‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 190 sur 460 · Salurn., l, xvii, i ; I, xi, i · texte numérisé non relu

Salurn., l, xvii, i ; I, xi, i

a. D'autres faits sont cités par Wissowa, Bel. ii. Kaltus der Romer''^ p. 98-102. Cf. Geffcken, dans Neue Jahrb. f. d. Kl. Alt-, jgiS, p. 109.

3. Ep. XVII, 10 (P.L., XVI, 964) ; cf. saint Augustin, Sermo xliv, 2 ; Enarr. LiV, 12 ; CI, ii, 5.

3o8 LA PREMIÈRE ENTENTE ENTRE l'ÉGLISE ET l'EMPIRE

toute mysticité faisaient dépendre leur adhésion au christianisme. Mais, au point de vue politique, la victoire de la foi chrétienne, si longtemps meurtrie et pourchassée, n'était déjà plus douteuse.

« Voyez, s'écriait le poète Prudence dans son Contra Symmachwn (I, 544 et s.) en parlant du Sénat, voyez l'assemblée des vieux Gâtons prendre la robe blanche des catéchumènes et déposer les insignes du Pontificat! C'est à peine si une poignée reste encore sur la roche tarpéienne; les autres se précipitent vers les purs sanctuaires chrétiens; toute la curie d'Evandre court aux sources apostoliques. En tête marchent les Ânnii et les Probi. L'illustre Rome se glorifie d'avoir vu le généreux Anicius illustrer le premier par sa conversion l'assemblée des chefs de la Ville. L'héritier des Olybrii, après avoir inscrit son nom dans les fastes et revêtu le manteau brodé de palmes, ambitionne d'abaisser les faisceaux de Brutus devant les portes des martyrs et d'incliner devant le Christ la hache latine. La prompte foi des Paulinii, des Bassi, n'a pas hésité à se donner au Christ et à offrir au siècle futur les superbes rejetons de leurs races patriciennes. Faut-il nommer aussi les Gracques, ces amis du peuple, eux qui, investis du pouvoir et placés à la tète du Sénat, ont ordonné d'abattre les simulacres des dieux, et avec leurs licteurs se sont consacrés au Christ toutpuissant ? »

L'historien païen Ammien-Marcellin note, de son côté, que si les candidats à l'épiscopat romain mettent tant d'ardeur à se disputer cette charge, c'est que les avantages positifs n'y manquent pas : cadeaux des dames romaines, voitures confortables, habits magnifiques, repas dont le luxe surpasse celui des rois'. Pour malveillante qu'elle soit, lobservation décèle le prestige et l'apparat dont était entouré l'évêque de Rome.

La réconciliation de l'Église chrétienne avec l'État romain a eu, pour l'avenir du christianisme, des conséquences de premier ordre : u De nos jours, observe

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