T.U., XXXIX
avec les renseignements que nous ont légués les historiens contemporains de la prise de Rome en ^lo. Les envahisseurs sont représentés comme des païens : or les Goths étaient devenus ariens depuis Valens (364-378). Commodien insiste sur la bienveillance dont ils gratifient les chrétiens exclusivement : or^ d'après Orose ' et saint Augustin ^ Alaric montra une égale mansuétude aux païens eux-mêmes. Enfin le sénat apparaît comme un collegium païen, comme la citadelle du paganisme, et subit à ce titre un traitement humiliant. Le moyen de rapporter au Y* siècle une telle manière de l'envisager, alors que dès la fin du IV^ siècle les sénateurs chrétiens, au témoignage de saint Ambroise, y formaient la majorité ' ? En réalité, Commodien imagine plus encore qu'il ne se souvient ; et, mêlant les traits historiques aux réminiscences de V Apocalypse, il attribue un rôle eschatologique à ce& Goths dont l'Empire avait déjà senti si lourdement la menace, vers le milieu du IIP siècle.
Brewer s'efforçait également d'établir un rapport entre une pièce des Insfructiones, II, x (le poète y exhorte certains enfants, qui ont été ravis par l'ennemi et réduits à une sorte d'esclavage, à rentrer, adultes, dans le giron de l'Eglise), et une décision du pape Léon P^ en 458, relative à la question de savoir s'il fallait rebaptiser des enfants enlevés par les Vandales, quand ils revenaient à la foi catholique. Mais certains traits favorisaient assez peu ce rapprochement : si ces