I. Res Gestae, WWl, m
LA PREMIÈRE ENïEiNTE ENTRE l'ÉGLISE ET l'eMPIRE Soq
M. Paul Lejay', on est trop incliné à en restreindre l'importance. Jusqu'à la paix de l'Église l'hostilité des pouvoirs publics a pesé lourdement sur la vie des communautés chrétiennes. Le jour oii elle a été définitiveent écartée, nous voyons l'Église sortir comme d'un long hiver, consolider et développer ses cadres, discuter ses titres hiérarchiques, arrêter les lignes de ses dogmes, dresser les formules de sa foi, régler le culte, entourer les lieux saints des signes publics de la vénération, assurer des retraites sacrées aux âmes avides de perfection, donner à la moitié latine de l'Église une version plus fidèle de la Bible. Tous ces fruits sont la moisson du IV® siècle, n Cet épanouissement de la puissance spirituelle de l'Église et de sa prospérité matérielle s'est fait sentir aussi dans le domaine de la littéiature. Encore devrons-nous exclure de notre cadre la riche production des Athanase, des Basile, des Grégoire de Nazianze, des Grégoire de Nysse. des Jean Chrysostome, des Synesius, des Ephrem, pour ne tenir compte que des œuvres écrites en latin. Exégèse biblique, théologie spéculative, morale, histoire, hymnes d'Église, poésie didactique, épique et lyrique, l'effort chrétien se manifeste dans toutes les directions. L'art même, dès cette époque, devient « un système complet d'enseignement, une théologie en images, une apologétique figurée* ». On mesurera l'importance de ce renouvel lement, si l'on songe que la littérature profane n'était plus représentée alors que par un Libanios, un Symmaque, un Macrobe ou un Glaudien.