I. V, XVI, 2, et I, xviii
a. VI, XX.
tance le déconseille sans atténuation. Plus sévère que Clément d'Alexandrie, il proscrit les parfums et les fleurs : si Dieu les a créés, c'est pour que l'homme exerce sa vertu en n'en usant point. Quant à la musique, il ne l'autorise qu'à condition qu'elle soit consacrée aux louanges de Dieu *.
Ces traits d'absolutisme sont d'autant plus surprenants que, dans son ensemble, l'œuvre est d'un ton modéré et tranquille. Tant de rigueur entrait-elle dans le cœur de cet « universitaire chrétien » ? Est-il donc un adversaire irréductible du monde ori il vit ? Point. Il a un sentiment très vif de la majesté romaine : il ne croit pas à l'éternité de Rome, puisqu'il est convaincu que le monde va bientôt finir, mais en prédisant sa chute, il ne peut s'empêcher de frémir d'une annonce qui est presque un blasphème : Horrel aninms dicere-. Ajoutons que Lactance n'a rien non plus, à son ordinaire, d'un ascète intempérant qui trouve un amer plaisir à jeter le défi à tous les instincts de la nature humaine. Il n'éprouve aucune perplexité sur la légitimité du mariage, de la fuite dans la persécution, des larges amnisties de la pénitence.
Gomment accorder un loyalisme si irréprochable, un sens si juste de ce qu'on peut exiger de la faiblesse humaine, avec les violences dépensée que nous signalions tout à l'heure ? — Ces disparates doivent s'expliquer par la divergence des influences qui ont pesé sur son esprit. Lactance est à la fois un homme de tradition et un homme de son temps. D'une part, il €st fort respectueux de tout ce qu'il hérite des généra-