‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 174 sur 460 · SON SENS DU CHRISTIANISME 2»I · texte numérisé non relu

SON SENS DU CHRISTIANISME 2»I

lise au contraire, c'est ce qu'il décore du nom de sagesse, c'est d'obéir à son intérêt immédiat, fût-ce au prix du dommage d'autrui. Pour qui tient le vrai principe, tout s'éclaire ; pour qui l'ignore, tout demeure obscur et déconcertant.

Bien dautres passages nous prouveraient de même que Lactance a parfois touché au fond de l'esprit chrétien. Et ce qui achève de donner un réel intérêt à l'étude des Institations, c'est qu'on y retrouve, mêlées et confuses dans son œuvre, des tendances assez, différentes, les unes, legs du passé, les autres, indices d'un esprit nouveau. Il y a chez lui plus de traces qu'on ne croirait de l'esprit intransigeant, hostile à toute concession, qui avait animé certains écrivains des premiers siècles. Lactance a eu quelque complaisance pour la logique outrée, arme préférée de TertuUien, qui, obéie à la lettre, aurait supprimé pour le chrétien la possibilité de la vie sociale et l'aurait retranché de la cité. Ni commerce, ni guerre, cela ne regarde pas le chrétien ' : Lactance admet aussitôt, il est vrai, que la nécessité puisse l'y contraindre, mais, ne fût-ce qu'un moment, il a adhéré aux vieilles défiances qui avaient si longtemps vécu au cœur des chrétiens de stricte observance contre la capiditas acquirendi et contre le sang versé. Lactance est tellement intransigeant sur le Non occides que, selon lui, un chrétien n'a même pas le droit de requérir contre un accusé la peine capitale, car « il est aussi criminel de tuer les gens par la parole que de les tuer par l'épée ^ ». Plus sévère que TertuUien, qui ne condamnait l'art qu'en tant qu'il servait au culte païen, Lac-

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