‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 19 sur 460 · Ad. AuloL, II, XII (P. G., VI, 1069) ; cf. III, n · texte numérisé non relu

Ad. AuloL, II, XII (P. G., VI, 1069) ; cf. III, n

a. Par ex. Tatien, Hermias.

3. Références très nombreuses : voy. K. Werner, Gesch. der apol. u. polem. Liter., Schafîhausen, 1861 et s., t. I, p. 3i6-335. Pour Clément d'Al., cf. W. Wagner, dans la Z. fur wiss. TheoL, XLV (1902), p. aaoets. Pour Origène, cf. J. Denis, La philosophie d'Origène. Paris, i88/i, p. 17 et s. — L'opinion chrétienne à l'égard des divers philosophes est bien résumée dans le Dict. of Christian Biography, de S.mith et Wage, t. I (1877), p. i43 «t s.

qu'un détournement de la sagesse hébraïque, les philosophes ayant pillé Moïse et la Bible *.

A rencontre des ironies païennes sur la simplicité de la langue de l'Ecriture sainte, on en vint même à contester d'une façon absolue l'importance du style et de la grammaire, et à réduire à de pures conventions ou à de simples préjugés ces lois du langage auxquelles la tradition littéraire attachait tant de prix. Ce paradoxe trouva des défenseurs parfois fort inattendus. Tel l'ancien rhéteur Arnobe, dont la faconde verbeuse, sans discrétion et sans nuances, s'attarde à développer cette idée que la foi n'a point besoin des vaines techniques, et qu'après tout aucune façon de parler n'est naturellement correcte, aucune naturellement vicieuse -.

C'est ainsi que le sentiment, sincère ou non, des intellectuels chrétiens rejoignait sur plus d'un article l'exclusivisme des sùnpUciores : tant le souci de penser en commun est fort au sein du catholicisme 1 A ces raisonnements, plus ou moins ennemis de la culture gréco-latine, une sorte de logique, rudimentaire, mais redoutable, était sous-jacente. A quoi bon faire effort de conciliation ou manège de coquetterie à l'égard d'une civilisation où la vraie foi trou-

I. Références également très nombreuse». Voy. Har>a.ck, Gescli.d. allchr. f.iter., erster Teil, p. 877 et s. Cette théorie, sur laquelle saint Augustin avait fini par concevoir quelques doutes {Cité de Dieu, VIII, xi), a été transmise au moyen âge par Cassiodore (cf. Inst. div., I, xvii). On en retrouve des traces jusque dans le Discours sur l'Hisloire univ., de Bossuet (11° partie, chap. XV, in fine). L'indication de Bossuet est d'ailleurs très prudente.

a. Adv. Nationes, I, lix (Reifferscheid dans C. V., t. IV, p. Zio). «... Si verum spectes, nuUus scrmo natura est iiileger, uitiosus similiter nullus, etc. »

\ait si peu de points d'attache et tant d'occasions de s'altérer ou de se dissoudre? Bien vivre, expier ses fautes, s'acheminer sans trop d'écarts vers l'éternelle patrie, n'était-ce point là le devoir essentiel du chrétien? Pourquoi aggraver une tâche déjà si malaisée en y intégrant l'étude d'écrivains nourris de polythéisme, insoucieux de la règle des mœurs, hospitaliers à toutes les curiosités anarchiques de l'esprit, à toutes les faiblesses charnelles, et dont les spéculations contradictoires décelaient des incertitudes mortelles à la stabilité de la croyance établie? En lisant les Ecritures, n'y relevait-on pas plus d'un conseil susceptible de justifier les énergiques partis pris déjà suggérés par l'expérience et par le bon sens même? Il n'était donc que de négliger résolument cette « sagesse du monde » que Tapôtre Paul avait appelée « folie * » , pour s'attacher à ce qui est le tout de l'homme, durant son pèlerinage terrestre.

La reconstitution psychologique que je viens d'esquisser n'est pas fantaisiste, ni construite a priori. Elle repose sur une foule de textes, où respire le même ascétisme incurieux de tout ce qui, dans la vie, semblait n'être que parure superflue et futile complaisance de l'esprit. Bien plus, dans telles compilations

I. ICor., I, ao ; cf. Boni., i, 32 ; // Cor., x, 5; Coloss., 11, 8.

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