédagogique et moral. En soi, tout animal est « pur ». Mais Dieu voulait faire comprendre aux Juifs, êtres charnels, l'obligation de fuir les vices que symbolisaient les animaux défendus : « In animalibus mores depinguntur humani et actus et
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uolontates ex quibus ipsi homines fîunt uel mundi uel immundi » (§ m) : par exemple, la vie fangeuse du porc, les larcins de la fouine, l'orgueil du cygne, la haine de la chouette pour la lumière, etc.. Au contraire, les animaux purs représentent les vertus que Dieu aime : les ruminants ne sont-ils pas l'image de l'homme qui remâche sans cesse les préceptes divins ? les poissons aux rugueuses écailles ne rappellent-ils pas les mœurs âpres, hérissées, rudes, solides et graves de l'homme de bien ? La prohibition de certains aliments châtiait les Juifs d'avoir préféré à la manne les mets d'Egypte, et leur apprenait la tempérance. Mais tout cela est périmé. La religion du Christ consiste en bien autre chose qu'en des restrictions de cette sorte. « Deus uentre non colitur. » La nourriture véritablement pure et sainte, c'est une conscience immaculée, une vie innocente. S'ensuit-il que tout excès soit désormais licite ? (§ vi.) Non pas. La religion du Christ est aussi une religion sévère ; et ceux-là doivent s'en souvenir qui se complaisent dans la bonne chère, qui s'inondent de vin pur au sortir même du sommeil S ou s'abandonnent à la débauche.
L'interprétation que donne Novatien des prescriptions du Lévitique n'était point neuve. On la trouve déjà dans la lettre où, sous le nom d'Aristée, un juif hellénisé avait essayé d'expliquer aux Grecs dédaigneux du judaïsme non seulement l'origine de la traduction des Septante, mais aussi la raison d'être de tels préceptes dont ils se scandalisaient-. Elle apparaît également dans VEpUre de Barnabe \ œuvre d'un
I. Ce dernier trait est une réminiscence de Sénèque, Ep. cxxi, 6. a. S i43; i44; 164; 3o6 (éd. Wendland). 3. ï, i-g.
Juif converti qui écrivait sans doute dans la première moitié du second siècle de notre ère. Tertullien lui-même l'esquisse dans Vadaersus Marcionem\ Mais elle est développée dans le de Cibis ludaicis avec une clarté, un choix d'exemples et même une aisance de style où se décèle un esprit méthodique, familier avec les meilleurs écrivains profanes. On a remarqué à quel haut degré Novatien pousse le spiritualisme en matière de réglementations alimentaires. Il est en retard à ce point de vue sur le christianisme de son temps. Un autre intérêt de l'opuscule est d'ouvrir comme une première perspective sur le symbolisme du moyen-âge, qui aimera à personnifier dans chaque animal un vice ou une vertu humaine ^
L'antiquité chrétienne est à peu près muette sur le compte de Commodien. Gennadius de Marseille, qui semble avoir écrit les 82 premières notices de son de Vlris illiistribiis entre 467 et 469, lui consacre le paragraphe suivant (§ xv) :
C'est en lisant aussi, parmi les écrits profanes, nos écrits chrétiens, que Commodien fut touché de la foi. II devint donc chrétien, et voulant offrir en présent au Christ, auteur de son salut, le fruit de ses études, il écrivit contre les païens dans un style médiocre et en un quasi vers (mediocri sermone quasi uersa). Peu familiarisé comme il l'était avec nos livres saints, il s'est montré plus capable de détruire les erreurs païennes que de fortifier nos propres croyances. Voilà pourquoi, traitant contre eux des promesses divines, il a conduit sa discussion dans un esprit passablement