Ti, 2 ; vu, I et suiv
VU
Lactance n'est pas, lui non plus, un esprit de premier ordre. Gaston Boissier le cite souvent dans sa Fin du Paganisme, mais il ne Ta pas jugé assez (( représentatif » pour lui consacrer une étude spéciale. M. René Pichon, qui a écrit sur lui une volumineuse étude, d'un sentiment littéraire très délicat, convient de bonne grâce que son auteur est médiocre « au sens latin du mot, — et un peu aussi au sens français' ». Le fait même qu'il ait pu être appelé le Gicéron chrétien % et qu'il ait presque égalé par la pureté de son style les maîtres classiques qu'il admirait, nous est une preuve qu'il s'est tenu dans les régions tempérées : une pensée plus forte et plus neuve aurait dérangé cette belle harmonie classique. Même quand on se promet de dire de lui quelque bien, il serait puéril de vouloir dissimuler les faiblesses de pensée de ce consciencieux professeur dont le traditionalisme était mieux affermi que son sens critique n'était aiguisé. — Et pourtant l'on emporte de la lecture de ses œuvres l'impression que, malgré sa culture trop uniquement littéraire, Lactance compte dans la longue série des premiers apologistes ; que l'effort qu'il a tenté a son originalité propre et révèle certaines modifications intéressantes dans l'état d'esprit des chrétiens lettrés.