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LES INSTITUTIONS DIVINES

raison, « argumentis et ralionc », qu'il faut les conquérir. — S'il se décide à alléguer un texte sacré, il aura toujours soin de le corroborer par dautres citations dans le même sens, que les païens ne puissent récuser. Il fait donc appel à l'autorité des philosophes, des historiens et des poètes, à celle aussi des carmina sacra et des oracles pour ceux que les écrivains profanes laisseraient froids. Ses goûts de lettré lui rendent cette excellente méthode facile et agréable. On voit même que parfois des réminiscences littéraires s'imposent à sa pensée dans des moments où l'on souhaiterait une émotion moins livresque : un souvenir des Verrines arrive assez froidement à propos du crucifiement de Jésus-Christ (IV, xvni). D'ordinaire, pourtant, il les domine et les fait habilement servir à son dessein.

Les deux premiers livres {de falsa Beligione et de Origine erroris) développent la critique du polythéisme : aucun point de vue original n'y est d'ailleurs indiqué.

Le livre III, de jalsa Sapientia, a pour objet de prouver le mensonge de la philosophie païenne, ses contradictions, son inefficacité pratique. Lactance n'aime guère les philosophes, encore que ses sévérités se répartissent inégalement entre les diverses écoles. Il les traite fort durement : l'arbitraire de leurs constructions, quelquefois aussi les démentis que leurs mauvaises mœurs infligent aux principes qu'ils font sonner si haut, tout cela l'irrite, et il dresse contre eux un réquisitoire. Ne va-t-il pas jusquà dire que leurs vertus, si d'aventure ils ont été vertueux, sont comme si elles n'étaient point ? C'est aussi que les échos de la persécution grondent encore dans les Institutions ; et certains philosophes ne s'étaient pas montrés les ennemis les moins acharnés des chrétiens.

Au surplus, la tactique que Lactance s'est imposée, comme aussi sa propre loyauté, le retiennent d'ordinaire sur la pente des exagérations injurieuses où avait glissé ïertullien. Diffamer sans mesure les maîtres de la pensée païenne, c'eût été discréditer tes concordances qu'il signalait entre leurs idées et le christianisme. Il goûte trop un Cicéron ou un Sénèque pour croire que, même privée de la loi, la raison humaine n'entrevoit aucune lueur ; et c'est sur les points communs, incontestés, inscrits dans presque toutes les morales (VI, 11, 16-18), qu'il prétend bien jeter les fondements de la sienne, pour lui donner une base aussi large que possible.

A partir du lY" livre {de uera Sapienlla et Religione), Lactance, sans s'interdire la polémique, s'attache à construire plutôt qu'à critiquer. Il montre l'indissoluble union de la « sagesse » et de la religion. Il développe les articles cardinaux de sa foi : Dieu, le Christ, les miracles, l'Incarnation, l'Église, les hérésies. Il étudie au livre V {de JustUia), la notion de « justice », notoirement brouillée par les philosophies païennes. Le livre VI {de uero Cultu) établit les principes fondamentaux de la morale chrétienne, en tant qu'elle procède de Dieu, sa véritable origine. Dans le livre Vil enfin (de Vila beala) il aborde de plus hauts problèmes : le pourquoi de la création, de l'immortalité de l'âme, le problème « eschatologique » ; et il clôt son œuvré par une exhortation à combattre pour Dieu le bon combat.

UEpitome composé, au témoignage de Lactance lui-même, assez longtemps après les Institutions, sur la prière d'un certain Pentadius, en reproduit l'essentiel sous une forme beaucoup plus brève, avec des corrections de détail qui prouvent que Lactance a

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