I. Monceaux, III
a. Relevé de ces réminiscences dans l'édition de Dombart, et dans Manitius (R.L.M. xlv [iSgoJ, p. 3i7, et xlvi (1891], p. i5i), Ciceri (Di'doscaleion II [igiS], 363); J. Martin (S. B. W. t. i8i, 6, p. 108).
Quant à son hexamètre, on l'a comparé à celui d'un écolier moderne qui connaîtrait passablement les règles générales du vers latin, au point de vue de la césure et de la forme des deux derniers pieds, mais qui saurait très mal la quantité. Il est arrivé à Commodien de faire de bons hexamètres (il y en a 87 dans les Instractiones ; 26 dans le Carmen Apologeticam); mais la plupart du temps, ses vers sont faux parce que le poète n'a plus le sentiment de la prosodie. Des coupes classiques ordinaires, il n'a guère retenu que la penthémimère, qu'il emploie presque constamment '. Aux deux derniers pieds, il reproduit la distribution classique des mots et des accents, mais là, comme ailleurs, il verse dans le moule traditionnel des éléments qui ne le sont guère.
Cette imitation grossière de l'hexamètre classique doit-elle être considérée comme un fait isolé, qui serait l'indice a d'un art qui commence^ »? Point. M. Monceaux a montré' comment, dans les deux tiers des inscriptions métriques, soit chrétiennes, soit païennes, que l'on a relevées dans les provinces romaines, surtout en Afrique, la quantité est brouillée. Par contre, la coupe s'immobilise au 5' pied ; le rythme habituel des deux derniers pieds subsiste ; et, tout comme chez Commodien, l'acrostiche, l'assonance, quelquefois même la rime, y sont en honneur. Commodien n'a donc innové en rien. Il n'a pas davantage préparé l'avenir, car ces vers paraissent n'avoir rien de commun avec les vers « rythmiques » des siècles suivants*.
1. Il y a aussi quelques exemples d'hepthémimère, et quatre cas au moins de césure xarà TpiTO\ xpo/atov (Instr., I, lo, 8; II, 7, i5 ; n, 10; 3i, 6).