LA VIE DE LACTANCE
11 s'appelait L. Caecilius Firmianus qui et Lactantius '. On a essayé quelquefois de faire de lui un Italien, de Firmuni dans le Picenum. Mais l'ethnique de Firmum serait Firmanus. et non Firmianus. De la notice de saint Jérôme (de Vir. ilL, lxxx), on peut conclure qu'il était Africain. La chronologie de sa vie est assez mal connue. Pourtant nous avons quelques repères. Il naquit païen, vers 260. Il suivit à Sicca les leçons d'Arnobe. Nulle part il n'a nommé son maître, même dans le passage des Institutions divines où il énumère ses prédécesseurs. On sait qu'Arnobe écrivit fort tard son apologie. II paraît d'ailleurs n'avoir exercé aucune influence sur l'esprit de Lactance. Celui-ci enseigna à son tour la rhétorique ^ Il avoue que son éloquence était de faible envergure, et qu'il ne parut jamais au Forum '. Il dut s'acquérir tout de même une certaine réputation, car il fut mandé pour donner le même genre d'enseignement à Nicomédie, en Bithynie. La ville était devenue depuis l'hiver de 285 le séjour habituel de Dioctétien et avait pris toute l'importance d'une résidence impériale. Dans cette cité toute grecque, il n'eut que peu d'élèves et dut se mettre à écrire : « Penuria discipidorum ob graecam uidelicet ciuitatem ad scribendum se contulit », dit saint Jérôme*. Peut-être cette « pénurie » ne devint-elle sensible que du jour oiî les mesures prises contre les chrétiens le privèrent de son titre officiel de rhéteur. Entre temps, en effet, il s'était
1. Les mss oscillent entre Caecilius et Caelius. Une inscription de Cirta (C.LL, viii,7a4i) cite un L. Caecilius Firmianus, qui devait appartenir à la même famille. Le « qui et Lactantius », c'est le signum ou sobriquet.
a. Jnst. diu., I, i, 8.