‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 158 sur 460 · Voir le livre II · texte numérisé non relu

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U. II, 3G(G.V., p. 77, i5).

— L'âme, ainsi façonnée, est certainement corporelle. Il y a une solidarité si étroite entre la vie physique et la vie spirituelle que ces influences réciproques^ impliquent une identité d'étoffe. — Est-elle immortelle, tout au moins? Elle ne l'est pas en soi : elle peut le devenir, le cas échéant, par la vertu de ses mérites et grâce à un bienfait spécial de Dieu. Coupable, elle sera plongée dans les flammes, et ces flammes auront pour effet de l'amenuiser, de l'anéantir peu à peu dans de cruelles tortures. L'immortalité de l'âme est toute conditionnelle, et subordonnée aux efforts faits en cette vie pour connaître Dieu et pratiquer sa loi *.

Les traits principaux de celte doctrine procèdent de Platon, à qui Arnobe ne ménage point les épithètes flatteuses et dont il invoque volontiers l'autorité. S'il ôte à Dieu la responsabilité d'avoir créé les âmes, s'il les imagine matériellement emboîtées dans les corps jusqu'à la dilugatio finale, c'est qu'il s'approprie les conceptions platoniciennes. Il ne se sépare formellement du philosophe que pour nier la préexistence des âmes. — Mais ce n'est pas seulement Platon qu'il utilise. Il y a chez Arnobe toute une série d'influences intellectuelles qui s'entrecroisent, et qui se disputent sa pensée. Ce qu'il dit du démiurge, artisan de l'âme, ressemble singulièrement à certaines rêveries gnostiques. Ses vues sur la corporéité de l'âme rappellent celles de Tertullien dans le de Anima. Si nous examinions sa théorie de la connaissance, nous verrions qu'elle se rattache au point de vue empirique de l'école stoïcienne : pour lui, l'âme est une table rase sur laquelle viennent s'inscrire les impressions ^u

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